Préquelle guerrière et moyenâgeuse d’
Underworld,
Underworld 3 : le soulèvement des lycans revient sur les origines de la guerre des Vampires contre les Lycans déjà évoquée dans le premier opus. Si le destin funeste de la fille de Viktor nous est donc déjà connu, l’intérêt de ce film reste donc tout relatif et n’apporte rien d’original à la saga, ni personnages nouveaux ni intrigue saisissante. Surfer sur la popularité de l’univers d’
Underworld risque fort de tarir toute possibilité de suite lorsque l’on entraîne les spectateurs vers ce type de spectacle sans surprise. Un pressage de citron qui avait déjà nuit au second opus avec ses incohérences et ses intrigues faciles trop vite expédiées. Le premier opus avait à sa façon apportée une sorte de sang neuf aux films de vampires, un sang dont le goût a vite tourné à l’âpreté à cause d’une écriture peu exigeante.

Alors que reste t-il dans Underworld 3 ? Pas grand-chose si ce n’est le retour du sadique vampire Viktor campé par le toujours très inspiré Bill Nighy. Si son jeu manque quelque peu de nuances, son aplomb et son look restent un modèle du patriarche vaniteux et froid. Les traits émaciés de son visage et la coupe soignée de ses habits font de lui l’aristocrate par excellence, un aristocrate qui malgré ses yeux d’un bleu limpide n’entrevoit pas encore sa chute future mais prévisible. De retour également, Michael Sheen qui reprend ici son rôle de Lucian laissé de côté dans le second volet. Chevelu et le corps saillant, on a du mal à reconnaître l’incroyable acteur de Frost Nixon, l’heure de vérité. Si dans celui-ci l’acteur étonne par la composition de son jeu, force est de constater que l’exigence était moindre sur Underworld 3. La simplicité du récit dessert son personnage qui passe de l’esclave dévoué au rebelle agitateur dans une sorte de revirement idéologique dont seuls les politiciens peu farouches connaissent le secret. Enfin la figure de Sonja, juste entrevue dans le premier film, prend ici les traits de la magnifique Rhona Mitra. Son visage possède ce charme et ce charisme des meneurs mais le film fait d’elle un personnage trop délaissé, insuffisamment exploité. Si elle compense sans mal l’absence de Kate Beckinsale, l’actrice n’a pas la chance d’avoir dans cette préquelle un rôle aussi fort que sa prédécesseur.

Au poste de commande, l’on retrouve le spécialiste français des effets spéciaux Patrick Tatopoulos dont c’est le premier long-métrage en tant que réalisateur après un passage derrière la caméra pour son court-métrage
Bird of passage en 2000. Spécialiste des maquillages et autres créatures fantastiques, on lui doit entre autres le design des monstres de la version américaine de
Godzilla, des extra-terrestres d’
Independence day ou encore de l’esthétique originale des dieux de
Stargate. Manifestement plus doué dans ce domaine de création, la mise en scène d’
Underworld 3 est particulièrement plate et impersonnelle. L’image, constamment baignée dans les tons bleus sombres et noirs, dissimulent certes certaines faiblesses des images de synthèse mais témoigne d’une paresse d’imagination partagée par les sous-productions hollywoodiennes en matière de films fantastiques. Pas grand-chose à sauver donc dans ce troisième volet qui boucle la boucle avec la scène finale dont la voix-off tente de nous convaincre d’un possible retour de la franchise d’ici peu, histoire d’en savoir un peu plus, cette fois, sur l’enfance de Selene et comment elle devint vampire.

David A.