L'HISTOIRE : La vie n’est pas facile pour Eduard Zuiderwihjk un hollandais de 40 ans, propriétaire d’un restaurant en Afrique et élevant seul son jeune fils de 9 ans, après la mort soudaine de sa femme. The Silent Army n'est qu'un prétexte pour dénoncer maladroitement une situation politique qui s'éternise.
En compétition dans la sélection "Un Certain Regard", The Silent Army est un projet singulier, entièrement porté par un cinéaste hollandais qui a l'Afrique dans les veines. Né à Bukavu au Congo (RDC), Jean van de Velde revient sur les terres de son enfance avec un thriller nerveux et un sujet brûlot : les enfants soldats.
Jean Van de velde a un message, un propos fort, intense, qui aurait mérité un traitement plus subtil. De Shooting Dogs à Blood Diamond, le septième art a récemment planté son drapeau sur les terres africaines avec, de près ou de loin, la même velléité thématique. Voir comment des enfants sont enrôlés de force, obligés d'assister ou de participer au massacre de leur famille, puis dépersonnalisés, terrorisés, a quelque chose de troublant et de terrifiant. Avec un tel sujet, le réalisateur se devait d'éviter la démagogie humanitaire et laisser la fiction brutaliser les spectateurs. C'est raté.
D'une part, il y a ce personnage principal tout droit sorti d'une très mauvaise série B. Comment Jean Van de velde peut-il penser que l'on va croire un seul instant qu'un cuisinier peut se transformer en pseudo Steven Seagal et aller délivrer seul un enfant dans la jungle ? Le manque total de crédibilité de l'entreprise (même si les motivations du protagoniste sont justement posées), ne peut que tomber dans le ridicule. La fin du film est d'ailleurs là pour en attester. Reste des séquences poignantes où le jeune Abu est torturé physiquement et psychologiquement par un gourou forcené, aveuglé par la vengeance. Les jeunes acteurs forment une armée fragile, avec leurs regards perdus, leur innocence meurtrie. Ces chérubins sacrifiés sauvent le film du naufrage.
Si le projet respire la sincérité et prouve un talent certain pour insuffler du drame, The Silent Army n'est qu'un prétexte pour enfoncer des portes ouvertes et dénoncer maladroitement la gravité d'une situation politique qui s'éternise.