L'un des films évènements de l'année 2007 arrive enfin le 1er Mai prochain. Présenté à la presse ce matin à Paris, voici les réactions "à chaud" de nos journalistes à la sortie de la projection...


Sam Raimi passe à la vitesse supérieure avec ce troisième opus sans trahir pour autant l'esprit de la licence au cinéma.
Spider-Man 3 tient haut la toile ses promesses et concentre plus d'action, d'humour, d'émotions, de gigantisme que les deux premiers films sans pour autant perdre en cohérence, en fluidité ou en intérêt. Les évènements se succèdent à une vitesse vertigineuse et les nombreux nouveaux venus se dévoilent de manière fort ingénieuse dans le déroulement de l'action. Les séquences d'action cassent tout, avec une mention toute particulière pour le premier affrontement entre le tisseur et Harry Osborn, mais ne prennent heureusement pas le dessus sur la vie sociale de Peter Parker. Celle-ci, au centre de l'histoire, part en miette de la plus belle des manières avec un pétage de plomb dansé à la
The Mask à la clé. Une bonne nouvelle pour les fans du comics : l'homme de sable et Venom sont loin de faire de la figuration.
Si un
Spidey 4 voit le jour, il aura intérêt à s'élever très haut pour ne pas pâtir de la comparaison.
Note : 9/10

Parmi toutes les adaptations de comics, Spider-Man fait figure de meilleur élève. Le troisième épisode ne déroge pas à la règle. Des séquences d'actions encore plus délirantes, une psychologie des personnages encore plus poussée... Sam Raimi s'est définitivement approprié la série, lui assurant un succès dépassant les générations tout en ne reniant pas ses origines.
Spider-Man 3 s'apparente à un film-somme, abordant tous les thèmes (la défiguration, l'intrusion du corps étranger…) que Raimi avait développé à ces débuts dans le cinéma d'horreur. Il en a d'ailleurs co-signé pour la première fois le scénario. Bien que ponctuées par d'étranges scènes musicales et quelques longueurs censées créer l'émotion, les nouvelles aventures de l'homme araignée valent le coup d'œil.

Inutile de dire que l'on attendait ce troisième opus avec fébrilité, après trois longues années d'attente à se demander si Sam Raimi et son équipe parviendraient à réitérer le miracle de
Spider-Man 2. A l'issue de ces deux heures vingt-six de film riches en multiples rebondissements, le verdict n'est pas si simple que cela à asséner de manière catégorique, sans doute précisément à cause de cette richesse étourdissante qui laisse à peine le temps de se retourner. Moins fluide et plus sombre que le deuxième, ce nouvel épisode des aventures de l'homme araignée se montre presque aussi dense qu'une saison entière de série télévisée, mais n'en abandonne pas pour autant le principe qui a fait son succès depuis le début, soit un attachement très fort aux personnages, à leurs ambivalences et aux rapports qu'ils entretiennent les uns avec les autres. Le plus étonnant est de voir à quelle point la continuité est parfaitement maintenue de ce point de vue avec les deux autres films, en dépit du laps de temps qui séparent les différents tournages.

Toujours magnifiquement campé par Tobey Maguire, Peter Parker bascule pour de bon, pour notre plus grand plaisir. La réussite de
Spider-man 3 tient au fait que cette évolution n'est pas seulement justifiée au début du film (où tout se passe un peu trop bien pour notre superhéros d'ordinaire malchanceux), mais prend en réalité ses racines dans les deux premiers longs métrages. La cohérence psychologique dont fait preuve le personnage de Peter depuis le début de l'aventure ne laisse pas de ravir, de même que celles de Mary-Jane et de Harry. Le triangle amoureux formé par ces trois là est plus que jamais au centre de cet opus, octroyant d'ailleurs à Harry enfin la place qu'il mérite, et à Mary-Jane une vraie vie hors du regard de Peter. Kirsten Dunst est de plus en plus attachante mais c'est James Franco qui surprend le plus en s'imposant comme la révélation du film. La montée en importance de ces deux seconds rôles valorise d'autant le parcours chaotique d'un Peter que l'on ne reconnaît plus – en particulier dans le deuxième acte, franchement délirant, dans le bon sens du terme. Mais le plus beau est qu'au milieu de tout ça, Sam Raimi réussit le plus naturellement du monde à intégrer deux nouveaux arrivants de poids, incarnés par les excellents Thomas Haden Church et Topher Grace. Tout ce beau monde se fritte à qui mieux-mieux, lors de joutes aériennes ou terrestres – au choix – très impressionnantes, servies par des chorégraphies déchaînées et des effets spéciaux irréprochables. Les coups (et les sales coups) pleuvent et ce cher Spidey mord la poussière plus d'une fois. Un bonheur.
Alors peut-être, oui, peut-être que
Spider-man 3 n'est pas un chef d'œuvre de l'acabit du deuxième film, mais une chose est sûre, l'auteure de ces lignes se précipite pour le revoir dès sa sortie en salles.
Note : 9/10
Si ce troisième opus manque légèrement de ferveur par rapport au deuxième, il s’impose comme une suite d’une enthousiasmante densité. Les contradictions de Peter Parker qui commençaient à se dessiner se renforcent ici via un duel identitaire entre le bien et le mal, interprété avec finesse par Tobey Maguire, qui maîtrise parfaitement l’innocence de son personnage dans ce qu’il a d’agressif et de sombre. Les comédiens qui l’entourent trouvent également un nouveau souffle, les blessures de chacun s’affirmant autour de celle de Spider-Man, autant celles de ses proches, que celles de nouveaux venus campant des méchants aux contours psychologiques intéressants. Au-delà du simple récit et de la force des personnages, certaines séquences sont esthétiquement superbes, notamment la naissance de l’homme-sable remarquablement interprété par Thomas Haden Church. Au final 2h19 de plaisir sans aucun temps mort.
Note : 9/10