The Dark Knight, le Chevalier noir

La critique d'Excessif

5/5
darkknight_vign23ok L'HISTOIRE :

Bruce Wayne, sous son costume de justicier, continue de faire régner la loi dans les rues de moins en moins mal-fâmées de Gotham City. En effet, l'arrivée d'un nouveau procureur incorruptible, Harvey Dent, couplée à l'effroi que soulève l'image de Batman dans l'esprit des criminels, a sérieusement mis à mal les différents cartels régnant sur la ville. Une situation qui va de nouveau très vite basculer dans le chaos avec l'arrivée d'un mystérieux bandit psychotique et monstrueux, le Joker, dont l'apparente folie cache une volonté et un plan machiavélique pour plonger Gotham dans le chaos le plus total...

Incroyable mais vrai: The Dark Knight, second Batman réalisé par Christopher Nolan et produit par Warner / DC Universe, est le film de tous les exploits. Pour commencer, il se révèle supérieur au précédent Batman Begins qui marquait la renaissance d’un mythe de ses cendres et d’une franchise que l’on pensait moribonde. Ce qui n’est pas une mince affaire. En apparence, la réussite de The Dark Knight est moins surprenante que celle de Batman Begins et donc moins impressionnante parce que les fondements sont là et que l’équipe aux commandes a déjà fait ses preuves. Pourtant, Nolan ne se contente pas de recycler des formules gagnantes et propose un spectacle encore plus dense, encore plus délétère, encore plus grandiose. Sa seule faiblesse, ce serait de ne pas être assez long (il a beau durer environ deux heures trente, le temps passe trop vite). Mais, en l’état, aucun regret à avoir: ce que l’on peut découvrir, ébloui, sur grand écran atteint des sommets dans un genre pourtant habitué à un standard élevé. The Dark Knight est le grand film de l’été (et de cette année) que l’on attendait et c’est le meilleur volet de la saga Batman. A la hauteur des espérances (et même au-delà).

 


Au départ, il y a une attente insurmontable...
En voyant les bandes-annonces et les photos disponibles sur le net depuis quelques mois, on s’attendait à un film énorme, taillé dans le roc, un peu malade suite à la disparition malheureuse d’Heath Ledger. On fantasmait aussi, beaucoup. Mais on ne pouvait pas prévoir une réussite aussi indiscutable. Pas le temps de reprendre son souffle qu’une longue introduction constitue une mise en bouche excitante. Le Joker (regretté Heath Ledger, à qui The Dark Knight est naturellement dédié), flanqué d’une bande de complices masqués, braque une banque et dézingue à tout va. La séquence interpelle le regard parce qu’elle renvoie involontairement ou non à un souvenir lointain: Charley Varrick, de Don Siegel. Cette analogie n’est pas fortuite. Si avec Batman Begins, Nolan lorgnait vers un climat horrifique et fantastique du meilleur goût avec des plans d’invasion par des milliers de chauve-souris et en guise de climax un feu d’artifice gothique, The Dark Knight évoque le meilleur du grand cinéma américain paranoïaque des années 70 qui n’avait pas peur de bousculer les doxas de Hollywood et de témoigner d’une vigueur corrosive. Des films où les lois du spectacle n'étaient nullement incompatibles avec l'exercice critique. Si on devait prendre un exemple plus récent, la rigueur formelle et scénaristique de Nolan rappelle celle de Michael Mann sur Heat : même capacité à travailler l’humanité chez des personnages a priori accessoires; même scène d’action à couper le souffle; et, surtout, même combat entre le bien et le mal, le chat et la souris, où la proie n’est pas celle que l’on croie.

 

Christopher Nolan n’a même pas besoin de résumer Batman Begins via des flash-backs. La fluidité de la mise en scène et la grâce du montage se chargent de mettre d’emblée le spectateur sous tension. Le cinéaste approfondit les problématiques laissées en suspens à la fin de l’opus précédent (les évadés de l'asile d'Arkham, le Joker, la montée exponentielle de la violence) en respectant une gradation crescendo qui finit par étreindre. Plus le film avance (à son rythme, sans confondre vitesse et précipitation), plus il acquiert une envergure monstrueuse. A dire vrai, on est frappé par le mélange d’humilité et d’ambition. Humilité devant une substance narrative monumentale et ambition de l’illustrer de la façon la plus universelle possible. Dans les grandes lignes, The Dark Knight épouse la noirceur sans concession et les thématiques des comics de Frank Miller et cherche moins à disséquer les fissures psychologiques du super-héros (pourquoi reprendre tout ce qui a été formidablement dit dans Batman Begins?) qu’à dépeindre l’atmosphère de Gotham City, cité gouvernée par la peur et gangrenée par l’insécurité, désaffectée au possible. Pour cela, Nolan greffe différents points de vue à travers lesquels il explore différents milieux que ce soit la pègre, la police ou l’entreprise de Bruce Wayne, tous détaillés avec une rigueur mathématique. En comparaison, Batman/Bruce Wayne (Christian Bale, qui force encore sur la voix) peut légitimement paraître plus en retrait. Sans doute parce qu’il ne s’agit plus de son autopsie mais d’une leçon humaine: apprendre à reconnaître ses sentiments et à assumer ses responsabilités.

