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The Lookout

La critique d'Excessif

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the_lookout_cinefr L'HISTOIRE : Pour le brillant Chris Pratt, la vie était pleine de promesses, jusqu'à ce qu'un accident de voiture le laisse avec des graves séquelles neurologiques. Atteint de pertes de mémoire et luttant au quotidien pour contrôler ses moindres gestes et émotions, sa vie s'effondre et il se résoud finalement à accepter un petit boulot au service d'entretien d'une banque. Gary, un ancien camarade d'école, va l'aider à reprendre pied. Impressionné par son charisme, Chris devient son ami... et se laisse convaincre de l'aider à cambrioler son propre lieu de travail. Lorsque le braquage tourne mal, Chris comprend qu'il a été manipulé. Mais face à ce nouveau coup dur, il va cette fois réagir et tenter de retourner la situation à son avantage...
Alors que le 25ème Festival du Film Policier de Cognac vient de se terminer, sort dans les salles peut-être le meilleur petit thriller de cet été, le genre d’excellente surprise qui risque de passer inaperçue, et en tout cas, qui aurait largement plus mérité sa place à Cognac que bien d’autres (que je ne nommerai pas, bien entendu…), où il aurait fait un concurrent de taille dans la compétition officielle. Et allez savoir pourquoi, on s’en doutait un peu. Déjà, il s’agit du premier film du scénariste de Hors d’atteinte et de Minority report, ce qui n’est pas rien. Bon, par le passé, un tel CV n’a pas systématiquement donné un chef-d’œuvre. Mais là, il y avait un petit je-ne-sais- quoi qui laissait penser que The Lookout (un titre qui va bien aider sa carrière, tiens !) ne pouvait décevoir. Et c’est effectivement le cas : presque un petit bijou.

THE LOOKOUT
Un film de Scott Frank
Avec Joseph Gordon-Lewitt, Jeff Daniels, Matthew Goode, Carla Gugino
Durée : 1h45
Date de sortie : 27 juin 2007


Chris Pratt (Joseph Gordon-Lewitt, un quasi inconnu, ici plus qu’impressionnant) avait tout pour être heureux : étudiant brillant, sportif populaire, issu d’une famille très aisée, tout lui souriait. Jusqu’à ce soir où, avec deux amis et sa copine, tout bascula. En voulant lui montrer les milliers de lucioles éclairant les vastes étendues du Midwest, il éteignit les phares de sa voiture. Et quand il les ralluma, il était trop tard : une moissonneuse en panne en travers de la route, elle, mutilée à vie, ceux de derrière morts, et lui éjecté à dix mètres. Aujourd’hui, Chris est atteint de troubles neurologiques, il ne fixe pas sa mémoire plus de quelques heures concernant son quotidien, il a des accès excessifs pour exprimer ses sentiments, il est devenu un handicapé vivant avec des rêves derrière lui. Colocataire avec un aveugle (Jeff Daniels), il a réussi à trouver un job de nuit dans une petite banque d’une bourgade voisine. Un soir, il rencontre dans un bar une vieille relation d’école, Gary. Avec lui, Chris croit revivre, Gary lui redonnant courage sur certains points de sa vie. Et quand ce dernier lui soumettra l’idée d’un hold-up, Chris acceptera avant de découvrir le véritable visage de son « ami ». Mais il sera trop tard pour reculer, et le prix à payer sera très cher.


Ca commence presque banalement, puis arrive l’accident (qu’on sentait arriver inéluctablement, mais pas aussi violemment que prévu !) et on découvre alors la nouvelle vie de ce qui était quelques minutes avant, le parfait « american boy ». Et Scott Frank de nous présenter des personnages d’une très grande richesse, anti-héros par excellence (un amnésique, un aveugle, une pauvre fille paumée, une belle étudiante physiquement détruite, etc…). Puis il les fait évoluer dans leur quotidien, des plus banals, proche de la vie de tout le monde. Et le film ne s’éloignera jamais de ce point de vue, même quand arriveront les gangsters, le casse, le règlement de comptes. Tout demeure à une échelle « humaine » sans pour autant sombrer dans la morosité ou l’ennui le plus profond (ce dernier cas étant fréquent dans ce genre d’histoires…). Un peu comme si on se retrouvait dans <Fargo auquel on peut songer, via un scénario remarquable où se côtoient à la fois le polar noir, le drame intimiste et l’histoire d’amour. Polar par tout ce qui touche au braquage, drame intimiste avec Chris et Lewis, le colocataire aveugle remarquablement bien campé par un Jeff Daniels excellent, leur quotidien fait de rêves brisés et d’espoirs sans lendemains, et histoire d’amour avec celle que vit Chris qui n’ose plus reparler à son ex depuis l’accident. Il sait ce qu’elle endure, on le découvre dans un rêve, et une love-story impossible vient d’apparaître.


Comme on le voit, The Lookout (non mais, sérieux, personne n’avait songé à un titre français, parce que là…) bouillonne d’idées, trop même, ce qui constitue son plus gros petit défaut. Autrement, rien à dire, et même si Scott Frank manque parfois de maîtrise, de retenue, derrière la caméra, il s’en sort cependant avec bien plus d’honneurs que d’autres supposés plus chevronnés. Loin d’être une mineure sortie estivale, The Lookout constitue un sacrément bon petit polar noir et certainement un des meilleurs de ceux qui vont sortir des tiroirs des distributeurs durant cet été 2007. De prime abord, ça ne paye pas de mine, le titre n’est guère engageant, mais notre instinct nous souffle qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Et pour une fois, c’est plus que vrai.

Stephane Thiellement

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