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Troupe d'élite - L'ennemi intérieur

La critique d'Excessif

4/5
Affiche Troupe d'élite - l'ennemi intérieur de José Padilha L'HISTOIRE :

S'il ne combat plus aux côtés des forces d'intervention du BOPE, le bataillon des opérations spéciales de police, le colonel Nascimento continue d'en diriger les troupes et c'est à lui que revient la charge de mettre un terme à une émeute dans la plus grande prison du Brésil. Malgré lui, l'affaire s'achève dans un bain de sang. Mais alors qu'il s'imaginait perdre sa place, voire même être condamné à la prison, Nascimento est en fait récompensé d'une promotion grâce au soutien de l'opinion publique. Une situation qu'il voit d'abord d'un mauvais oeil, pensant avoir été banni derrière un bureau. Très vite néanmoins il comprend que cela lui donne accès à une criminalité qu'il n'imaginait pas, et qu'il va pouvoir ainsi continuer son combat contre le "système"...

Le film s'impose comme un complément indispensable à son prédécesseur

Bien qu'on aurait pu le prendre pour un opportuniste surfant sur la vague de La Cité de dieu, José Padilha avait prouvé avec son Troupe d'élite (2007) qu'il avait également des choses à dire quant aux favelas et - plus encore - qu'il savait comment les exprimer, sa réalisation n'ayant rien à envier à celle de Fernando Meirelles en termes d'inventivité et de nervosité. Le voir pourtant enchaîner sur la suite, Troupe d'élite - l'ennemi intérieur, semblait un faux-pas dans sa jeune carrière, la marque d'une autre forme d'opportunisme teintée de fainéantise. Sauf que son nouveau métrage n'est pas le bête film d'action qu'on veut nous vendre et encore moins la redite d'un discours aussi percutant qu'abrasif, loin de là. Celui-ci se propose en fait de poursuivre la réflexion de l'original en l'étendant aux hautes sphères du pouvoir, sur les traces du colonel Nascimento (Wagner Moura, toujours autant sur la brèche) qui a désormais quitté le BOPE pour s'installer derrière un bureau où il découvre une toute autre forme d'illégalité, mais pas sans lien avec celle qu'il combattait dans les rues. La gangrène de la corruption politique et les excès des puissants, le "système" comme aime à le nommer le personnage principal. Et maintenant qu'il a progressé dans son raisonnement, le réalisateur brésilien peut se permettre de choisir un camp, n'en rendant que plus prégnants son message et son engagement face à la situation catastrophique qu'il dépeint depuis le début de sa filmographie.

 
Image Troupe d'élite - l'ennemi intérieur de José Padilha

 

Comparé alors au premier Troupe d'élite, ce déplacement vers d'autres strates de la criminalité ne va pas bien sûr sans des coupes dans l'action, l'objectif étant davantage de voir comment racket et politique se nourrissent mutuellement. Padilha n'en oublie pas pour autant de nous coller à notre siège lors de quelques séquences impitoyables de tension, en particulier une émeute en prison ouvrant le métrage comme un coup de pompe au cul (le monteur Daniel Rezende est une nouvelle fois de la partie). Néanmoins, là où il confirme tous les espoirs que nous placions en lui en tant que cinéaste, c'est dans le fait que sa mise en scène s'adapte aux nouvelles attentes du scénario sans rien perdre de sa vivacité, la quête du réalisme ne se défaisant pas d'une cinématographie aussi bien inspirée par Martin Scorsese (l'introduction à la Casino) que la série The Shield. Loin d'être donc une suite au rabais, Troupe d'élite - l'ennemi intérieur s'impose comme un complément indispensable à son prédécesseur et entérine la consécration d'un artiste à suivre décidément de près.

 

MURIOT Benjamin

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    Musique

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