L'HISTOIRE : Thor, le héros du nouveau film issu de l'univers Marvel, est un guerrier tout-puissant et arrogant dont les actes téméraires font renaître de nos jours un conflit ancestral. A cause de cela, il est banni du Royaume mythique d'Asgard et est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du Mal d'Asgard s'apprêtent à envahir la Terre, Thor découvre enfin ce que signifie « être un héros »
Un film bipolaire dont Chris Hemsworth sort grand vainqueur.
Coup de tonnerre sur grand écran : le plus humain des Dieux d'Asgard arrive dans les salles avec une mythologie indétrônable. Pourtant, Thor semble encore une fois une oeuvre préparatoire, un énième film de super-héros pré-The Avengers qui devrait bientôt rejoindre le collectif de surhommes de chez Marvel. En attendant, on se contentra d'une oeuvre bipolaire : passionnante dans l'enceinte d'Asgard et fainéante sur Terre. Kenneth Branagh avait bel et bien la tête au céleste. Tant pis pour le reste.
Lorsqu'il filme Asgard, le réalisateur trouve un souffle épique monumental. Il préfère donc amplement les divinités des galaxies lointaines aux soubresauts mollassons de la planète bleue. On ne lui en voudra pas, tant les décors d'Asgard et l'interprétation d'Anthony Hopkins fourmillent de nuances et donnent vie au luxueux royaume. Dommage que Kenneth Branagh ne fasse pas de même sur Terre. Entre les amertoiements scientifiques des uns et la rigidité militaire des autres, le réalisateur paraît désarmé et sans passion, même si les rares pointes d'humour font mouche. Heureusement, Thor, c'est avant tout son interprète principal.
Chris Hemsworth sort grand vainqueur du long-métrage. Imposant lors des combats, irrésistible en prince arrogant et crédible en amoureux transi, l'acteur dégage un mélange efficace de bestialité, d'humour et de romanesque. Tout comme Robert Downey Jr dans le rôle d'Iron Man, il incarne le Thor que le public attendait. Avec autant de muscles que de finesse, celui qui a signé pour trois longs-métrages de la licence manie le marteau avec grâce et les mots d'amour avec densité.
Après une bataille glacière et enragée en guise d'introduction, la suite des séquences d'action n'arrive plus jamais à atteindre ce point culminant, plein de fureur et d'audace. Comme paralysé par les nombreux enjeux dramatiques et les rebondissements familiaux, Thor n'offre aucun climax digne de ce nom. Mention spéciale au combat entre Thor et le Destructeur, séquence tout en faux rythme et fausses notes déceptives. Beaucoup de bruit pour rien. Même la musique de Patrick Doyle, qui a fait tellement mieux avec le même cinéaste, n'offre pas de thématique inoubliable. Il ne manque pourtant rien au film : ni le caméo de Stan Lee, ni la bravoure du héros, ni la trahison du frère espiègle. Le plus shakespearien des réalisateurs a seulement mis son immense talent dans un film récréation qui manque d'envergure.
Par Nicolas SCHIAVI
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