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The Duchess

La critique d'Excessif

2/5
the_duchess L'HISTOIRE : L'histoire de Georgiana, duchesse du Devonshire, une ancêtre de la princesse Diana. Elle vécut de manière extravagante entre intrigues politiques et amoureuses. Elle devint une excellente joueuse de poker et séduisait l'élite britannique mais se ruinait en raison de ses dettes de jeu. Elle connut des hauts et des bas et fut largement caricaturée par la presse britannique.
L’Angleterre du XVIIIème siècle, Georgiana, jeune femme éblouissante de fraîcheur, vive et spontanée, y rêve d’amour lorsqu’elle se voit contrainte par sa mère d’épouser le puissant duc de Devonshire sans l’avoir jamais croisé. Délaissée par cet homme glacial, profondément égoïste, ne voyant en son épouse que la mère qui mettra au monde son futur héritier, Georgiana, blessée, s’éprend passionnément d’un jeune député dont elle soutient avec fougue la campagne politique. Franche, alors que son mari lui impose la présence de sa maîtresse sous son propre toit, elle réclame sa liberté, il la lui refuse et l’enferme dans une funeste prison.

THE DUCHESS
Un film de Saul Dibb
Avec Keira Knightley, Ralph Fiennes, Charlotte Rampling
Durée : 1h50
Date de sortie : 12 novembre 2008

Après un premier long-métrage en 2004, Bullet Boy, Saul Dibb signe ici un touchant portrait, celui d’une femme brisée par des règles sociales endiguant sa liberté, se devant d’être soumise aux volontés de son époux, égoïste, méprisant, injuste, devant accepter avec résignation et silence sa destinée. On se retrouve immédiatement happé par le cheminement de Georgiana, déchirée dans sa féminité et sa maternité, emportée dans la spirale d’une vie qu’elle n’a pas choisie, à laquelle elle tente d’échapper mais y renoncer signifierait abandonner ses enfants. Keira Knightley rend ici avec profondeur la bataille de Georgiana, dont elle a su saisir avec émotion les blessures, les doutes, les espoirs, le cri de la femme, le cri de la mère nous transperce et grâce à la puissance de son jeu, on se sent en empathie avec cette femme sacrifiée, contrainte d’accepter un face à face pénible avec la maîtresse de son mari. Sa prestation est transcendée par l’atmosphère assez bien rendue de cette époque.

Le cinéaste joue habilement sur le frétillement des parures, souligne avec intelligence cette profonde différence entre le paraître et l’intime, entre la splendeur des robes et le vide intérieur, le désespoir des femmes se cachant derrière le faste superficiel de leurs robes, de leurs bijoux, de leurs parures, un faste leur permettant d’échapper à leur vie, d’en oublier l’amère réalité l’espace d’une soirée, emportée dans la turpitude d’une fausse gaieté, une réalité qui les saisit à nouveau immédiatement dès qu’elle ôte le soir ses vêtements, s’imposant ici comme les symboles criants de la fausseté de la vie de Georgiana.

Ce rapprochement est l’un des atouts majeurs du film, marqué, au-delà de la présence des comédiens, par certaines longueurs assommantes. Le cinéaste semble ne pas pouvoir dépasser le simple portrait de cette femme, tenue par la prestation de Keira Knightley, dont la fêlure se trouve cassée très vite par une mise en scène restant terriblement académique et assez poussiéreuse. Le récit ne décolle pas vraiment et Paul Dibb finit par tourner en rond autour de sa comédienne. Dommage, car le personnage est là, il lui manque juste de pouvoir exploser, de pouvoir s’épanouir.

Sophie Wittmer

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