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VHS Kahloucha

La critique d'Excessif

3/5
vhs135ok L'HISTOIRE : Grand fan des films de genre des années 70, Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment, tourne des fictions hilarantes en VHS avec l'aide des habitants du quartier populaire Kazmet à Sousse (Tunisie). Il produit ses films, les réalise et y incarne toujours le rôle principal.
Ses tournages sont l'occasion, pour les habitants de son quartier, d'échapper à leur quotidien morose et de vivre des instants intenses, de la préparation jusqu'à la projection dans le café du coin.
Notre caméra a suivi Kahloucha pendant qu'il bouclait son dernier opus : Tarzan des arabes.
Moncef Kahloucha gagne sa vie comme peintre en bâtiment. Mais ses activités sont loin de s'arrêter à couvrir les murs de blanc. Il y projette surtout bien des couleurs. Car Moncef Kahloucha est cinéaste à ses heures, mais aussi acteur, décorateur, producteur, graphiste, distributeur, exploitant, etc. Films de gangsters, remake pittoresque de Tarzan intitulé , Tarzan des arabes, tous les genres sont sollicités, au même titre que ses voisins et amis, leur maison et leur mobilier, enrégimenté s pour la cause. Toujours tournés dans son village avec les moyens du bord, les films sont projetés, le montage achevé, aux spectateurs du cru avant que les cassettes ne circulent jusque dans les chambres des exilés, hilares de reconnaître leurs familiers sous divers accoutrements. Si dans ce premier film, Nejib Belkadhi rend hommage à la passion du cinéma, il célèbre surtout l'énergie dont une population a décidé de s'enrichir, refusant par le rêve, l'astuce et la joie, l'oppression de la misère ...
Il aura certainement fallu la sortie du dernier film de Michel Gondry pour que VHS Kahloucha puisse profiter d’une (discrète) sortie en salles... On remercie alors le réalisateur de Be kind Rewind qui permet donc à Néjib Belkhadi de nous montrer ce documentaire léger et pétillant qui retrace une étonnante aventure : celle d’un tournage hors du commun, un film « suédé » tunisien réalisé et monté par les habitants de la banlieue de Sousse. Au-delà des carcans sociaux, des conventions et de la misère économique, le projet se monte doucement mais sûrement avec la participation hilarante de toute la communauté. Fraîchement estival, terriblement sympathique...

VHS KAHLOUCHA
Un film de Néjib Belkhadi
Avec Moncef Kahloucha...
Durée : 1h20
Date de sortie : 16 Juillet 2008

Moncef Kahloucha, peintre en bâtiment, tourne des fictions hilarantes en VHS avec l'aide des habitants du quartier populaire Kazmet à Sousse (Tunisie). Il produit ses films, les réalise et y incarne toujours le rôle principal. Un documentaire sur ce passionné un peu dingue qui réussit toujours à monter ses oeuvres...

Certains films restent longtemps dans les tiroirs avant de débarquer sur les écrans et prennent les voies des festivals pour se montrer aux quatre coins de la planète... Dommage car il arrive que quelques petits films méritent amplement le coup d’oeil et nous offrent, le temps de quelques dizaines de minutes un spectacle humble, humain et profondément attachant. VHS Khaloucha date de 2006 et arrive enfin sur les écrans français... Dans ses ambitions modestes, le documentaire de Belkhadi rend hommage à un dingue du cinéma, un fou d’action-movie et d’horreur old school qui s’amuse dans son bled à tourner de manière amateur mais avec tout le professionalisme qu’il peut des films divers et variés inspirés des grands classiques Hollywoodiens. Entre Dracula, Tarzan ou quelconque acteur musclé, Moncef Kahloucha exprime sa rage de vivre et sa passion à travers du cinéma de potes tourné avec les moyens du bord (un cadreur de mariages fait office de cameraman ...).


On suit donc à travers plusieurs jours l’élaboration du film « Tarzan des Arabes » en compagnie de son réalisateur, ses acteurs et toute la clique. Allant chercher son équipe dans les rues de Sousse où il trouve sa comédienne principale, son gros mafieux ou son cascadeur, Moncef élabore un vrai film de cinéma et son dynamisme communicatif fait monter l’excitation au sein d’une communauté sévèrement touchée par le chomâge. Ce père de famille, peintre en bâtiment et cinéaste en herbe, tente alors d’imposer ses parti-pris artistiques, son scénario, à des acteurs parfois réticents et réalise lui-même ses propres cascades. Un Superman tunisien qui dans sa volonté de réaliser ses rêves tente d’offrir joie, intensité et enthousiasme aux habitants de son quartier... Hilares, émus mais toujours prêts à participer à ces petites aventures les sortant du quotidien, les hommes et femmes de Sousse bouleversent leurs habitudes pour faire de ce film le meilleur.

Touchant dans son approche de l’homme, véritable documentaire faisant autant état d’un triste constat social que d’une rage de vivre partagée par tous, VHS est une petite bulle d’air particulièrement libératrice dans ses derniers instants où dans un éclat de rire général, le spectateur se surprend à regarder son voisin, le sourire accroché jusqu’aux oreilles. Et ça fait du bien...

Kevin Dutot






Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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