L'HISTOIRE : Noé entre en 6ème en même temps qu'il découvre une nouvelle ville et une nouvelle maison dans laquelle il vient d'emménager avec son père, Marc. Coaché par son père, Noé assume un entraînement intensif de sport de combat. Et Marc n'hésite pas à le mettre en situation d'attaque. Ils sont en danger, il doit être prêt à répondre à la moindre agression.
Second film du réalisateur Frédéric Balekdjian après Les Mauvais Joueurs en 2005, Un Monde à Nous marque la volonté de Chez Wam, la société de production d’Alain Chabat, de s’éloigner un peu de l’habituelle comédie afin de diversifier la nature de ses productions. Autant l’avouer immédiatement, le pari est emporté haut la main alors que le métrage, dense et lisible, happe son spectateur dès les premières minutes. On y découvre ici un Edouard Baer plus sombre qu’à l’accoutumée, l’ancien trublion de Canal + délaissant le ton ouvertement comique de La Bostella et de Mensonges et Trahisons et plus si affinités pour incarner un père mystérieux et toujours sur le qui vive. Un personnage qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la Sarah Connor de Terminator, tant par son côté parano que par l’entraînement que les deux personnages font subir à leur progéniture en vue d’une éventuelle menace à venir.
Cependant, pas de science fiction ici, et c’est plutôt dans le registre du film d’enfance que le métrage va jouer ses cartes alors que, baladant avec efficacité son audience entre le thriller nerveux (et à ce titre, la mise en scène énergique du réalisateur est diablement exaltante) et le drame psychologique, le métrage reste tout de même l’aventure d’un jeune garçon qui va, au contact d’un nouveau monde aguicheur, remettre en jeu la perception de ce qui l’entoure. Issu de l’esprit du scénariste de bandes dessinées Fabien Vehlmann (qui partage avec l’excellent dessinateur Bodard la paternité du très bon Green Manor), l’intrigue tendue et riche d’Un Monde à Nous s’attarde en effet sur cette découverte de l’inconnu avec un œil innocent et avide de réponses et d’expériences tandis que la proximité d’enfants de son âge va faire sortir le jeune garçon d’un placard psychologique poussiéreux. 
Enfant éclectique du Cinéclub, de Starfix et des Cahiers du cinéma, Frédéric Balekdjian avait déjà surpris son monde il y a quelques années en signant le très intéressant polar de genre Les Mauvais ...