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Still Walking

La critique d'Excessif

3/5
Affiche Still Walking L'HISTOIRE : Une journée d'été à Yokohama. Une famille se retrouve pour commémorer la mort tragique du frère aîné, décédé quinze ans plus tôt en tentant de sauver un enfant de la noyade. Rien n'a bougé dans la spacieuse maison des parents, réconfortante comme le festin préparé par la mère pour ses enfants et ses petits-enfants. Mais pourtant, au fi l des ans, chacun a imperceptiblement changé... Avec un soupçon d'humour, de chagrin et de mélancolie, Kore-Eda nous donne à voir une famille comme toutes les autres, unie par l'amour, les ressentiments et les secrets.
Dans Nobody Knows, Hirokazu Kore-Eda observait des enfants sans papa, abandonnés par leur maman, qui essayaient jusqu'au bout de préserver l’illusion d’une cellule unie avant de finir dans des tombeaux de lucioles. Dans Still Walking, il est encore question d’une famille fragile mais vaillante qui se réunit le temps d’un week-end estival pour rendre hommage à l’un de leurs membres disparus. Un poème beau et émouvant, dont les vers sonnent joliment faux.

STILL WALKING
Un film de Hirokazu Kore-Eda
Avec Hiroshi Abe, Yoshio Harada, Haruko Kato
Date de sortie : prochainement
Festival de San Sebastian

La rigueur, la beauté et la poésie mortifère de Nobody Knows confirmaient la propension du réalisateur Hirokazu Kore-Eda à sonder l’indicible. Maborosi, son coup d’essai, s'intéressait à une veuve esseulée qui mélangeait tous les pinceaux de sa vie défaite; After Life enregistrait les songes de morts; Distance racontait la douleur d’un pèlerinage… Still Walking renoue avec les liens invisibles en relatant la commémoration familiale d’un frère, décédé il y a quinze ans. Pour l’occasion, son frère et sa sœur rendent visite à leurs parents : un père qui n’affiche pas ses sentiments et une mère qui cache son amertume derrière une politesse appuyée. Kore-Eda capte les retrouvailles enjouées sur le seuil de la porte, les banalités d’usage pour remettre au goût du jour ce que les personnages sont devenus et les silences de mort. Comme toujours chez lui, on est dans une pudeur qui permet au récit de ne pas se vautrer dans l’hystérie complaisante des règlements de compte minables. Il y a le subtil contrepoint d'un enfant, comme rescapé de Nobody Knows, qui ne comprend rien aux conversations adultes. Puis, il y a l’ombre du responsable de la réunion urgente de cette famille qui plane tel un fantôme (Kore-Eda épouse d’ailleurs le point de vue d’un fantôme sur les vivants).

Il suffit d'observer la relation entre le père et le fils pour comprendre que quelque chose ne fonctionne pas, ne fonctionne plus ou alors ne peut pas fonctionner. D’un côté, ce père effrayé par le manque de respect et l’humiliation publique. De l’autre, ce fils réceptable de toutes les souffrances, attendant le jour où il dira tout – s'il y a un jour. Avec une acuité insensée, Kore-Eda peint la lente dislocation d’une cellule familiale rongée par l’incommunicabilité. Composition des plans, sens du cadre : la mise en scène incarne les enjeux du film. Avec un sens de la perception intériorisée, le cinéaste retranscrit aussi ce temps distendu du samedi ensoleillé au dimanche sombre, de la quiétude au cauchemar. Plus il fait nuit, plus les membres de la famille retirent les masques. Le week-end se termine : ils rentrent chez eux. Ont-ils changé pour autant ? Oui, peut-être ; mais, cela, Kora-Eda ne le filmera pas. Il laisse le spectateur travailler tout seul, en lui laissant le droit de plaquer son vécu sur ce qu’il vient de voir. Still Walking (titre qui renseigne sur l’état de cette famille morcelée) propose à tous de ne pas passer à côté des choses compliquées.

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Musique

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jujulcactus 16/04/2010 à 18h39
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