L'HISTOIRE : Alors que la jeune Anna doit faire sa confirmation, dernière étape dans son engagement catholique, ses parents se séparent. En plein désarroi, sa mère trouve refuge auprès d'un prêtre et ami d'enfance. De son côté, Anna cherche du réconfort auprès de son grand-père mourant. Elle va se rapprocher aussi de Pierre, un jeune adolescent hermétique à toutes formes de religion... Un troublant désir naît chez la jeune fille qui va ébranler sa foi...
Le film évite la mièvrerie larmoyante et l'exercice de style froid et aseptisé.
Pour son premier film, Katell Quillévéré dépeint avec finesse les affres du tourment qui habite une jeune adolescente tiraillée entre sa foi et son désir naissant pour un garçon plus âgé qu'elle. Un thème classique qui a le mérite de planter son décor dans un village provincial avec des personnages issus de la middle class. On est loin du carcan nauséeux parisien et ses histoires bourgeoises cloisonnées au 16e dont les productions françaises se font l'apanage.
En outre, la cinéaste décline avec une acuité rare la chanson de Gainsbourg à laquelle le titre du film se réfère sans tomber ni dans la mièvrerie larmoyante ni dans l'exercice de style froid et aseptisé. Malgré un rythme parfois atone, la mise en scène transporte sans mal le public dans la province française, le tout servi par des acteurs convaincants… On reste marqué par l'interprétation de Galabru en papy blasphématoire et par Clara Augarde au visage si changeant qu'elle bascule de l'enfant à la jeune adolescente en un simple regard.
Gwenael TISON