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Tel Pere, Telle Fille

La critique d'Excessif

0/5
telpere_tellefille_cine L'HISTOIRE : Bruno, la trentaine, glandeur irresponsable, se retrouve à squatter chez une copine après s'être fait larguer par sa petite amie. Une tuile n'arrivant jamais seule, une de ses ex lui apprend qu'il est le père d'une fille de 14 ans. D'abord effrayé et totalement incapable de gérer une adolescente, Bruno va évoluer pour devenir un vrai père et un adulte responsable...
Tel père, telle fille se présente comme une charmante comédie estivale sans autre prétention que celle de proposer un divertissement rafraîchissant avec un regard singulier sur les différences générationnelles et sociales entre un père et une fille que tout semble opposer. Adaptation du premier roman en demi-teinte de Virginie Despentes, Teen Spirit, le réalisateur Olivier De Plas propose une adaptation qui se destine à un large public.

TEL PERE, TELLE FILLE
Un film de Olivier De Plas
Avec Vincent Elbaz, Daisy Broom, Elodie Bouchez
Durée : 1h25
Date de sortie : 1er août 2007


Tel père, telle fille, présente toute la fougue et la maladresse des premières réalisations avec ses qualités et ses défauts. Ce qui ressort de prime abord après la vision du métrage est la galerie d'acteurs qui compte Vincent Elbaz, alias Bruno, un rocker "has-been" immature et un brin parasitaire envers son entourage. Sa meilleure amie est campée par Elodie Bouchez devenue attachée de presse pour un magazine de rock. Sans véritable perspective d'avenir Bruno enchaîne les aventures sans lendemains depuis plus de 20 ans. Cela l'amène à rencontrer La Blonde de canal + alias Frédérique Bel, mais l'histoire ne dure que peu de temps. Il erre ici et là jusqu'au jour où une ex-amante, Léa Drucker, le contacte quelques 14 ans après avoir rompu. Elle lui annonce qu'il est père de la jeune Nancy, Daisy Broom tout juste âgée de 13 ans. La confrontation de cet homme immature et égoïste avec sa "nouvelle" fille va l'amener à prendre conscience des autres et des responsabilités qui sont celles d'un homme de son âge. Gravitant dans un milieu bobo parisien qui lui est totalement étranger il va revêtir le costume du père non sans se mesurer à sa fille en peine crise d'adolescence,

Pour approcher les faiblesses inhérentes à la réalisation globale du film force est de constater un manque de rigueur certain qui entache la niveau général du métrage, comptant entre autres de nombreux faux raccords flagrants, ainsi que des ellipses inopportunes. L'autre principale difficulté due à l’adaptation du livre est le choix de prendre un personnage principal auquel le public a du mal à s'attacher pendant près de la moitié de l'histoire. Pari réussi, néanmoins cela désarçonne quelque peu car le public familial visé risque fort de rejeter en bloc l'émancipation de Bruno et donc un certain attachement au personnage principal. Ce qui se remarque aussi par le grand décalage entre la voix off qui commente ponctuellement durant tout le film ses états d’âme. Le ton est très clair et distinct en opposition totale avec celle de Bruno qu'incarne Vincent Elbaz à l'écran, dont l'élocution est plus que nauséeuse. C'est dommage car le personnage de Bruno a du mal à trouver de la consistance. A contrario d'une Elodie Bouchez trop rare à l'écran et pourtant si présente par son sourire et ses grands yeux gorgés de malices.


Mais le film n'est pas en reste, car l'univers sexe, drogue, et Rock'n'roll du livre est très bien retranscrit. Les mauvaises langues qui conspuent à tort les œuvres de Despentes, tomberont bien mal ici. Car Tel père, telle fille, tout comme Teen spirit, réussit avec fraîcheur et légèreté à aborder une histoire qui se débarrasse de la lourdeur habituelle de ce genre d’univers. L’originalité principale qui apporte un réjouissant divertissement est l’adresse du ton général malgré les apparences. Tel père, telle fille reste donc humble sans en faire des tonnes en ne cherchant pas à tout prix la noirceur des situations. On est à mille lieues des clichés hardcores que l'on pourrait prêter au sulfureux écrivain qu’est Virginie Despentes. Celle-ci avec cette première œuvre propose une alternative moins radicale et plus en demi teinte. Le clivage entre l’univers très bobo parisien de sa fille en opposition à celui de Bruno bien plus populaire est très bien retranscrit, sans véritable aspect trash.

Tel père, telle fille nous plonge au final dans l’univers d'un homme sans grande ambition qui stagne, et celui d'une mère qui élève seule sa gamine qui devient insupportable, le tout traité avec un esprit bon enfant qui plaira à un large public.

Gwenaël Tison



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