L'HISTOIRE : Dans un futur plus proche que nous pourrions le croire, les Etats-Unis ont dressé un mur infranchissable le long de leur frontière avec le Mexique mais, dans leur hypocrisie, continuent d'utiliser la main d'oeuvre mexicaine à l'aide d'usines appelées Sleep Dealers. Des entrepôt gigantesques dans lesquels ceux qui sont munis des implants nécessaires peuvent se connecter et contrôler virtuellement des robots sur les chantiers américains, les orangeraies de Floride,...
Dans un futur plus proche que nous pourrions le croire, les Etats-Unis ont dressé un mur infranchissable le long de leur frontière avec le Mexique mais, dans leur hypocrisie, continuent d'utiliser la main d'oeuvre mexicaine à l'aide d'usines appelées Sleep Dealers. Des entrepôt gigantesques dans lesquels ceux qui sont munis des implants nécessaires peuvent se connecter et contrôler virtuellement des robots sur les chantiers américains, les orangeraies de Floride,...
Sleep Dealer ne manquera ainsi pas d'interpeller le spectateur par son histoire qu'a rédigé Rivera, assurant la réalisation et le scénario d'un projet qu'il porte à bout de bras, et qui renvoie tout autant à une situation tristement d'actualité qu'aux possibilités d'un futur que l'on craint sans arriver à l'éviter. L'anticipation, genre oh! combien casse-gueule de la science-fiction puisque directement relié à des choses qui nous sont familières et que nous pouvons relativiser, trouve en effet ici un représentant particulièrement lucide car résultant d'une volonté de réalisme dans l'extrapolation temporelle qui n'est pas sans rappeler le travail effectué sur un certain Les Fils de l'Homme. C'est que nous aurions pu craindre de tomber dans le cheap quand on sait que le réalisateur avoue vouer un culte à La Guerre des étoiles, sentiment plus que compréhensible mais pouvant amener le film à se perdre dans des sphères qu'il ne peut atteindre. Et s'il lui arrive de céder parfois à ses sirénes, avec par exemple des drones en CGI peu convaincants ou bien en voulant agrandir un espace par une astuce de montage un peu trop évidente (voir les scènes dans le Sleep Dealer), force est de reconnaître que Rivera parvient à donner à son premier film une plutôt belle patine en cherchant du côté d'un certain naturalisme. Tirant donc finalement parti de son manque évident de moyens (on ne peut pas dire que le cinéma mexicain soit le plus argenté du monde, succès croissant ou non), le film s'installe dans des cadres du Mexique qui sont très semblables à ceux que nous connaissons, où la science-fiction n'apparaît que par légères touches. Ce qui sert d'autant mieux, bien sûr, son propos.
Pourtant, le film a beau jouir d'une réelle intelligence, qui plus est servie par des acteurs véritablement excellents (Luis Fernando Pena en tête, mais aussi la très charmante Leonor Varela), son propos a une tendance à quelque peu s'égarer dans le derniers tiers du métrage avec la ré-introduction d'un personnage que nous avions quitté depuis quelques temps déjà. Un choix narratif qui va alors bien permettre de conclure l'histoire du père et permettre à Memo de faire son deuil mais qui, à côté de cela et en plus de le faire un peu trop rapidement, brouille un chouia les pistes quant au développement de la thématique principale. Le discours politique trouvera donc heureusement une sorte de conclusion avec le renoncement du héros à ce fantasme ne cachant que du factice, mais pour en arriver là nous aurons dû faire un détour relativement biscornu qui alourdit un peu la narration.
Reste malgré tout que Sleep Dealer se propose comme une première oeuvre sincère (tant dans le discours politique que dans l'amour de la science-fiction) et maîtrisée, dont le postulat de départ ne manquera pas de résonner avec l'actualité en l'éclairant d'une manière originale. Une véritable oeuvre d'anticipation, donc, et la révélation d'un nouveau talent mexicain qu'il nous faudra suivre de près, surtout s'il persiste à oeuvrer dans la science-fiction. Qu'on lui donne alors les moyens de faire son propre Star Wars, parce que ça pourrait s'avérer extrêmement passionnnant !Dans un futur plus proche que nous pourrions le croire, les Etats-Unis ont dressé un mur infranchissable le long de leur frontière avec le Mexique mais, dans leur hypocrisie, continuent d'utiliser la ...