L'HISTOIRE : Quand Alain a épousé Nathalie, il ne savait pas qu'il épouserait aussi sa famille. Ce samedi, comme toutes les semaines, ils sont invités à dîner chez son beau-frère, Jean-Pierre, à Créteil. Mais ce soir, plus que d'habitude, Alain est à bloc, il bout comme une cocotte prête à exploser et la soirée dégénère... Les conflits s'intensifient entre Alain et Nathalie et par un concours de circonstances assez délirant, Alain va devoir se rapprocher de sa belle-famille tandis que chacun des membres de cette petite communauté va connaître un épanouissement personnel de manière assez... inattendue.
Un film émouvant, pétri des plus beaux sentiments humains.
Le duo de choc Toledano/Nakache revient faire des siennes dans la petite sphère collet-monté du cinéma français... Et nous serons les derniers à venir nous en plaindre. Je préfère qu’on reste amis était une authentique et délicate histoire d’amitié entre deux comédiens en état de grâce et avouons-le, nous en sommes déjà à notre douzième visionnage de Nos jours heureux, ce petit miracle qui rendait aux souvenirs de notre enfance la couleur et la beauté de ces années d’innocence. On se sent toujours très proches, tellement proches, de ceux qui savent nous faire rire, qui nous connaissent et qui maîtrisent avec légéreté et bienveillance l’art du portrait... Et félicitations messieurs, vous avez une fois de plus touché juste avec votre dernier film. Ce portrait dézingué d’une famille qui l’est tout autant à décider de prendre à contre-pied toutes nos attentes et tout ce qu’on a pu voir et revoir dans le registre. Laissez-vous faire et embarquer, car il s’agit avant tout d’être heureux et de ne pas s’arrêter aux apparences. Une leçon de vie pour un film émouvant, pétri des plus beaux sentiments humains.

Le cinéma français peut désormais compter sur la jeune génération pour nous rendre le sourire et nous émouvoir à chaudes larmes. Après le bouleversant Le Premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon, le duo de scénaristes et réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache vient s’agiter à son tour sur un terrain plus que familier : celui des relations entre membres d’une même famille et les satellites qui gravitent autour... Dans un registre moins dramatique que le film de Bezançon, Tellement proches est une vraie et franche comédie dont l’idée géniale est de nous lancer sur un chemin archi-balisé pour finalement se lancer dans une folle course en hors-piste. Les prises de risque sont énormes car rarement un film n’aura autant devié de sa trajectoire de départ pour terminer son voyage dans une cacophonie sidérante terriblement communicative. Ainsi, on avoue avoir été trés méfiant des premières minutes du film qui nous servent un plat surgelé à réchauffer au micro-ondes où les éternels conflits entre gendre et belle famille ne proposent rien de bien nouveau si ce ne sont quelques répliques bien senties et l’absence (à noter) des parents...
Une absence qui n’est jamais soulignée mais qui en dit long sur la forte relation qui unit les trois enfants interprétés par Isabelle Carré, François-Xavier Demaison et Joséphine de Meaux. Mais rapidement, on comprend qu’il s’agit d’un passage obligé, celui de sombrer dans les apparences et les lieux communs, de mettre en exergue des clichés qui cherchent à diviser les gens n’appartenant pas au même milieu social, à la même génération ou à la même origine ethnique. On n’échappe pas à la belle-soeur monomaniaque, au beau-frère un peu... beauf, à la gamine imbuvable et autres subtilités du genre, puis BAM ! Coup de poêle ! Histoire de mettre une bonne claque à cette inertie morose où les caricatures ne bougent pas d’un ïota. Si la comédie française a cette facheuse tendance à nous servir invariablement les mêmes plats et les mêmes personnages, Nakache et Toledano décident de faire table rase du passé et de construire leur film sur une base multi-culturelle et sociale, où les apparences sont fusillées pour laisser place à la nature profonde des êtres...
Les deux réalisateurs mènent de main de maître ce récit coloré, drôle et touchant en rythmant le tout sur une BO à tomber (le Beggin’ de Frankie Valli va vous tirer de très grosses larmes...) et dans une sorte de béatitude totale où le manque de réalisme des situations ne fait que servir une euphorie constante où les conventions sont dépassées et les règles oubliées, Tellement proches emballe. Et le casting, habité par cette volonté partagée de nous faire partager ce bonheur personnel et collectif, fait des merveilles. Isabelle Carré se dévoile peu à peu, laissant la place suffisante à son mari, interprété par un Vincent Elbaz tout en finesse, pour déployer ses ailes. Le frère, beauf repenti, est parfaitement tenu par un Demaison absolument irréprochable et follement amoureux d’une Audrey Dana qui illumine l’écran... Puis il y a Omar Sy, parfait en saint-homme exaspéré par la bêtise ambiante et Joséphine de Meaux qui, aujourd’hui, dans le cinéma français, n’a pas son pareil lorsqu’il s’agit de jouer la crise de nerfs.
Tellement proches est ainsi un enchaînement de situations parfaitement surréalistes qui mènent néanmoins à un constat clair et limpide : les gens ont des ressources inépuisables qui se chargent de nous surprendre au quotidien et balayer tous nos préjugés. Alain, le fiancé qui rejette en bloc l’idée de famille mais qui garde un oeil attentif sur son fils, considéré par tous comme un gamin perturbé mais qui recèle en lui une force inouïe, est encore un jeune adulte en passe de devenir un homme et cette phase de transition va déclencher une révolution intime et personnelle chez tous les membres de cette petite communauté... Tous, à leur manière (nous vous laissons le plaisir de découvrir la folie douce qui va s’emparer des personnages), vont dépasser leurs limites et leurs aprioris, transcender leur statut et leur posture pour finalement exploser au grand jour. Et de ce joyeux bordel, de cette envie incroyable de croiser les générations, les milieux, les cultures et les religions, naît un sentiment de sérénité indescriptible... comme si le chaos total avait fait naître la paix en chacun. Avec nous dans le lot...
Isabelle Carré a tout d'une passionnée, de ces actrices qui irradient à chaque rôle, transmettant une jubilation communicative à simplement exercer leur art...