Gotham City sous une chape de plomb: fidélité totale au comic book; tragédie de Harvey Dent; et, surprise de la Batpod.
Plus encore que dans Batman Begins, Christopher Nolan a trouvé ce dosage parfait – mais parfait au sens propre – d’action et d’intimisme en n’ayant pas peur de faire des détours par le mélodrame (la relation entre Bruce Wayne, Harvey Dent et Rachel Dawes ou encore celle unissant le lieutenant Gordon à sa famille), le suspense en huis clos (le Joker en garde à vue au commissariat de police), le thriller urbain ou même la comédie (le Joker avec son stylo, les clones de Batman). En terme de narration, le cinéaste affiche une maîtrise absolue de toutes les composantes du récit. Et c’est d’ailleurs d’une telle maîtrise que The Dark Night s'avère finalement moins émotionnel que cérébral. La rigidité de la forme ne condamne heureusement rien: elle permet de mettre en valeur, à travers l’utilisation consommée d’astuces comme le montage parallèle, des scènes intenses d’un point de vue dramatique (les bateaux pris en otage par le Joker suggérant au passage que la population, majorité silencieuse, subit cette corruption plus qu’elle ne la cautionne). Les puristes hardcore pourront discuter à loisir de détails annexes allant du masque au costume de Batman en passant par la batmobile et surtout la Batpod (dont on vous laisse la surprise) qu’ils apprécieront selon leur sensibilité.

 

 

Comme convenu, la tonalité de The Dark Knight est encore plus sombre que celle de Batman Begins. Le super-héros en crise se demande s’il ne doit pas passer le relais à celui qui représente légalement la justice à Gotham City: Harvey Dent/Double Face, joué par Aaron Eckhart, entre ascension et déliquescence. On le voit longtemps avant l’accident responsable de sa défiguration; ce qui donne plus de temps à sa romance avec Rachel Dawes, jouée par Maggie Gyllenhaal (élément perturbateur) et renforce les doutes de Batman en pleine déprime sentimentale. Batman est confronté à un double échec à la fois amical et amoureux. Et cette rivalité purement romantique implique une notion de sacrifice et de culpabilité que Nolan va amplifier à travers une image iconique proche de la science-fiction (la séquence du saut, aux antipodes du réalisme, que certains risquent de mal interpréter). On sait tous que Batman reste la preuve vivante que l'homme peut se fabriquer des superpouvoirs et qu'il peut égaler par volonté n'importe quel métahumain (les individus pourvus de superpouvoirs). En résulte une personnalité schizoïde entre monstre de la nuit / Batman et individu complexé rongé par le remords / Bruce Wayne. Le premier symbolisant la pulsion; le second, la raison. Le coup de théâtre attendu où Harvey Dent devient Double Face met un certain temps à arriver mais l’attente n’est pas vaine et permet de mettre en résonance la justice et la condition du super-héros: Batman doit-il reprendre du service ou laisser la justice traquer les criminels? Est-ce que la politique peut prendre le pas sur le mythe et donc le réalisme sur le fantastique? Pourquoi les super-héros suscitent la haine ordinaire? Rien qu’avec ça, The Dark Knight passionne. Mais c’est une infime part de ce qui se déroule dans cette intrigue polyphonique, presque gargantuesque.

 

 

De manière plus générale, Nolan cinéaste et scénariste (sans David S. Goyer, une bonne nouvelle, mais avec son frère) développe l’idée des luttes fratricides en opposant les forces vertueuses et maléfiques qui veulent la même finalité: régir Gotham City, plombé par un désenchantement magnifiquement apocalyptique. Les figures représentants la justice que l’on pourrait résumer à Batman, le lieutenant Gordon (qui devient commissaire) ou encore Harvey Dent première période sont illustrées avec suffisamment d’ambiguïté pour suggérer que la frontière entre le bien et le mal est très ténue et qu’un rien peut ébranler leur combat noble. Un point de rupture qui taraudait Batman (comment exorciser ses démons intérieurs?) mais aussi Harvey Dent qui passe du côté obscur après avoir perdu son apparence physique et l’amour de sa vie. Chacun, à leur niveau, appuie un discours sur la dualité entre les êtres humains que nous sommes et les monstres que nous pouvons devenir. Dans le cas du lieutenant Gordon (Gary Oldman), cette dualité se reflète dans sa vie quotidienne à la fois comme flic téméraire (c’est le seul qui coopère avec Batman) et père de famille intrépide. Loin d’être insignifiant, il permet de faire le lien entre la farce théâtrale et le thriller moderne, comme on unirait la laideur et la beauté. Des oxymorons qui passionnent Nolan, toqué de confrontations antinomiques dans tous ses longs métrages.

