L'HISTOIRE : Un père vient à Hong Kong pour venger sa fille, victime de tueurs à gages. Sur son passeport est marqué "cuisinier". 20 ans plus tôt, il était tueur professionnel.
Une réunion paresseuse de tueurs parfaitement habillés
Depuis The Mission, premier film de Johnnie To à avoir été distribué en France, le cinéaste jouit d'une aura certaine auprès des cinéphiles adeptes des gunfights magnifiés et des pauses de gansters Armani. Le réalisateur qui tourne plus vite que son ombre est de retour en compétition officielle, quatre ans après Election. Il n'est pas seul et a embarqué dans Vengeance l'idole des jeunes : Johnny Hallyday. Deux icônes, un choc culturel. Était-ce vraiment nécessaire ?
Il vous faudra avoir le coeur léger en allant voir la dernière oeuvre du cinéaste chinois. Prendre ce petit moment de cinéma comme une récréation fainéante sera la seule échappatoire possible. Si la maîtrise formelle est intacte, si le sens du rythme n'étonnera personne, Vengeance se vit comme une énième copie de copie de copie d'un film de Johnnie To. Très franchement, mieux vaut revoir The Mission ou Fulltime Killer, plutôt que cette réunion paresseuse de tueurs parfaitement habillés. Le long-métrage est traversé par tant de facilités scénaristiques, par tant d'absurdités de ton (malheureusement, on ne rit pas avec mais de), que les sympathiques trouvailles visuelles (la scène de la décharge) ne peuvent le sauver du ridicule.
Johnny Hallyday est égal à lui-même : charisme impeccable, regard acéré, silhouette magnétique. Le problème, c'est que l'interprétation du chanteur n'est clairement pas à la hauteur de son aura. C'est un problème majeur, car on reste très vite de marbre face à sa vendetta personnelle. Noir, il n'y a plus d'espoir. Le pire, c'est que Johnnie To en rajoute dans la débandade, coinçant son personnage principal avec un problème de mémoire majeur. Un jeu de mémento fantaisiste s'installe alors, provoquant un rire contrarié et une surenchère de dérapages humoristiques. Ou alors, tout ceci n'est qu'une vaste blague, relayée par le rire enfantin du dernier plan...
A l'occasion de son apparition dans le prochain Tony Scott, retour sur la carrière cinématographique du géant Johnny Hallyday au travers de cinq films.