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Spy Game

La critique d'Excessif

0/5
spygamez2 L'HISTOIRE :
En attendant The Last Castle, Redford joue les espions vieillissants et rebelles dans Spy Game où il retrouve son partenaire de Et au milieu coule une rivière, Brad Pitt.

SPY GAME
2001
Réalisateur : Tony Scott
Acteurs : Robert Redford, Brad Pitt, Catherine McCormack, David Hemmings
Durée : 2h07
Sortie : 9 Janvier 2002

Un agent de la CIA, Tom Bishop (Brad Pitt) vient d’être capturé alors qu’il s’infiltrait dans une prison chinoise. Son exécution aura lieu dans 24 heures. C’est le temps qu’il reste à son mentor et coéquipier Nathan Muir (Robert Reford), sur le point de partir à la retraite, pour découvrir où il se trouve et organiser son exfiltration. Mais ses supérieurs ne semblent pas jouer dans le même camp que lui. Interrogé par ces derniers qui cherchent à faire de Bishop un bouc émissaire, il se remémore leur rencontre et missions communes…



Le film d’espionnage a bien du soucis à se faire si on doit en juger par cet inénarrable Spy Game où Tony Scott confirme qu’en dehors de scripts prémâchés matières à numéros d’acteurs bien photographiés (les corrects USS Alabama et Ennemi d’Etat), il n’y a pour ainsi dire rien à attendre de lui. Il tue dans l’œuf un possible revival du thriller politique (amorcé avec son film précédent) en nous signifiant à chaque seconde que nous, pauvres crétins illétrés et sevrés aux Operation Espadon et consorts, devons êtres soigneusement pris par la main pour nous y retrouver dans cette intrigue hautement subtile (sic). Ainsi nous bombarde-t-il de plans hilarants où Robert Redford prend tous les quart d’heure la pose dans un beau noir & blanc avec un compteur nous rappelant le temps qu’il nous reste avant que Brad se prenne une balle dans la tête. Merci Tony, t’es un sacré gagman !



Il y avait pourtant du potentiel dans cette histoire gentiment parano où un homme tente de sauver son coéquipier en manipulant ses supérieurs et en tentant par tous les moyens de glâner des infos. Malheureusement, ce qui aurait pu donner un superbe huis-clos bien angoissant à la croisée de Sens Unique et 13 Jours est totalement gâché par des flash backs à rallonge où s’étale complaisamment une histoire d’amitié virile on ne peut plus bateau, décalquée des rapports de domination/amour qu’entretenaient Anne Parillaud et Tcheky Karyo dans Nikita. Long, lent, prévisible. On se balade ainsi sur 25 ans de conflits (Viet-Nam, guerre froide, Beyrouth) survolés comme le ferait un guide touristique de la guerre : une véritable collection d’images d’Epinal où on nous gave de fumigènes, décors de studio, explosions mille fois vues, ralentis où Brad Pitt joue les mannequins… Pas crédible pour un sou, sauf quand Redford, qui joue les vieux beau à la Sean Connery, nous refait son numéro des Experts. C’est peu.



Spy Game laisse filtrer par endroits son ambition et le spectre de ce qu’il aurait pu être (notamment au cours de sa dernière demi-heure, potable). Mais il faut, pour s’en rendre compte, faire abstraction des tics insupportables d’un Tony Scott parvenant à regrouper le pire de ses années eighties et du cinéma pop-corn d’aujourd’hui avec accélérés, panoramiques épileptiques et autres gimmicks chers à son frangin. En recherche d’intellectualisme pas trop élitiste (Spy Game emprunte à nouveau, après Operation Espadon, le pitch de Usual Suspect), cette bouillie broie un concept certes pas génial mais recelant, au moins, de réels enjeux humains. Encore faudrait-il que son réalisateur apprenne à raconter une histoire en respectant les respirations de son récit et en nous épargnant l’illustration systématique d’anecdotes inutiles. Bref, un ramassis de clichés nécessitant la plus grande indulgence.

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