Obsession mentale du Joker: Batman/Bruce Wayne confronté au machiavélisme de son pire ennemi. Rencontre au sommet.
En contrepoint, le Joker, méchant unique et vorace, incarne la figure masochiste du terroriste qui n’a peur de rien, pas même de se prendre des coups. Au contraire, il en redemande pour simuler la faiblesse physique ou morale tout en fomentant secrètement des desseins machiavéliques (voir la génialissime scène de la garde à vue). En comparaison, l’épouvantail, méchant du Batman Begins joué par Cillian Murphy, que l’on voit rapidement dans les premières scènes, fait figure de pantin mou. C’était l’avertissement de la conclusion pessimiste de Batman Begins: une nouvelle génération de monstres débarque à Gotham City et elle est plus hargneuse que la précédente. Le joker a toujours une longueur d’avance: sa capacité à dominer est visuellement traduite par un simple plan où il est seul, réfugié dans un building face aux bateaux qu’il menace de faire exploser. Depuis toujours, que ce soit dans Le prestige ou Insomnia, Nolan est fasciné par le mal et cherche à en retranscrire les escarres en donnant son affection aux «méchants». Et le Joker, grâce à Heath Ledger, est son plus beau méchant. Le plus élégant et le plus bandant.

 

 

S’il n’est pas toujours à l’écran, c’est pour donner plus d’importance à chacune de ses apparitions. Dans The Dark Knight, inutile de préciser qu’elles sont toutes mémorables. Accessoirement, Nolan ne veut pas tomber pas dans l’écueil Burtonien qu’il redoute: donner trop d’importance aux méchants de la saga et ainsi sous-exploiter Batman. Intelligemment, il a utilisé l’obsession mentale du Joker qui peut surgir de manière subliminale, dans la profondeur de champ ou au détour de n’importe quel plan. Ici, il hante l’esprit de tout le monde, comme s’il possédait le don d’ubiquité parce que c’est le plus menaçant de tous et le seul qui ne soit pas schizophrène (donc honnête avec lui-même). Le Joker selon Nolan fait flipper tous les personnages sans exception (l’impuissance de Batman à déjouer ses pièges) mais il fait surtout flipper le spectateur. Chaque phrase qu’il prononce est écoutée avec attention et chacun de ses gestes est étudié avec un incroyable sens du détail par Nolan qui, loin de le cantonner au rôle anecdotique de méchant basique, en fait le vrai moteur dramaturgique de l’intrigue.

 

 

Le Joker devient une sorte de démiurge insaisissable qui déclenche toutes les catastrophes, ravive les sentiments ambivalents de Batman (la question de la justice expéditive étant mis en exergue) et se révèle responsable des misères humaines (c’est lui qui a provoqué la perte de Harvey Dent). Qu’il marche seul face à la caméra comme un Dandy craspec, les épaules voûtées et le pas désinvolte, après avoir généré une explosion monstrueuse derrière lui; qu’il agresse les convives de Bruce Wayne lors d’une soirée mondaine sans faire de valse KimBasingerienne ou qu’il explique le pourquoi de son sourire béant qui le rend si fascinant, Heath Ledger confère une dimension ludique et hallucinante entre Lee Bermejo et The Crow, donne des allures de clown psycho, de diable impoli et déchu errant dans un écrin inerte et angoissé. Il insuffle le mouvement, apporte le degré de folie nécessaire d’un Alan Moore (The Killing Joke, référence revendiquée), provoque d’incroyables ruptures de ton et fait oublier Nicholson. Il contamine Gotham City et contamine le film nimbé dans un étrange état de stagnation, englué dans une torpeur poisseuse. Pour Nolan, c’est lui l’anti-héros de The Dark Knight. Celui qu’il aime sans pouvoir l’avouer parce qu’on ne peut pas célébrer un badguy terroriste et terrorisant dans une grosse production Hollywoodienne. A moins d’ouvrir une nouvelle perspective et de proposer une parabole contemporaine sur l’obsession sécuritaire US?

