L'HISTOIRE : Paris, 1910. Une étrange créature terrifie la Capitale. Emile et Raoul, deux hommes que tout oppose et que rien ne prédispose à l'aventure, se retrouvent propulsés dans la chasse au Monstre. Une épopée virevoltante qui les conduira à se découvrir eux-mêmes, trouver l'amour et faire voler en éclat les apparences. Car le Monstre est-il celui que l'on croit ? Un film charmant mais pas exploité totalement
Le cinéma d'animation français passe en douceur à la 3D avec le troisième film d'Eric "Bibo" Bergeron, Un monstre à Paris. Après deux longs-métrages produits par Dreamworks (La route d'Eldorado, Gang de requins), le réalisateur revient dans son pays natal et nous offre un petit bijou d'animation en même temps qu'un bel hommage à Paris. Et puisqu'à présent un film d'animation réussi passe aussi par les voix de ses personnages, Eric Bergeron s'acoquine avec deux rêveurs de la scène musicale, la douce Vanessa Paradis et son double masculin, Mathieu Chedid, pour la version française. 
Paris 1910. Deux amis, l'un timide et gaffeur, l'autre extraverti mais tout aussi gaffeur (doublé par le drôle et méconnaissable Gad Elmaleh), se prennent pour le docteur Frankenstein et ils créent par mégarde un monstre qui ne tarde pas à terroriser toute la ville. Mais un monstre n'est pas toujours ce qu'il semble être et peut cacher une sensibilité à fleur de peau. Une amitié naît alors entre cette bestiole, qui s'avère brillante dès qu'elle effleure une guitare et la chanteuse de cabaret qui la cache et la protège de la malveillance et de la brutalité des hommes. Sous cette histoire presque banale de lutte entre le bien et le mal, Eric Bergeron transporte alors le jeune spectateur au cœur d'une aventure rocambolesque au cœur d'un Paris sous l'eau et rythmé par les voix et les chansons ensorcelantes de Vanessa Paradis et Mathieu Chedid. Preuve encore une fois que le duo peut tout faire, de l'enregistrement d'un album génial à l'aventure du Soldat Rose en passant par le film d'animation.
Si le scénario de Un monstre à Paris est délicieux et l'animation sublime et lumineuse, reste qu'il manque une étincelle pour que la magie opère complètement. La galerie de personnages secondaires n'est pas assez exploitée, tout comme les notes d'humour, qui feront fondre les plus petits mais qui auront du mal à arracher un rire franc aux parents. Un monstre à Paris est un petit éclat de poésie charmant, un long métrage très frais mais qui, à l'inverse d'un Shrek ou d'un Toy Story, ne touchera que les plus jeunes. Dommage...
Anaïs ORIEUL
Événement incontournable du monde de l'animation, le festival d'Annecy proposait cette année encore un programme extrêmement dense, permettant de prendre le pouls d'une industrie de plus en plus foisonnante.