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Une famille brésilienne

La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film Une famille brésilienne L'HISTOIRE :

Sao Paulo, une ville aux contours d'une terrible noirceur, étouffée par une pauvreté générant une très grande violence, chacun cherchant à s'en sortir. Cleusa, femme de ménage, y élève seule ses quatre garçons nés tous de pères différents qu'ils ne connaissent pas. Enceinte d'un cinquième enfant, elle mène sa vie courageusement, entourant affectueusement ses enfants, les protègeant et s'efforçant de leur inculquer certaines valeurs fondamentales, à commencer par l'honnêteté et le respect d'autrui. Au-delà du lien les unissant à leur mère, ces quatre frères évoluent différemment, nourrissent leurs propres rêves, cherchent leur identité et tentent d'avancer, mais au cœur de cet univers rongé par une crise sociale oppressante, il est devenu difficile de se construire. Dario l'aîné voudrait mener une carrière de footballeur, Dinho s'est laissé entraîner par une soudaine et intense ferveur religieuse qui finit par le désarmer, Denis, déjà père d'un petit garçon s'efforce de gagner dignement sa vie mais il se laisse dépasser par la misère qui l'entoure et Reginaldo, le plus jeune, erre désespérément à la recherche de son père qu'il pressent être un chauffeur de bus.

Le film, tourné caméra à l’épaule, est d’une grande finesse
Décidément depuis mercredi nous allons de surprise en surprise et pour le moment aucun film ne nous a déçus, drame futuriste avec Blindness, drame politique avec Valse avec Bachir, drame familial avec Les trois singes, drame social avec Linha de passe ou drame féminin avec Leonéra, en passant par une comédie plus légère et plus sensuelle avec le film de Woody Allen présenté hors compétition et l’irrésistible Panda campé par Jack Black, ce Festival 2008 se poursuit agréablement.


Près de 12 ans après Terre Lointaine, qu’ils avaient déjà réalisé ensemble, Walter Salles et Daniela Thomas dressent un état des lieux, dense et vibrant, du Brésil, en soulignent l’évolution, les contradictions, se penchent sur le portrait d’une nouvelle jeunesse confrontée en permanence à l’urgente bataille de la vie. Plutôt que de s’arrêter sur la brutalité des jeunes, certes réelle mais très souvent traitée, les deux cinéastes s’arrêtent ici sur le cheminement de personnages menés par leurs espoirs, cherchant à aller de l’avant, à trouver une issue pour s’en sortir, le foot et la religion étant deux des voies les plus évidentes pour s’exprimer et évoluer. Ils ne cherchent nullement à masquer les problèmes, dans son ensemble le film n’est guère lumineux, mais laisse une part à la tendresse, à l’émotion, la volonté de chacun des personnages, l’amour qui les porte, s’ouvrant sur une échappée positive. Les comédiens, faisant pour la plupart leurs premiers pas devant la caméra, débordent de sincérité, de simplicité naturelle, on les sent brisés au fond d’eux-mêmes, dépassés par l’agressivité à laquelle ils sont quotidiennement confrontés et leurs blessures, exprimées avec beaucoup de pudeur, nous renversent.


Techniquement le film, tourné caméra à l’épaule, est d’une grande finesse, chaque plan nous rapproche des personnages, de leurs troubles, et dans l’utilisation des profondeurs de champs, les cinéastes isolent chaque individu avec justesse afin de nous faire ressentir avec pertinence leur solitude, leur fuite marginale.


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