1. >
  2. >
  3. >Critique Thelma, Louise et Chantal

Thelma, Louise et Chantal

La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film Thelma, Louise et Chantal L'HISTOIRE :

Trois amies, Chantal, Gabrielle et Nelly, sont invitées au mariage d'un ancien amour de jeunesse. Pour se rappeler aux bons souvenirs, elles choisissent de faire le voyage ensemble. Mais le trajet ne s'annonce pas de tout repos...

un très bel hommage rendu à Catherine Jacob, Caroline Cellier et Jane Birkin

Issu de la troupe comique Les Quiches, Benoît Pétré signe aujourd'hui son premier long-métrage solo en tant que réalisateur, Thelma, Louise et Chantal. On se souvient qu'en 2005, il avait d'ores et déjà co-signé le film Foon, comédie totalement décalée sur une bande de jeunes rebelles. Suite à des retours plus que mitigés envers ce drôle d'OFNI, l'homme poursuivit sa carrière avec une certaine discrétion (acteur dans la série Hard ou Mes Stars et moi), avant de revenir à la mise en scène pure et dure. 
 
TROIS COMEDIENNES SUR LE RETOUR AU TOP DE LEUR FORME
Découverte au cinéma dans un film d'Etienne Chatilliez (La Vie est un long fleuve tranquille, 1988, ndlr), Catherine Jacob devint une vedette incontournable dans les années 90 au sein de comédies populaires telles que Tatie Danielle, La soif de l'or, Neuf mois ou bien encore Les Grands Ducs. En 2001, son talent est enfin récompensé par un vrai premier rôle en tête d'affiche, à l'occasion de la toute première mise en scène signée Florence Quentin (ancienne co-scénariste d'Etienne Chatilliez), J'ai faim !!!. Malheureusement, le film essuie un cinglant échec (quelques 500 000 entrées au compteur), entraînant la disparition progressive sur nos écrans de la comédienne qui depuis se contente alors de rôles secondaires, si ce n'est pire. A notre plus grand regret, d'ailleurs. Parallèlement, Caroline Cellier connut un parcours quasi similaire, bien que plus ancien, et n'était pas apparue au générique d'un film depuis 2007 (Jean-Philippe et Fragile(s)), là encore pour des participations extrêmement réduites. Quant à Jane Birkin, elle a toujours su alterner plaisirs scéniques et cinématographiques avec une fascinante régularité.
Aujourd'hui réunies dans ce même long-métrage, sorte de road movie atypique modestement inspiré du célèbre film réalisé par Ridley Scott, Thelma et Louise, Jacob, Cellier et Birkin forment un trio d'abord surréaliste puis rapidement intriguant de par les différentes relations qui les unissent. Bien loin d'être les meilleures copines du monde, ces trois personnages sont en fait sur la corde raide, et ce, dès l'ouverture du film. Au delà de leurs soucis personnels, elles se connaissent assez mal, semblent finalement n'être amies que par principe (seule attache réelle) et ce voyage sera donc pour chacune l'occasion de se dévoiler avant de s'accepter petit à petit. Rien de nouveau à l'horizon, donc. Les révélations et autres règlements de comptes s'enchaînent sans grande surprise, mais les comédiennes y mettent suffisamment d'énergie et de truculence pour nous divertir au plus haut point. Il faut en revanche bien les connaître et les apprécier quelque peu, car elles nous resservent ici leur numéro habituel (qu'elles connaissent à la perfection) : l'allumeuse nymphomane pour Caroline Cellier, l'épouse complexée pour Catherine Jacob et enfin la gentille un peu bébête pour Jane Birkin. Benoît Pétré les filme avec une incroyable passion, teintée d'un regard aussi tendre que drôle sur l'ensemble de leur parcours, nous imposant par conséquent d'innombrables références les concernant. Ce film apparaît alors comme un très bel hommage rendu à ces trois actrices dont la personnalité et la carrière auront définitivement marqué leur époque, mais aussi aux femmes en général qu'elles représentent ici merveilleusement.
Voilà donc au final ce qui rend l'oeuvre particulièrement touchante, et ce ne sont certainement pas les quelques maladresses et autres convenances présentes tout au long de l'histoire qui nous empêcheront de passer un agréable moment.

 


 
UN ROAD MOVIE PIQUANT MAIS QUI MANQUE HELAS DE RYTHME
Comme bon nombre de premiers films, Thelma, Louise et Chantal souffre en effet de naïvetés parfois agaçantes mais toujours inoffensives. Il est vrai que le road movie est un genre devenu peu à peu banal, traité depuis des années à de multiples sauces. S'y attaquer aujourd'hui oblige donc à un certain renouvellement. Malheureusement, Benoît Pétré n'apporte pas beaucoup de nouveautés. La structure du scénario se révèle assez classique : un évènement majeur pousse nos trois héroïnes à quitter leur train-train quotidien, avant de s'aventurer sur les routes et de vivre moult péripéties. Parmi celles-ci, une panne de voiture, la rencontre avec un homme séduisant mais hélas pour elles homosexuel... et ce, jusqu'au mariage de leur ancien amour de jeunesse. Bien évidemment, ce parcours, aussi physique qu'initiatique, permettra à ces trois jeunes femmes d'évoluer dans leurs vies respectives. D'ailleurs, la fin leur augure un avenir hautement plus radieux. On aurait cependant aimé davantage de surprises. Si peu pour arriver à pas grand-chose, on reste finalement sur notre faim.
Au delà de cette construction on ne peut plus traditionnelle, ce qui n'empêche pas son efficacité, l'oeuvre se dote d'une écriture assez osée, notamment dans les dialogues. Ainsi donc, les trois comédiennes principales, ainsi que certains seconds rôles, se voient attribuer une série de répliques d'anthologie, telles que « Franchement, être invitée au énième mariage de mon ex-mari, ça m'emmerde », « Ouh... Il fait chaud... J'ai chaud... Et je me sens toute chaude... », « Enchanté. Bon, ben, je vais devoir vous tirer. - Moi d'abord ! ». Un sérieux coup de jeune dans le cinéma français actuel. Entre Michel Audiard et Bertrand Blier, Benoît Pétré trouve peu à peu son style, et sa plume, de par sa virulence, ne devrait laisser personne insensible. Dommage que l'ensemble du scénario ne soit pas du même acabit.
On rit également devant l'apparition de certaines guests inattendues. N'étant pas annoncées dans le générique d'ouverture, nous préférons vous en laisser la surprise, l'effet n'en sera que plus efficace. En espérant que la promotion ne s'appesantisse pas trop sur le sujet...
 
Thelma, Louise et Chantal est un road movie extrêmement sage, traité à l'ancienne malgré une virulence dans ses dialogues et la caractérisation de quelques personnages. Reste le plaisir de revoir trois comédiennes au charisme et à l'humour ravageurs.

 

 

Gilles BOTINEAU

Mag : plus d'actu sur Thelma, Louise et Chantal

Le verdict des internautes

Total des votes : 18

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

jujulcactus 30/03/2010 à 22h09
rogvu 04/03/2010 à 01h21
logAudience