L'HISTOIRE : La plus grande odyssée spatiale de tous les temps voit le jour dans le nouveau «Star Trek», mettant en scène le premier voyage d’un tout nouvel équipage à bord de l’U.S.S. Enterprise, le vaisseau spatial le plus sophistiqué de l’histoire.Star Trek est le grand film de divertissement que l'on pouvait attendre.
Stardate 2009. Star Trek, le onzième. Capitaine JJ Abrams aux commandes. Après de longs mois d'attente, ce fameux reboot que tous les fans de la licence craignent a enfin pris son envol à bord de l'Enterprise, mythique vaisseau de la Fédération. A son bord, un tout nouveau casting, une esthétique modifiée et la rencontre réinventée entre deux personnages phares de l'univers : James T. Kirk et Spock. Oubliez tout ce que vous connaissez sur Star Trek ? Le jeu en vaut la chandelle...
Il y d'abord ce pari insensé : inventer une dimension parallèle à une franchise datant de 40 ans tout en reprenant les personnages de la série originale et des premiers longs-métrages. Une dimension parallèle d'où s'échappe Nero (Eric Bana) bien décidé à venger la disparition de son peuple en confrontant Spock à sa propre douleur, sa propre dépossession. Les nombreuses surprises scénaristiques dues à la déformation du continuum espace-temps fera hurler les fans les plus acharnés. Pourtant, certains d'entre eux pourraient bien être émerveillés par le respect du réalisateur envers leur communauté et la réinvention téméraire de la légende trekienne.
Ce film est donc avant tout celui d'un auteur et témoigne de la patte indélébile que l'on retrouve dans chacun des projets de JJ Abrams. Star Trek regorge de références scientifiques, philosophiques et esthétiques empruntées à Alias (la boule rouge, arme absolue des Romuliens), Lost (le voyage dans le temps qui donne son sens et sa cohérence à l'histoire) ou encore Cloverfield (le monstre sur la planète des glaces Delta Vega). Si JJ Abrams n'est pas encore tout à fait débarrassé de ses tics de mise en scène, il insuffle au métrage une telle intensité dramatique, un tel désir d'entertainer malicieux que les vire-voltages habituels de l'objectif font tourner la tête, dans le bon sens du terme.
S'il sera forcément difficile d'accepter que leurs héros en uniforme sont ceux qu'ils connaissent mais pas dans le même espace-temps, rassurons tout de même ceux qui aiment les dix premiers films et les six séries, dignes héritages du patrimoine légué par Gene Roddenberry. Les clins d'oeil à la pelle (le chien du Capitaine Jonathan Archer, Sulu en parfait escrimeur...) et le rôle d'importance donné à Leonard Nimoy en satisferont beaucoup. JJ Abrams ne se contente pas d'offrir au premier interprète de Spock un rôle de caméo comme ceux qui poussent comme des mauvaises herbes dans chaque adaptation cinématographique d'une série TV. Il offre au personnage et à l'acteur, un rôle clé dans cette gigantesque entreprise de réappropriation. Plus qu'un hommage creux, un geste d'intelligence.
JJ Abrams n'est jamais aussi doué que lorsqu'il caractérise les personnages, leur donnant une profondeur et un mystère inattendus. Dans son royaume audiovisuel, ce sont les ambitions et les fêlures des protagonistes qui fondent la dramaturgie. Le réalisateur s'est lancé dans une nouvelle mythologie sur les bases d'une science-fiction pré-existante. S'il réussit, c'est aussi grâce au travail des scénaristes Roberto Orci et Alex Kurtzman et d'un casting qui se révèle comme l'une des excellentes surprises du projet. Chris Pine et Zachary Quinto trouvent rapidement leurs marques et c'est sans peine que l'on croit à leur amitié naissante. Le reste de la distribution est également un brillant succès et chaque protagoniste secondaire a sa petite heure de gloire. Le cinéaste a beau emprunter une autre route temporelle, son discours est tout à la gloire de la philosophie positiviste de la licence. Au final, la destinée est plus forte que tout. Le Capitaine Kirk, Spock, McCoy, Scotty, Uhura, Sulu et Chekov étaient nés pour se rencontrer. A n'importe quelle époque.
De la construction sonore aux effets spéciaux, Star Trek est enfin le grand film de divertissement que l'on pouvait attendre. Michael Giacchino trouve un parfait terrain musical pour libérer quelques symphonies grandiloquentes et des choeurs puissants, évocateurs des trous noirs mangeurs de planète ou puissance des machines. Sa partition accompagne à merveille cette aventure spatiale épique qui ne manque jamais de souffle. Comme des étoiles filantes, les quelques notes emblématiques du générique original s'échappent dans l'infini de l'espace, mine de rien bouleversé par la révolution née de la vision d'un homme. Where no man has gone before ? JJ Abrams l'a fait.
Comment ILM, JJ Abrams et une armée de designers ont rajeuni la saga de Gene Roddenberry. Une vieille histoire Industrial Light & Magic et Star Trek, c'est une longue et fructueuse histoire ...