La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Un soir au club L'HISTOIRE :

Demain, Simon doit rentrer de Bretagne à Paris pour aider son fils à déménager. Mais avant de partir, on lui propose de boire un verre dans un club de jazz. Dans la pièce sombre traversée par les bandes de lumière fluorescentes, un groupe joue, la musique touche Simon, l'atteint profondément. C'est tout son passé qui revient à lui dans ce club, qui le submerge.

Jean Achache s’est lancé dans une adaptation terriblement casse-gueule d’un roman de Christian Gailly et c’est un plaisir d’avouer qu’il s’en sort très bien. Le livre est sorti en 2002, a reçu les prix Livre Inter et les éloges de quelques journalistes dithyrambiques. Raconter dans un film le bouleversement nocturne d’un homme blessé sur fond de musique jazz a tout du pari risqué. Et pourtant…

UN SOIR AU CLUB
Un film de Jean Achache
Avec Thierry Hancisse, Elise Caron, Marilyne Canton
Durée : 1h30

Demain, Simon doit rentrer de Bretagne à Paris pour aider son fils à déménager. Mais avant de partir, on lui propose de boire un verre dans un club de jazz. Dans la pièce sombre traversée par les bandes de lumière fluorescentes, un groupe joue, la musique touche Simon, l’atteint profondément. C’est tout son passé qui revient à lui dans ce club, qui le submerge.



L’accessibilité d’Un soir au club, malgré une intrigue tenant sur un confetti, est sans doute liée au doux cocktail de concrétude et d’envoûtement qu’il offre au spectateur. On a parfois le sentiment d’être hors du monde. Cependant le lieu est défini ; nous sommes dans le Finistère, au bout du monde ? En tout cas loin de Paris où est restée Suzanne, la femme de Simon. Même la capitale n’apparaît pas grouillante de vie et de Parisiens. Les lieux sont vidés de leurs foules. C’est en tordant les détails de la réalité que le cinéaste plante son monde.

Un des personnages du film est indubitablement le jazz. Il n’est pas qu’un ingrédient, et c’est là le principal défi. Or, Achache sait filmer la musique. C'est-à-dire que la musique est le maître mot de l’univers qu’il met en place et qu’elle influence tout le reste de la mise en scène. Elle est mise en valeur par un éclairage sombre percé de tâches de lumières fluorescentes ; les ombres sur les visages soulignent l’émotion née par la musique tout comme ces nombreux gros plans sur les corps des personnages. Simon est incarné par Thierry Hancisse, talentueux sociétaire de la comédie française. On ne peut s’empêcher de penser qu’Achache a été séduit non seulement par le jeu puissant du comédien mais aussi fortement par l’aspérité de son visage qu’il filme souvent de très près. Ses paupières lourdes, ses lèvres charnues et ses rides aux coins de la bouche portent l’intensité du bouleversement vécu par le personnage.

Le réalisateur accompagne le spectateur dans cette histoire dont on a compris qu’elle était plus de l’ordre des sentiments que de l’action. Sa caméra est un regard confortable, une main qui amène doucement l’attention du spectateur d’un point à un autre, discrètement, des mains au visage, crée la tension.



Un spectateur accompagné mais qui dispose dans le même temps d’un espace immense de liberté proposé par les longs passages musicaux. Nul besoin d’être fan de jazz pour apprécier. Le film offre le temps de ressentir, le temps de savourer lorsqu’on est envahi par ce mélange sonore et visuel. La tension émotionnelle s’entremêle avec les morceaux et pénètre le spectateur. La musique ne perd pas le récit, l’histoire se poursuit et l’on est un peu déçu que la tension soit parfois perdue par la romance. Cependant Achache est guidé dans son œuvre non seulement par la musique mais surtout par la vie, la pensée, le changement, l’amour et la douleur. C’est ce qui construit l’intrigue et fait que même au sortir du club le film conserve sa puissance émotionnelle.

Tard dans la nuit, alors que le club s’est vidé, Debbie, la chanteuse de jazz, fait remarquer à Simon « le public est parti. » Soupir ironique de l’artiste : « Le public… ». Est-ce que, comme son personnage, Achache ne se soucie pas de son public ? En tout cas, il lui fait du bien.

Le verdict des internautes

Total des votes : 12

Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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