L'HISTOIRE : Véritable séducteur, Nikki mène une vie facile : belles nanas, grosses voitures et villas de luxe. Tout en multipliant les conquêtes, il se fait entretenir par une riche avocate d'Hollywood, chez qui il passe le plus clair de son temps à faire la fête et à prendre du bon temps. Tout se passe bien pour Nikki jusqu'au jour où il rencontre Heather, une somptueuse serveuse qui lui fait tourner la tête pour de bon. Il commence à croire à l'amour lorsqu'il s'aperçoit qu'elle joue au même jeu que lui ...
Dans la peau de ce gigolo loser, Ashton Kutcher ne se met malheureusement pas assez en danger.
Si le film ressemble à un festival Ashton Kutcher calibré pour séduire un public féminin, il y a David MacKenzie derrière la caméra qui veille à injecter un peu de tristesse et d’amertume dans ce divertissement inoffensif. Autant que possible. Avec cette réunion d’artistes, le programme était potentiellement stimulant. Dans ses précédents longs-métrages, le réalisateur anglais utilisait des subterfuges (l’atmosphère opaque d’adultère meurtrier dans Young Adam et la quête maternelle Hitchcockienne dans My name is Hallam Foe) pour filmer le sexe en instaurant une tension érotique, dévoilant des pulsions obscures et laissant vivre le fantasme jusqu’à l’orgasme coupable. Même s’il n’est pas scénariste, il bénéficie d’un sujet en or (la prostitution) pour répondre à son obsession de cinéaste (pourquoi on baise ?) et d’ausculter la mécanique du désir.
La première partie est peut-être la plus intéressante parce qu’elle épouse le point de vue du personnage incarné par Anne Heche, femme sans enfant qui a tout ce qu’elle désire grâce à l’argent, sauf l’amour. Lorsqu’elle croise le regard du toy boy Kutcher, elle va littéralement se payer ce qui n’a pas de prix quitte à subir des opérations chirurgicales pour conserver son pouvoir de séduction. Le scénario dévie rapidement de cette piste pour s’intéresser à un autre personnage secondaire plus mystérieux et plus roublard que pathétique : une serveuse blasée qui va prendre le toy boy à son propre jeu de séduction. Et bizarrement, il perd de son intérêt en prenant des détours de comédie romantique, finalement proche de la transgression de sitcom à l’eau de rose. Il n’est peut-être pas sûr que MacKenzie aurait suivi la même direction s’il avait été l’auteur du scénario, mais cette expérience reste un bon moyen pour lui de se faire un nom aux Etats-Unis.

Dans la peau d’un gigolo loser qui vit au jour le jour sans penser au lendemain, Ashton Kutcher ose moins se mettre en danger que Ewan McGregor dans Young Adam et Jamie Bell dans My name is Hallam Foe. Pourtant, il reste les intentions louables de jouer avec le corps de l’acteur comme arme séductrice et d’utiliser sa gueule d’ange pour faire diversion. Pendant une demi-heure, la caméra s’attarde amoureusement sur sa plastique pour donner envie à n’importe quelle spectatrice de fantasmer sur lui. Puis, elle prend de la distance et, dès lors que l’acteur révèle des états d’âme de vieil ado largué dans un monde qu’il pensait dominer par son sexe, elle l’oublie. L’intérêt réside dans cette débandade proche du spleen qui remplace ce que l’on pouvait craindre (les blagues potaches, les gags réchauffés) et révèle la véritable fonction du toy-boy : une fois consommé, il n’a plus d’utilité. On repense au film comme à un adolescent dont on aurait sous-estimé la mélancolie.
Ashton Kutcher et Jennifer Jason Leigh seront les stars d'une comédie indépendante et très porté sur le sexe nommée Spread (littéralement, "la propagation"...). La boîte de production Katalyst ...