Harvey Dent devient Double Face: métamorphose psychologique. Puis physique. La contamination du mal selon Christopher Nolan.
A côté de la performance de Heath Ledger qui menace d’éclipser tous les partenaires de jeu, Aaron Eckhart assure le côté le plus ingrat de The Dark Knight, chargé de la dimension tragique de Harvey Dent/Double Face qui passe de gendre idéal à monstre pathétique. Deux personnages propres à l’univers de Nolan, le Joker représentant la manipulation; Harvey Dent, l’obsession, deux sujets fondamentaux dans son cinéma. L’un des aspects les plus réjouissants de The Dark Knight vient de là: en dépit de sa dimension industrielle, il trahit à chaque plan l’identité de son auteur et surtout son état d’esprit. Le réalisateur de Memento a toujours construit ses films sur l’idée que les personnages obnubilés par un événement qui les dépasse finissent par perdre la raison ou devenir double. En cela, il faut repenser à The Prestige, réalisé entre les deux Batman comme une pause récréative, qui jouait sur ces notions complexes sous les oripeaux fantastiques, ou encore à Insomnia, où un flic au passé trouble (Al Pacino) traquait une sorte de double maléfique (Robin Williams) et nouait avec lui un pacte immoral. Dans son premier long métrage, Following, on pouvait voir un autocollant de Batman sur une porte. Détail anodin à l’époque; confirmation aujourd’hui que Nolan était l’homme de la situation. Et c’est là que se situe la grande réussite de The Dark Knight: respecter totalement l’univers de Batman tout en plaquant une sensibilité extrêmement personnelle, incroyablement cohérente, où l’invraisemblable devient vraisemblable.

 

 

Son plaisir coupable consiste à confronter des acteurs venus d’univers différents. S’il semble attaché à Christian Bale et Michael Caine avec lesquels il a également tourné The Prestige, il propose des interactions de comédiens qui provoquent des fulgurances élégantes. Dans Batman Begins, la réunion de Christian Bale, Michael Caine, Cillian Murphy, Gary Oldman, Rutger Hauer, Morgan Freeman et Tom Wilkinson suscitait une réjouissance de cinéphile. Dans The Dark Knight, Maggie Gyllenhaal, Aaron Eckhart et Heath Ledger viennent compléter une distribution de pointures qui n'ont pas été recrutées parce qu’elles étaient à la mode. Mais bien parce que leurs confrontations auguraient des promesses. Comme par exemple Maggie Gyllenhaal, loin de réduire Rachel Dawes à une potiche grimaçante, et Heath Ledger, très attaché à son frère Jake depuis Le secret de Brokeback Mountain. Ce genre de corrélations passionnera ceux qui y sont sensibles. Un détail certes mais qui ajoute au plaisir. Accompagné dans sa progression folle par la bande-son de Hans Zimmer et surtout James Newton Howard, le compositeur attitré de Shyamalan, qui composent des thèmes musicaux en fonction de chaque personnage, The Dark Knight ressemble à un tour d’illusionniste brillantissime où chaque rebondissement ne souffre d’aucune contestation, où chaque audace a quelque chose d’anthologique. C’est beaucoup, c’est presque trop.

 

D'un tel travail, on en sort les yeux rouges. Non pas que le contenu soit déchirant. Juste que l’exigence d’une telle démarche, la manifestation d’un tel respect pour le fan et la concrétisation d’une telle ambition cinéphile peuvent carrément émouvoir aux larmes. Visuellement, Nolan s’est surpassé en corrigeant tout ce que certains lui avaient reproché dans Batman Begins: les scènes d’action un peu trop découpées et illisibles. Ici, elles sont carrément époustouflantes, voire paroxystiques, soutenues par des effets spéciaux au réalisme stupéfiant (l'avenir IMAX). La grande scène du transfert d’Harvey Dent dans les rues de Gotham City témoigne d’ailleurs de cette maestria et de tous les progrès accomplis. Ailleurs, dans des scènes plus dialoguées qui ne réclament pas de mouvements de caméra alambiqués, le cinéaste use d’une grammaire sobre et simple avec juste de légers travellings avant pour se rapprocher des personnages, pas nécessairement les plus emblématiques, seuls dans le cadre, à l’affût d’un événement qui se prépare face à eux et derrière nous, hors champ, avant d'exploser en pleine figure. A chaque fois, ils expriment un regard étrangement mélancolique comme un écho intérieur et cafardeux à l’hypnose des vues aériennes de la ville et des plans larges magistraux. A chaque séquence, qu’elle paraisse anodine ou cruciale, le prodige Nolan déploie une vraie intelligence de cinéma. Grâce à cette intégrité et à cette science, il a orchestré l’adaptation cinématographique de Batman quasi-parfaite. Celle que l’on attendait. Du travail dantesque, noble, fédérateur exécuté avec une connaissance absolue du matériau, qui consolide une mythologie pour la rendre plus addictive que jamais. Une forme d’idéal et de sublime qui passe aujourd’hui pour de la denrée rare.

 

Romain LE VERN

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Les notes des internautes

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halo59 16/12/2011 à 19h46
kaich01ozen 04/07/2010 à 01h36
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