L'HISTOIRE : Patron d'un restaurant pas comme les autres baptisé Soul kitchen, Zinos tente de protéger son établissement des investisseurs véreux... La situation devient unpeu plus délicate lorsque son frère sorti de prison lui demande de l'embaucher... Un humour décapant et une émotion sous-jacente, toujours prête à affleurer
Ce combat pour sauver un restaurant de sa ruine et du rachat ressemble à une lutte engagée contre le capitalisme - auquel Fatih Akin oppose une vision baba de fantasme communautaire. Au niveau de la narration, il s'attache à faire glisser imperceptiblement des petites histoires éclatées vers celle, plus grande, d'un portrait de groupe, en mêlant habilement un humour décapant et une émotion sous-jacente, toujours prête à affleurer. Multipliant les bonnes idées (l'orgie dans le restaurant à cause des aphrodisiaques dans la nourriture, la séance chez le chiropracteur), le film distille quelques blagues teintées de désespoir sans jamais perdre la justesse et l'humanité qui caractérisent des personnages. Bravo aussi aux acteurs qui contribuent à l'euphorie générale (Adam Bousdoukos, Moritz Bleibtreu, Birol Ünel). Bien que brèves, les séquences avec Udo Kier valent à elles-seules le déplacement.
Romain LE VERN
Head On, Crossing the Bridge et De l'autre côté, les précédents longs métrages de Fatih Akin, marquaient avec plus ou moins d'ostentation la nécessité vitale du cinéaste de revenir à ses origines. Plus frivole, Soul Kitchen ressemble à un feel-good movie nostalgique et chaleureux.