La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film The Crazies L'HISTOIRE :

Et si la folie était contagieuse ? Imaginez un virus capable de transformer n'importe qui en fou dangereux. Imaginez maintenant ce virus se répandant sur une petite ville tranquille du Middle-West. Alors que les habitants voient leurs proches se changer en assassins, un sheriff tente de protéger les quelques personnes encore non infectées en attendant les renforts. Mais lorsque l'armée intervient enfin, c'est pour mettre la ville en quarantaine quitte à exécuter toute personne tentant de fuir. Abandonnés à leur sort, ce petit groupe de survivants va tenter de s'en sortir...

une histoire de machination moitié parano moitié satire dans notre monde moderne

Nouveau remake d'un film de George A. Romero, nouvelle grosse attente. Tombera-t-on du côté jouissif façon L'Armée des morts ou du côté horrible façon Day of the Dead ? Comme dans tout bon dilemme qui se respecte, il y a une part du cinéphile en nous qui se dit que The Crazies (intitulé La Nuit des fous vivants à sa sortie en 1973) ne mérite absolument pas une relecture malgré son côté vieillot, et aussi une part qui nous dit que cela pourrait être sacrément intéressant de reprendre cette histoire de machination moitié parano moitié satire dans notre monde moderne. S'il ne parvient pas à totalement enchanter du début jusqu'à la fin, le remake peut néanmoins être considéré comme un bon petit film d'horreur que les amateurs apprécieront grandement.

Il est d'ailleurs intéressant de noter que ce que le film réussit de mieux, c'est aborder (de manière un peu forcée pour conserver la patte Romero) le contexte politique/social de cette contamination étrange qui touche une petite ville de l'Iowa et rend les habitants totalement fous. On ne voit malheureusement que trop peu l'intervention militaire en question, transformant l'armée en boogeyman pas assez présent à l'écran. Faute de réelles explications (bien sûr, on en aura dès qu'un personnage capture un « fautif »), on ne peut cependant que se réjouir de voir que l'armée est bel et bien présente, aussi cruelle soit-elle. Mettant en quarantaine toute la ville et séparant les sexes, le spectateur se demande sans cesse s'il est victime lui aussi d'un complot étrange (les vues satellites sur la ville) ou si l'intervention militaire est nécessaire. The Crazies version 2010 n'ira jamais dans les détails de ce mystère, préférant transformer son intrigue politique en survival.

 

 

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Il y a beaucoup à apprécier dans le film, surtout lorsque les scénaristes Scott Kosar (le remake de Massacre à la tronçonneuse) et Ray Wright (Pulse) versent dans le noir le plus total. Ils n'ont peur de rien, et même s'ils passent par des conventions du genre et confondent un peu « personnes folles à lier » avec « zombies » (surtout au niveau des bruitages), le film s'en sort pas mal quand il est question de sadisme. Le couple-vedette est ainsi parfaitement traité, l'un des premiers couples dans le cinéma d'horreur moderne qui n'a pas de problème, de deuil ou de divorce en vue. C'est même tout le contraire, puisque le génial Timothy Olyphant et la tout aussi talentueuse Radha Mitchell vont avoir un enfant. Le film est leur histoire, leur moment de survie, et la plupart des éléments seront vues sous leurs yeux. Cela marche parfois du tonnerre, notamment lors d'une scène brillante où un paysan armé d'une fourche se rend dans une salle de blessés et assassine les femmes les unes après les autres. On retrouve ce genre d'ambiance glauque à plusieurs reprises, offrant quelques bons moments d'horreur efficace (un père de famille brûlant sa maison - sa femme et son fils à l'intérieur). Pourtant, à force de rester à hauteur de personnage, le film tourne clairement en rond dans les résolutions des situations : il y a toujours un personnage pour sauver quelqu'un à la dernière minute.

C'est ce qui fait du métrage un moins bon film qu'espéré, car le réalisateur Breick Eisner joue parfois de ressorts très agaçants - et ce même après une scène brillante. Par exemple, voir Olyphant enfoncer une fourchette dans le cou de son ennemi alors que cette même fourchette est enfoncée dans sa main est une bonne idée. Mais finir la scène avec un énième sauvetage « in extremis » par son shérif adjoint suscite la déception. Il y a au moins une dizaine de scènes où l'un des personnages principaux est sur le point de mourir et un autre vient à son aide en tirant une balle dans le crâne de l'assaillant. Cela devient à force réellement agaçant et répétitif. Eisner a beau prouver qu'il vaut mieux que son précédent film connu (l'immonde Sahara), il semble parfois ne pas savoir s'il doit jouer sur la carte de l'horreur sadique ou de l'horreur poncif avec la musique qui part dans tous les sens pour faire sursauter le spectateur. Et c'est alors là que l'on se rappelle qui devait réaliser le film à l'origine : Brad Anderson, le bonhomme derrière The Machinist et le méconnu Transsibérien. Forcément, le résultat aurait été sensiblement différent.

The Crazies est donc un film de milieu, le genre de film qui peut faire très plaisir à voir si on en oublie les erreurs qui prouvent que le réalisateur n'est pas toujours à fond dans la noirceur que son sujet exige. Il y a de très bonnes scènes, de très bons acteurs, mais certains retournements de situations ou certaines évolutions se trouvent surexploitées. L'énième leçon de « on ne peut faire confiance à personne » ne prend pas (le changement de Joe Anderson n'est pas crédible pour un sou), mais on peut se laisser prendre au jeu et être agréablement surpris de voir un film pas si idiot que cela.

 

 

Thibault TURCAS

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Les notes des internautes

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