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Un monde à nous

La critique d'Excessif

0/5
un_monde_a_nous_cine L'HISTOIRE : Noé entre en 6ème en même temps qu'il découvre une nouvelle ville et une nouvelle maison dans laquelle il vient d'emménager avec son père, Marc. Coaché par son père, Noé assume un entraînement intensif de sport de combat. Et Marc n'hésite pas à le mettre en situation d'attaque. Ils sont en danger, il doit être prêt à répondre à la moindre agression.
Tout en gardant le secret sur sa "double vie", Noé doit apprendre à se faire une place dans son nouveau collège. Il se lit d'amitié avec Marine, une jeune fille pleine d'énergie. Noé découvre un monde dont la vision était jusqu'ici façonnée par son père. Un père si proche et pourtant si mystérieux. Entre eux, c'est une histoire de complicité et d'affrontements.
Ce n’est pas la première fois que Noé et son père Marc changent de ville. Ce dernier les croit en effet menacés et, dès leur arrivée dans ce nouveau patelin, continue de former son fils tant spirituellement que physiquement à l’éventualité d’une soudaine attaque. Noé est ainsi sans cesse sur le qui-vive, chaque passant étant un ennemi potentiel. Mais transféré dans une nouvelle école en cours d’année, Noé reste un enfant et se fait rapidement de nouveaux amis. Parmi eux, Marine semble le prendre sous son aile alors qu’il la sauve plusieurs fois de camarades violents. Perdu entre un monde jusqu’ici défini par la prudence excessive d’un père cherchant à tout prix à faire profil bas, et l’envie de ne pas passer à côté d’amitiés rassurantes et d’une liberté nécessaire, Noé va commencer à questionner ses acquis et son approche de la réalité.

UN MONDE A NOUS
Un film de Frédéric Balekdjian
Avec Edouard Baer, Anton Balekdjian, Nassereba Keita, Philippe Lefrebvre, Mariame Gaye
Durée : 1h30
Date de sortie : 16 Juillet 2008

Second film du réalisateur Frédéric Balekdjian après Les Mauvais Joueurs en 2005, Un Monde à Nous marque la volonté de Chez Wam, la société de production d’Alain Chabat, de s’éloigner un peu de l’habituelle comédie afin de diversifier la nature de ses productions. Autant l’avouer immédiatement, le pari est emporté haut la main alors que le métrage, dense et lisible, happe son spectateur dès les premières minutes. On y découvre ici un Edouard Baer plus sombre qu’à l’accoutumée, l’ancien trublion de Canal + délaissant le ton ouvertement comique de La Bostella et de Mensonges et Trahisons et plus si affinités pour incarner un père mystérieux et toujours sur le qui vive. Un personnage qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la Sarah Connor de Terminator, tant par son côté parano que par l’entraînement que les deux personnages font subir à leur progéniture en vue d’une éventuelle menace à venir.

Cependant, pas de science fiction ici, et c’est plutôt dans le registre du film d’enfance que le métrage va jouer ses cartes alors que, baladant avec efficacité son audience entre le thriller nerveux (et à ce titre, la mise en scène énergique du réalisateur est diablement exaltante) et le drame psychologique, le métrage reste tout de même l’aventure d’un jeune garçon qui va, au contact d’un nouveau monde aguicheur, remettre en jeu la perception de ce qui l’entoure. Issu de l’esprit du scénariste de bandes dessinées Fabien Vehlmann (qui partage avec l’excellent dessinateur Bodard la paternité du très bon Green Manor), l’intrigue tendue et riche d’Un Monde à Nous s’attarde en effet sur cette découverte de l’inconnu avec un œil innocent et avide de réponses et d’expériences tandis que la proximité d’enfants de son âge va faire sortir le jeune garçon d’un placard psychologique poussiéreux.


Incarné par le très bon Anton Balekdjian, qui prouve qu’être le fils du réalisateur n’empêche pas d’avoir du talent, Noé fait ainsi appel à son instinct et, face à un père concerné et presque tyrannique, est rapidement amené à s’émanciper et à affronter ses démons. Comme chaque enfant, il redouble d’inventivité afin d’échapper à la surveillance de son paternel et tente de profiter un maximum d’une liberté qu’il va tout faire pour acquérir, tandis que le sombre passé familial va rapidement refaire surface. Jouant sur la retenue et le réalisme, le film livre, via une mise en scène sensitive et parfois viscérale, un récit poignant et efficace, couronné par une fin qui, aussi sensée qu’émotionnellement forte, aurait peut-être gagné à être plus soulignée. Mais au diable la fine bouche, et savourons cette belle perle qui prouve une nouvelle fois qu’il existe en France des réalisateurs doués qui ne demandent qu’à exprimer un talent indéniable.

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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