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Un été italien

La critique d'Excessif

3/5
Affiche Un été italien L'HISTOIRE : Chicago, une mère de famille décède dans un accident de voiture, laissant derrière elle deux jeunes filles et un mari. Ce dernier, dans l’espoir de faire le deuil de sa femme, décide de partir vivre une année entière à Gênes en Italie, accompagné de ses enfants. Arrivé sur place, le trio s’installe dans un appartement meublé au cœur de la ville. C’est l’été qui commence et cette famille amputée tente tant bien que mal de jouer le jeu… Mais les fantômes du passé ne cessent de ressurgir et mettent en péril un équilibre déjà bien fragile ...
Michael Winterbottom fait désormais partie de ces réalisateurs dont chaque projet est attendu par les cinéphiles du monde entier. Entré au panthéon de « ceux-qui-comptent » depuis sa collaboration avec Angelina Jolie pour Un cœur invaincu, qui revenait sur la tragique disparition du journaliste Daniel Pearl en 2002, le réalisateur anglais vient de présenter au 19ème festival du film britannique de Dinard son nouveau cru mettant en scène Colin Firth, en proie au fantôme d’une femme disparue et cherchant à créer l’illusion d’une nouvelle vie de famille avec ses deux filles. Pudique, révélant peu à peu les traumatismes d’une terrible disparition au sein de ce trio touchant, Un été italien parvient sans fioritures ni excès mélodramatiques à nous émouvoir… Et ce malgré les quelques longueurs qui viennent parfois ponctuer le film.

UN ETE ITALIEN
Un film de Michael Winterbottom
Avec Colin Firth, Catherine Keener…
Durée : 1h50
Chicago, une mère de famille décède dans un accident de voiture, laissant derrière elle deux jeunes filles et un mari. Ce dernier, dans l’espoir de faire le deuil de sa femme, décide de partir vivre une année entière à Gênes en Italie, accompagné de ses enfants. Arrivé sur place, le trio s’installe dans un appartement meublé au cœur de la ville. C’est l’été qui commence et cette famille amputée tente tant bien que mal de jouer le jeu… Mais les fantômes du passé ne cessent de ressurgir et mettent en péril un équilibre déjà bien fragile.

Le cinéma néo-réaliste italien est sur le retour… Et c’est un Anglais qui tente, en 2008, de le réhabiliter. Caméra au poing, équipe de tournage ultra-réduite, chronique du quotidien et décors naturels, Un été italien est la synthèse d’un art populaire, au plus proche de ses acteurs, de son sujet et de ses ambitions, qui tente de nous conter à l’aide de moyens spartiates une histoire bouleversante. Epousant une forme proche du documentaire, explorant à la fois les multiples facettes de la cité italienne et les nouveaux liens qui se créent entre les membres d’une famille déchirée, Winterbottom fait dans l’économie de moyens pour mieux toucher le cœur de son sujet. Et le pari se tient… Faisant appel au plus british actor de la planète, j’ai nommé Colin Firth, le cinéaste se promettait un challenge de taille pour nous faire oublier l’image un peu lisse et froide d’un comédien talentueux au jeu parfois trop théâtral. C’est chose faite. Mettant de côté cette assurance désinvolte qui le caractérise dans la plupart de ses films, Colin Firth efface son charisme pour mieux faire briller ses émotions et, par son agréable retrait, parvient à mettre en valeur l’authenticité de l’entreprise. Pierre angulaire d’un joli trio se composant également des deux jeunes comédiennes, Perla Haney-Jardine et Willa Holland , Firth remballe ses tics de jeu et déballe une incroyable discrétion… C’est tout à son honneur.

Michael Winterbottom, à l’instar de son délicat Un Cœur invaincu qui ne cherchait jamais à nous tirer les larmes, parvient à nous faire pénétrer l’intimité de ses personnages sans verser dans le mélodrame… Si parfois quelques climax dramatiques semblent artificiels et redondants, l’état psychologique des personnages et plus particulièrement de la plus jeune des deux filles, Mary, parvient à excuser ces rares écarts de scénario. Mais au-delà de ce léger manque de réalisme et des quelques longueurs du film, notons que par un savant dosage des émotions et une propension à la suggestion, Un été italien laisse plusieurs portes ouvertes sur les personnages et leurs blessures. Simplement, joliment, Winterbottom raconte comment les pansements de cette famille vont peu à peu se décoller. Que ce soit doucement, dans la souffrance, l’incompréhension ou la peur. Ainsi, le cinéaste trace un portrait de l’enfance endeuillée particulièrement édifiant mêlant un certain goût mesuré pour le fantastique au réconfort le plus trivial… La benjamine se perd en suivant le fantôme de sa mère tandis que la seconde découvre sa sexualité. Le père, dépassé par les évènements, décide quant à lui de les laisser vivre et d’intervenir discrètement. Et tout ce petit monde, malgré les rancœurs et un secret pesant entre les deux sœurs, tente tant bien que mal de reprendre goût à la famille.

Un été italien est certainement l’une des plus belles surprises de ce festival de Dinard 2008… Le film, tourné en catimini et à vitesse grand V, brille par sa discrétion et son humanité, tout en gardant une véritable identité visuelle. Un portrait de famille tout ce qu’il y a de plus banal où la superficialité du quotidien devient l’ingrédient essentiel d’une profonde réflexion sur l’amour entre les êtres du même sang… Michael Winterbottom, une fois de plus là où on ne l’attendait pas.

Kevin Dutot

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