Dans un registre proche des Héroïnes de Gérard Krawczyk - amitié fusionnelle déchirée par les rêves de gloire, importance de la musique, Virginie Ledoyen - ce premier long-métrage déborde de sincérité et d'humour. Evidemment, les ficelles sont extrêmement grossières - ça fait partie du jeu - et même avec toute la bonne volonté du monde, il est difficile de ne pas rapidement comprendre où tout ceci va mener. Mais peu importe, Tout ce qui brille est un film aussi innocent que charmant.
S'il y a un reproche qu'il est impossible de formuler contre le film d'Hervé Mimran et Géraldine Nakache - qui y tient un des rôles principaux - c'est la prétention. Ici, pas d'intellectualisation à outrance ou de complexité gratuite. Les choses sont simples, claires, limpides, totalement dévouées au spectateur. Sans pour autant livrer une histoire stérile, les deux réalisateurs utilisent des motifs rapidement assimilables - Prada vs H&M, Neuilly vs Puteaux, culture sophistiquée vs franc-parler, amitié vs utilité - pour tranquillement emporter le spectateur. L'histoire est bien connue - jusqu'où peut-on aller sans se perdre ? L'amitié et l'intégrité ont-elles un prix ? - et les personnages, profondément simples, voire vides (Linh-Dan Pham en ex-mannequin à côté de la plaque), mais le regard posé est d'une telle tendresse qu'il est impossible de les réduire à des êtres unidimensionnels. Et c'est en glissant ponctuellement des indices sur les failles attendues de ces gens que le film gagne en intérêt ; les lettres d'un père absent, l'attente tristement poétique d'une mère délaissée dans le karaoké du quartier, le voisin du dessus qui interpelle à tout-va mais n'arrive plus à s'exprimer lorsqu'une femme lui répond, et même le couple improbable entre Agathe et Joan sont autant de détails disséminés et esquissés qui empêchent
Tout ce qui brille le de virer au mauvais téléfilm.
Sympathique mais finalement oubliable Mais malgré son énergie et ses tentatives décalées - un numéro de silhouettes musicales dans les couloirs du RER de La Défense -
Tout ce qui brille peine à maintenir le cap. Brassant en long, en large et en travers les aspirations sociales et humaines d'un grand nombre de personnages, le film jongle entre le teen-movie, le drame social et la comédie romantique. Une force lorsqu'il s'agit de dépeindre le quotidien de deux jeunes filles en quête d'elles-mêmes, mais une faiblesse quand arrive le générique de fin. Avec lui, le sentiment d'avoir vu un métrage très sympathique mais finalement oubliable. Tout finit presque bien dans
Tout ce qui brille, et c'est certainement là que le film fait fausse route.
Geoffrey CRETE