L'HISTOIRE : Le pari était risqué, mais ils ont réussi leur coup
Nos rédacteurs livrent dès maintenant, avant une critique plus détaillée, leurs avis à chaud sur Terminator Renaissance, le quatrième volet de la célèbre franchise initiée par James Cameron. Les fans de la première heure seront-ils satisfaits par la nouvelle orientation prise par l'histoire de John Connor et sa guerre contre Skynet ? Premiers éléments de réponse ci-dessous...
L'avis de PitouWH
Le pari semblait risqué, très risqué même : mettre Mcg, esthète du cinéma d'action édulcoré et extra-terrestre, aux commandes du nouvel opus de la saga Terminator. Un univers comptant un solide réseau de fans depuis les chefs d'oeuvre de James Cameron, craignant alors que leurs machines préférées deviennent des acrobates défiant les lois de la physique et abattant les blagues comme d'autres enfilent les perles. Très vite, cependant, les premières images nous rassurèrent sur la direction que prendrait le film, et la question n'était alors plus de savoir si Terminator Renaissance conférerait au n'importe quoi mais, au contraire, de quelle façon il parviendrait à s'intégrer à la saga. Et la réponse divisera très certainement, tant ce nouveau film s'éloigne en fait de la forme classique des Terminator (et cela même si l'on notera de nombreux clins d'oeil et autres rappels comme par exemple le climax dans un environnement industriel), ne serait-ce déjà que par l'absence du voyage temporel qui en était un élément primordial. Mais nous le savons depuis longtemps, ce quatrième volet est l'occasion pour nous de découvrir enfin la guerre contre Skynet dont on nous a tant parlé, et c'est précisément là que le film gagne sa légitimité. Car plus encore que d'illustrer simplement le récit de cette lutte contre les machines, ce qui aurait été la solution de facilité, les scénaristes s'en servent en fait comme d'une base qu'ils étoffent considérablement (l'ajout du personnage de Marcus est vraiment une excellente idée), donnant ainsi au long-métrage des allures de véritable nouveau
départ.
La mention « Renaissance » du titre français n'est donc aucunement galvaudée et, si le film souffrira forcément chez les fans de la comparaison avec ceux de Cameron (comment pourrait-il en être autrement lorsque l'on est comparé à lui ?), ce serait une erreur de s'arrêter à cela car Terminator Renaissance ne joue en aucune façon dans la même catégorie. Nous sommes ici face à du pur post-nuke, nous rappelant même parfois ces productions bis italiennes au charme si particulier (surtout dans le look « cheap » des T-600), et qui appelle à des développements qu'il nous tarde désormais de découvrir. Parce que malgré l'ampleur et le spectaculaire des nombreuses scènes d'action que compte le métrage, nous ne sommes encore que dans une logique de guérilla et le conflit généralisé n'est donc qu'à peine évoqué ici, et encore moins montré. Nous voulons donc voir cela pour de bon, tout comme nous voulons savoir ce qui arrivera aux personnages dont beaucoup nous étaient déjà familiers mais que nous redécouvrons ici totalement, servis par un casting sur lequel le réalisateur peut s'appuyer les yeux fermés (Sam Worthington en tête). Dommage alors que l'on ressente parfois trop fortement les coupes dans le montage, au détriment bien sûr de la caractérisation et de l'évolution de ces personnages qui peinent ensuite un peu à s'imposer, et dommage encore qu'il nous faille certainement attendre la version longue en DVD pour que cela soit corrigé. En l'état néanmoins, Terminator Renaissance est une réussite car il fait preuve d'une déférence et d'un esprit d'innovation lui assurant sa place dans la saga, tout en relançant efficacement une autre à partir de celle-ci. Le pari était risqué, mais ils ont réussi leur coup : pour le cinquième donc, à coup sûr, we'll be back !
L'avis de Vincent Martini
Après des années de fantasmes, voici enfin débarquer le nouvel épisode de la saga Terminator avec pour toile de fond le combat de la résistance contre la super-entité Skynet. Le menu donne envie, et le récit est plutôt agréable à suivre à condition de bien faire la distinction entre l'univers Cameron et cette nouvelle voie/extension. Cet avis à chaud devrait donner un début de réponse aux forces et faiblesses du film que vous verrez dès la semaine prochaine dans les salles.
Si nous quittons clairement le contexte contemporain des films de Cameron et de Mostow, c'est pour mieux s'imprégner des vastes paysages post-apocalyptiques à la mode 2018 (on pourra penser au jeu vidéo Fallout 3, voire à Mad Max). Entre les architectures en ruine, les bâtiments ravagés, le monde n'a jamais paru aussi désolé. Il s'agit clairement ici d'une qualité du film qui s'écarte des visions futuristes entrevues dans ces prédécesseurs pour mieux imposer son propre caractère. Et du caractère, ce Terminator n'en manque pas quand il s'agit de placer Marcus Wright (Sam Worthington) au beau milieu des étendues désertiques à errer jusqu'à retrouver quelques refuges d'humains. Certains plans, joliment composés, se montrent terriblement évocateurs du cataclysme passé.
Nous avons ici l'autre surprise, à savoir le personnage de Marcus Wright qui semble presque phagocyter un John Connor pourtant bien campé par un Christian Bale, certes efficace mais au charisme encore hésitant. Chaque séquence faisant intervenir Marcus est l'occasion de scènes d'action punchy, généreuses en adrénaline, et lisible dans le chaos ambiant. McG aura donc été bien inspiré de s'approprier une mise en scène qui pourra rappeler Les Fils de l’Homme à certains.
Christian Bale livre une composition plutôt intéressante de Connor ; véritable brute, vindicatif, et quasi-haineux des machines, il ne se livre qu'au travers de très rares séquences de doutes. La guerre transforme, et il vaut mieux oublier son humanité pour espérer vivre plus longtemps sur le champ de bataille. La prestation plutôt animale de Bale lui sied parfaitement, peut-être même trop, ce qui ne surprendra pas vraiment ses aficionados.
Ces deux personnalités fortes expliquent peut-être pourquoi il est tant fait abstraction des seconds rôles qui ont bien du mal à cohabiter autour des deux acteurs. On touche ici les limites de cette renaissance version prologue (il s'agit d'une nouvelle trilogie) probablement imputables à la trop courte durée de l'ensemble (108 minutes), ce qui nous empêche de bien comprendre les liens unissant Connor à ses hommes, Connor à sa femme (Bryce Dallas Howard étant étrangement effacée à l'écran, là où la presque-inconnue Moon Bloodgood acquiert une certaine carrure). Le tout semble manquer de ce supplément d'âme qui pourrait bousculer l'histoire de son rail et nous faire adhérer complètement au combat.
Il n'est pas interdit d'apprécier Terminator Renaissance pour ce qu'il est, un blockbuster burné aux références plaisantes (le caméo de Schwarzy est franchement bien exploité) sans révolutionner le cinéma d'action. Cette quatrième incursion dans la franchise se place d'emblée au-dessus d'un Terminator 3 : le soulèvement des machines, épisode jouant trop sur la corde sensible des fans, et ne prétend pas rebooter le mythe. Mieux, en se permettant quelques orientations inédites, le condamné Marcus Wright revenant à la vie sous forme de machine hybride, la licence exploite un terrain de jeu qui stimule notre curiosité pour la suite à condition de confirmer ses meilleurs atouts (une nemesis probable à peine évoqué en l'état ?).
Zoom sur l'un des mois les plus riches de l'année 2009 au cinéma, avec notamment les sorties d'Antichrist, Coraline, Transformers 2 ou Very Bad trip...