Il aura certainement fallu la sortie du dernier film de Michel Gondry pour que VHS Kahloucha puisse profiter d’une (discrète) sortie en salles... On remercie alors le réalisateur de
Be kind Rewind qui permet donc à Néjib Belkhadi de nous montrer ce documentaire léger et pétillant qui retrace une étonnante aventure : celle d’un tournage hors du commun, un film « suédé » tunisien réalisé et monté par les habitants de la banlieue de Sousse. Au-delà des carcans sociaux, des conventions et de la misère économique, le projet se monte doucement mais sûrement avec la participation hilarante de toute la communauté. Fraîchement estival, terriblement sympathique...
VHS KAHLOUCHAUn film de Néjib Belkhadi
Avec Moncef Kahloucha...
Durée : 1h20
Date de sortie : 16 Juillet 2008
Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment, tourne des fictions hilarantes en VHS avec l'aide des habitants du quartier populaire Kazmet à Sousse (Tunisie). Il produit ses films, les réalise et y incarne toujours le rôle principal. Un documentaire sur ce passionné un peu dingue qui réussit toujours à monter ses oeuvres... Certains films restent longtemps dans les tiroirs avant de débarquer sur les écrans et prennent les voies des festivals pour se montrer aux quatre coins de la planète... Dommage car il arrive que quelques petits films méritent amplement le coup d’oeil et nous offrent, le temps de quelques dizaines de minutes un spectacle humble, humain et profondément attachant. VHS Khaloucha date de 2006 et arrive enfin sur les écrans français... Dans ses ambitions modestes, le documentaire de Belkhadi rend hommage à un dingue du cinéma, un fou d’action-movie et d’horreur old school qui s’amuse dans son bled à tourner de manière amateur mais avec tout le professionalisme qu’il peut des films divers et variés inspirés des grands classiques Hollywoodiens. Entre Dracula, Tarzan ou quelconque acteur musclé, Moncef Kahloucha exprime sa rage de vivre et sa passion à travers du cinéma de potes tourné avec les moyens du bord (un cadreur de mariages fait office de cameraman ...).

On suit donc à travers plusieurs jours l’élaboration du film « Tarzan des Arabes » en compagnie de son réalisateur, ses acteurs et toute la clique. Allant chercher son équipe dans les rues de Sousse où il trouve sa comédienne principale, son gros mafieux ou son cascadeur, Moncef élabore un vrai film de cinéma et son dynamisme communicatif fait monter l’excitation au sein d’une communauté sévèrement touchée par le chomâge. Ce père de famille, peintre en bâtiment et cinéaste en herbe, tente alors d’imposer ses parti-pris artistiques, son scénario, à des acteurs parfois réticents et réalise lui-même ses propres cascades. Un Superman tunisien qui dans sa volonté de réaliser ses rêves tente d’offrir joie, intensité et enthousiasme aux habitants de son quartier... Hilares, émus mais toujours prêts à participer à ces petites aventures les sortant du quotidien, les hommes et femmes de Sousse bouleversent leurs habitudes pour faire de ce film le meilleur.

Touchant dans son approche de l’homme, véritable documentaire faisant autant état d’un triste constat social que d’une rage de vivre partagée par tous,
VHS est une petite bulle d’air particulièrement libératrice dans ses derniers instants où dans un éclat de rire général, le spectateur se surprend à regarder son voisin, le sourire accroché jusqu’aux oreilles. Et ça fait du bien...
Kevin Dutot







