La critique d'Excessif

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traffic L'HISTOIRE : Le Président des États-Unis nomme un juge de la Cour Suprême de l'Ohio, Robert Wakefiel, à la tête de la lutte antidrogue. Cependant, ce conservateur découvre que sa propre fille, Caroline, est toxicomane. A San Diego, Helena Ayala mène une vie paisible avec son riche mari Carlos. Mais celui-ci est arrêté, accusé d'être un puissant caïd de la région. Du jour au lendemain, Helena se retrouve sans le sou. La seule façon d'assurer l'avenir de l'enfant qu'elle porte en elle, c'est d'écouler à son tour le stock de poudre blanche.
Les agents infiltrés de la Drug Enforcement Administration, Montel Gordon et Ray Castro, appréhendent le trafiquant Eduardo Ruiz, un subalterne de Carlos qui promet de témoigner contre lui à la Cour. Les deux officiers sont chargés de sa protection.
Au Mexique, le policier Javier Rodriguez travaille sous les ordres du général Salaza. Confronté à la tentation de l'argent, Javier résiste, mais la corruption le conduit à une situation intenable.
Après Erin Brockovich, Steven Soderbergh continue sur sa lancée des grands sujets de société. Après l'eau contaminée , c'est au tour de la drogue de lui valoir une deuxième nomination aux oscars en temps que meilleur réalisateur de l'année.

TRAFFIC
2000
Réalisation de : Steven Soderbergh
Acteurs : Michael Douglas, Don Cheadle, Benicio Del Toro, Luis Guzman, Dennis Quaid, Catherine Zeta-Jones, Erika Christensen, Tomas Milian, Miguel Ferrer, Steven Bauer, Amy Irving, Jacob Vargas, Benjamin Bratt, James Brolin, Albert Finney et Salma Hayek.
Durée : 2h25
Sortie le : 07 mars 2001

Il n'est pas étonnant de voir cette fenêtre sur le monde qu'est le cinéma s'intéresser au problème de la drogue, symptôme de la maladie qui ronge nos sociétés modernes. Mieux, il apparaît tout à fait évident que ce monde du trafic visuel et sonore vienne porter son attention sur cet autre trafic (il y eut avant celui des esclaves noirs et de l'alcool, il y a aussi aujourd'hui celui des femmes, des organes ou bien des enfants), véritable révélateur du (dys)fonctionnement de la démocratie et ses institutions, dans ses possibilités comme ses limites.

Plus encore, questionner la réalité du marché de la drogue et la guerre qu'elle implique, c'est questionner la réalité de la société moderne dans son ensemble, c'est-à-dire son mode d'existence, son être au monde organique. Et quoi de mieux pour cela qu'un film-choral à la manière d'un Magnolia ou d'un Short Cuts, investissant chacun des aspects de la filière, donc quelques-uns des organes de ce corps-monde, tissant le lien entre une multiplicité de personnages et de destins, mosaïque riche et complète, prisme idéal par lequel ce monde se donne à voir et déchiffrer un peu.

Dévoilement, justement, il n'est question que de cela au cinéma. Un couple de flics mexicains se bat contre un cartel (Obregon) et en installe un autre malgré lui. De l'autre côté de la frontière, deux agents infiltrés de la DEA (les stups) font la guerre au même cartel et arrêtent l'un de ses barons. D'abord effondrée, son épouse, mère d'un enfant et enceinte d'un autre, se ressaisit et entame une lutte pour la survie de sa famille. Au même moment, un juge de la Cour Suprême de l'Ohio, récemment nommé par le Président à la tête de la lutte anti-drogue, découvre que sa fille est une toxicomane.

Autant d'existants (Dasein) qui chantent leur spécificité pour mieux célébrer leur humanité. C'est encore et toujours la même histoire : la tragédie humaine, éternel recommencement. Aucune autre issue que la mort. Pour orchestrer ce choeur, au sein duquel règnent la disharmonie et l'hétérogénéité (individualité des parties et des situations), pour un chant pourtant lui harmonieux et homogène (unité du monde) -Magnolia avait d'ailleurs osé illustrer cela de la plus belle manière dans son avant-dernière bobine - le réalisateur a choisi de cadrer et photographier lui-même. Une caméra au poing qui se veut documentaire, une image dépouillée et sans ambages, témoin d'une vérité saisie sur le vif.

Trois univers esthétiques, trois styles visuels de texture et de tonalité distinctes (en gros, bleu pour les USA, jaune pour le Mexique, neutre pour la frontière) pour simplifier la compréhension par identification instantanée des lieux. Et Steven Soderbergh de filmer les flux et reflux de ces cellules et ces organes qui sont la matière même du monde.

Les instruments sont excellents, la partition bien composée, les musiciens admirables, le maître doué. Pourtant, maîtrisé de bout en bout, film-somme sans la moindre faille, film-dossier qui tape dans le mille, ce parfait Traffic manque l'essentiel, le hors-champ découvert est incomplet : émotion ? Le mélo s'est fait la malle. La musicalité s'est perdue en chemin. La vérité est moins belle. La mélodie s'est appauvrie, le chant s'est fait plus sourd et plus éteint. Où se sont envolées les âmes ?

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Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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