1. >
  2. >
  3. >Critique The Wild

The Wild

La critique d'Excessif

0/5
the_wild_z1 L'HISTOIRE :
Attendu à chaque sortie, le nouveau Disney ne manquera de faire grincer les dents des grincheux. Car avant même qu’il ne soit sur les écrans (et par conséquent vu…), The Wild souffre déjà de la comparaison avec un certain Madagascar sorti l’année dernière et dont l’histoire est quasi-similaire, et surtout d’une concurrence acharnée des autres studios d’animation en 3D. Alors, The Wild, réussite ou échec ? Si l’on se place dans le comparatif (attitude de marchand de légumes), évidemment ce film ne peut rivaliser face au génie de Pixar. Si l’on se place du point de vue du public visé, c’est-à-dire le public historique de Disney, les enfants, The Wild n’est pas si mal et ravira certainement les bambins.

THE WILD
Un film de Steve Williams
Avec les voix de Didier Gustin, Emmanuel Jacomy, Kelyan Blanc
Durée : 1h22
Sortie : 12 avril 2006



Samson, le lion du zoo de New York, ne cesse de raconter ses exploits dans la savane face aux gnous à son jeune fils Ryan qui ne parvient même pas à rugir. En pleine rébellion adolescente, ce dernier est embarqué malencontreusement dans une caisse en direction de cette fameuse savane. Accompagné de ses amis du zoo, son père part à sa recherche.

Le virage de la 3D est difficile à négocier pour Disney, dépassé par le talent de Pixar et l’opportunisme de Dreamworks. Sortir The Wild un an après Madagascar, avec quasiment la même histoire et les mêmes personnages, pouvait apparaître presque suicidaire si Disney ne misait sur des ressources esthétiques novatrices et réussies, et sur un fond narratif à forte valeur pédagogique destiné à son public de base : les enfants. Creusant sa propre identité dans la lignée d’un Bambi 2, le studio n’offre pas la même double lecture adulte/enfant que ses concurrents, et s’écarte ainsi du studio Pixar dont les films ravissent petits et grands, ou de Dreamworks axé presque exclusivement sur un public adolescent et adulte. Jonglant entre ses valeurs traditionnelles et l’évolution de l’animation (et par conséquent des goûts du public), la place de Disney n’est pas confortable, et certains pourraient juger le studio has been. Pourtant, le vieux lion rugit encore, et si The Wild n’a rien d’un chef d’œuvre, les petits pas de Disney dans l’animation 3D pourraient reconduire bientôt au lustre des films d’antan.




Et d’abord, grâce à la qualité de l’animation, extrêmement fluide et élégante. Ensuite, la vraie réussite du film, ce sont les graphismes des animaux tendant à un design hyper réaliste très réussi, surtout pour les animaux à poils, faisant de ces derniers de véritables peluches qu’affectionneront immédiatement les gamins. Très habilement, Disney se démarque ainsi des graphismes Pixar ou Dreamworks (à part pour les bousiers, inexplicablement stylisés de façon cartoonesque), dévoilant un savoir-faire technique bluffant (dans l’animation il est incontestablement plus facile de styliser que d’essayer d’être hyper réaliste) et remettant la concurrence à sa place, comme l’atteste ce petit coup de griffe au début du film où les personnages apparaissent stylisés dans un graphisme assez laid avant de se faire voir avec leur véritable design. Habile mais pas inconscient, Disney a aussi la sagesse de ne pas reproduire les erreurs des concurrents, et prenant acte de la laideur des personnages humains ratés de Toy story ou L’Age de glace, le studio s’évertue à faire comme la concurrence et à ne pas trop s’attarder sur les personnages humains, surtout dans une esthétique hyper réaliste. Ainsi, ils sont systématiquement cachés, de dos, ou encore absents comme lors de la cavalcade de nuit dans New York (ce qui est plus pratique pour ne rencontrer aucun homme), et le studio évite de se tirer une balle dans le pied en se concentrant, à l’instar de L’Age de glace 2, uniquement sur les animaux.



Malheureusement, les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’utilisation systématique de personnages animaux dans les films d’animation ces dernières années conduit à retrouver pratiquement les mêmes histoires. Ainsi, en dehors du cas Madagascar qui soit dit en passant est postérieur au projet The Wild, sur le feu depuis neuf ans, et donc plutôt copieur que copié, les histoires avec les animaux commencent à tourner en rond, et l’on retrouve dans le film énormément de thématiques déjà (beaucoup) vues ailleurs. Quelque peu éculées, on retrouvera donc dans The Wild des trames narratives totalement dépourvues d’originalité – il est vrai qu’à part Pixar et le premier Shrek, les scénarios des grands studios d’animation ne brillent pas par leur grande originalité, et ce ne sont ni Astérix et les vikings, ni L’Age de glace 2 qui vont chambouler les codes narratifs établis malgré tout pour des enfants -…. Même constat ici, de la recherche du fils (Nemo), à la mission de sauvetage en groupe (Madagascar, Vaillant), en passant par le culte à l’un des membres de l’expédition (Madagascar, L’Age de glace 2), la notion de chaîne alimentaire (ben oui, ce sont des animaux, chacun ses problèmes… comme dans 1001 pattes) ou la volonté et la difficulté de grandir (Nemo mais aussi le rugissement du Roi Lion). Pourtant, à l’instar de son graphisme, Disney parvient à se démarquer des concurrents dans sa narration. D’abord, parce que son esthétisme étant tourné vers l’hyper réalisme, le scénario ne peut utiliser les mêmes ficelles comiques que Dreamworks, notamment Madagascar dont le graphisme cartoon amenait un déluge de gags ou de compositions visuelles cartoonesques, et relègue alors le comique en arrière plan avec comme seul véritable source le koala Nigel (formidablement bien doublé par Didier Gustin, et vraiment très hilarant, notamment dans ses déboires avec son double en peluche, dont l’énervement ressemble à un second coup de griffe à Pixar et au fameux cowboy qui a un serpent dans sa botte… ce serait trop rêver d’y voir une critique du merchandising…). En conséquence de quoi, les autres personnages, bien plus classiques, voire communs, sont plus porteurs d’émotions et surtout de valeurs, marque de fabrique de Disney. Sans être assénées, ces valeurs morales concernent ainsi tous les personnages, confirmant les vertus éducatives et le public visés par le film, et dégageant des thématiques (un peu) moins convenues (l’amour avec quelqu’un de différent, ben oui presque comme dans Shrek, si les auteurs n’avaient pas assumé qu’à 50% leur postulat de départ), l’idiot pas si bête que cela ou encore, la thématique principale, de loin la plus intéressante, la difficulté de grandir à l’ombre d’une légende… pas tout à fait légendaire… Au-delà des nombreux points communs entre et Madagascar, que même l’idiot du village remarquera, les deux films n’ont finalement pas grand-chose en commun au fond, le premier s’adressant manifestant à des enfants avec des messages éducatifs très présents pendant que le deuxième était du pur divertissement amoncelant gag sur gag.



Il n’en reste pas moins que si l’on excepte ce curieux passage où deux jeunes animaux parlent comme des « jeunes de banlieue », seule fausse note d’un casting de voix remarquable parce que non basé sur des vedettes à côté de la plaque (comme par exemple dans Astérix et les Vikings, mais exception faite de l’excellent doublage de… Madagascar), The Wild est un bon petit film pour vos enfants, que les parents suivront sans déplaisir mais sans grande révélation non plus.

Mag : plus d'actu sur The Wild

Le verdict des internautes

Total des votes : 0

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

logAudience