La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film Vincere L'HISTOIRE : Dans la vie de Mussolini, il y a un lourd secret que l’histoire officielle ne raconte pas : une femme, Ida Dalser, et un enfant, Benito Albino – conçu, reconnu puis désavoué. Ida rencontre Mussolini de manière fugace à Trente et en est éblouie. Elle le retrouve à Milan où il est un ardent militant socialiste qui harangue les foules et dirige le quotidien l’Avanti. Ida croit en lui, en ses idées. Pour l’aider à financer le Popolo d’Italia, point de départ du futur parti fasciste, elle vend tous ses biens ...
Lorsque la guerre éclate, Benito Mussolini s’engage et disparaît de la vie de la jeune maman, qui découvrira avec stupeur qu’il est déjà marié avec une autre femme. Ida n’aura dès lors de cesse de revendiquer sa qualité d’épouse légitime et de mère du fils aîné de Mussolini, mais sera systématiquement éloignée de force et son enfant mis dans un institut. Pourtant, elle ne se rendra jamais et ne cessera de revendiquer haut et fort sa vérité.
Vincere a tout d'un opéra

Marco Bellocchio et le festival de Cannes, c'est une longue histoire d'amour. C'est la sixième fois qu'un film du réalisateur concourt pour la Palme d'Or, lui qui ne l'a d'ailleurs jamais remportée. Seul Le sourire de ma mère est reparti avec un Prix de la Croisette, c'était en 2002. Le cinéaste italien qui a souvent suscité la controverse revient donc une énième fois dans le sud de la France pour présenter Vincere, qui ne devrait pas laisser insensible les amoureux d'un cinéma libre et provocant.


 

 



Vincere a tout d'un opéra. D'abord, la musique de Carlo Crivelli transcende chaque espace temps de la pellicule. Elle donne à l'image le souffle nécessaire pour s'émanciper de l'Histoire et apporter à la dramaturgie une qualité fictive et baroque indéniable. Ces éruptions sonores fusionnent à merveille avec le regard de braise d'Ida Dalser (Giovanna Mezzogiorno, aussi belle que magnétique), de son amour fou pour Mussolini jusqu'à son abandon. Marco Bellocchio prend le temps de montrer l'emprise érotique du meneur politique sur une âme esclave, désireuse, humide de désir. Ida Alder se laisse absorber par le corps de son amant, soumise et transie.

Lorsque le futur Duce la quitte, l'acteur disparaît, comme absorbé par les coulisses pour laisser place au vrai Mussolini, dans des images d'archives qui se fondent à la perfection dans le style de Bellocchio. Il renaîtra plus tard, sous la forme de son fils qu'il ne reconnaîtra pas. Une façon pour l'excellent Filippo Timi d'interpréter Benito Mussolini père et fils avec jubilation. De même, le réalisateur utilise une masse d'images qui relancent dramatiquement le récit, et peut-être à l'excès diront certains (en vrac Christus, Le Kid, Le cuirassé Potemkine...).

 

 

 

 La beauté intrinsèque de Vincere (Vaincre) réside donc dans ce combat acharné pour la vérité. Ni les instituts psychiatriques, ni l'enlèvement de son fils adoré ne feront plier Ida Dalser. La voir lutter avec acharnement, mourir un peu plus à chaque plan, a quelque chose de bouleversant.
"Ne m'oubliez pas", dit-elle : sa dernière phrase sonne le glas d'une voix de l'ombre, enterrée sous l'aura fasciste pendant plusieurs années. Elle fait également naître celle d'un peuple. C'est elle qui vainc.

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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