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Voyage au centre de la Terre

La critique d'Excessif

3/5
voyagecentreterre_vign23 L'HISTOIRE : Trevor est un scientifique un peu farfelu dont les théories sur les mouvements sismiques font doucement rire ses estimés confrères, surtout depuis que son frère - et collègue de recherche - a disparu corps-et-bien il y a quelques années. Quand sa belle-soeur lui confie la garde de son neveu qu'il n'a pas vu depuis des années, la cohabitation s'annonce rude mais, très vite, tous deux sont intrigués par un exemplaire de "Voyage au centre de la Terre" ayant appartenu autrefois au disparu. Un livre dans lequel ils retrouvent des indications étranges menant tout droit à l'Islande où se trouverait, comme il est dit dans le livre, l'entrée vers le centre de la Terre. Bien décidés à percer ce mystère, ils partent tous deux pour les terres du Nord et, après avoir engagé une jolie jeune guide, s'engagent dans les dédales du ventre de la Terre...
Quand les images de synthèse firent leur apparition dans les années 80, elles n'étaient encore que le lieu d'une expérimentation utilisée avec parcimonie (exception faite avec Tron, bien sûr), pour contourner certaines lacunes des tournages dont les effets mécaniques et autres trucages visuels montraient alors leur limite. On se souvient tous, par exemple, de l'homme-vitrail de Le Secret de la pyramide, ou bien des transformations successives de la sorcière Fin Raziel dans Willow (le tout premier morphing, pour info). Pourtant, ce n'est qu'au début des années 90 que l'industrie hollywoodienne comprit tout l'intérêt de ces images. Non pas sur un plan artistique, mais bien sur le plan de la communication, de la vente auprès du public. Car parler du nombre de CGI que l'on avait dans son film, à l'époque, était synonyme d'en prendre plein les mirettes, de rester scotché devant le potentiel du cinématographe. Puis, comme tout mouvement induit par la nouveauté, le phénomène s'est essoufflé, les images de synthèse se sont démocratisées et plus personne n'est désormais abasourdi de voir des dinosaures plus vrais que nature ou bien un homme de métal changer d'apparence. Sous l'impulsion de James Cameron, un nouveau procédé est alors à l'étude dès le début des années 2000, un système qui renouerait avec la projection 3D d'antan mais d'une façon bien plus efficace. Toujours dans cette idée d'en mettre plein les yeux du spectateur, de lui offrir ce qu'il ne pourra retrouver dans le confort de son salon. Et si Cameron est bien celui qui a majoritairement développé cette technologie qui s'inspire de la stéréoscopie, ce n'en est pas pour autant son Avatar qui jouira de la primeur de cette nouvelle technologie puisque, en plus de la ressortie de L'Etrange Noel de Monsieur Jack et autres La Légende de Beowulf, c'est bien Voyage au centre de la Terre qui sera le premier film live à bénéficier de cette nouvelle technologie (mettons de côté les concerts). Alors on se cale bien dans son fauteuil, on enfile ses lunettes et en route pour l'aventure !

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE
Un film de Eric Brevig
Avec Brendan Fraser, Josh Hutcherson, Anita Briem, Giancarlo Caltabiano, Garth Gilker, Kaniehtiio Horn
Durée : 1h32
Date de sortie : 16 juillet 2008


"Trevor est un scientifique un peu farfelu dont les théories sur les mouvements sismiques font doucement rire ses estimés confrères, surtout depuis que son frère - et collègue de recherche - a disparu corps-et-bien il y a quelques années. Quand sa belle-soeur lui confie la garde de son neveu qu'il n'a pas vu depuis des années, la cohabitation s'annonce rude mais, très vite, tous deux sont intrigués par un exemplaire de "Voyage au centre de la Terre" ayant appartenu autrefois au disparu. Un livre dans lequel ils retrouvent des indications étranges menant tout droit à l'Islande où se trouverait, comme il est dit dans le livre, l'entrée vers le centre de la Terre. Bien décidés à percer ce mystère, ils partent tous deux pour les terres du Nord et, après avoir engagé une jolie jeune guide, s'engagent dans les dédales du ventre de la Terre..."

Il est bien évident que le film, en tant que premier représentant de cette nouvelle génération de longs-métrages projetés en trois dimensions (beaucoup sont encore à suivre), va consister pour grande part en une démonstration technique. Nous ne serons donc pas étonnés de retrouver à la réalisation, en la personne de Eric Brevig, un ancien superviseur des effets spéciaux sur de nombreux blockbusters, s'étant fait la main dans les secondes équipes de certains de ces films. Quelqu'un en mesure de gérer le défi technique que va représenter ce tournage d'un nouveau genre, qui devra être pensé davantage en termes de profondeur de champs pour user au mieux de sa nouveauté, et qui se pliera à un cahier des charges bien précis sans trop rechigner. Mais nous y reviendrons plus tard.


Pour l'instant, intéressons-nous donc aux manifestations de cette 3D avec, en premier lieu, les divers effets-chocs directement hérités des spectacles type EuroDisney et autres Futuroscope comme le démontre leur sophistication et leur gratuité la plus totale - on va même jusqu'à nous refaire le coup de la balade dans le wagon fou. Pourtant, puisque cela fait malgré tout plaisir (on est plus ou moins venus pour ça, quand même) et participe entièrement de l'esprit fun du film, nous ne nous en plaindrons pas plus pour nous concentrer sur un petit regret, réel celui-là : la sensation que le relief est parfois un peu oublié au cours des péripéties. Un comble, qui peut tenir à des cadrages sans profondeur de champs, des éclairages ne départageant pas suffisamment les différents éléments à l'image, peut-être même un défaut des lunettes ; mais les faits sont là : sur certains passages, l'efficacité de cette technologie n'est pas des plus évidentes. Dommage, surtout quand il s'agit de scènes comme la chute dans le puit sans fond (enfin, presque) qui aurait pourtant été l'ocasion d'un pur ride. Reste que Voyage au centre de la Terre profite de suffisamment d'autres scènes magnifiées par la 3ème dimension - la découverte du centre de la Terre, pour ne citer qu'elle, où nous avons vraiment l'impression d'y être - pour nous contenter tout notre saoul, rapport à ce qu'il en est de s'en prendre plein les mirettes.


Malheureusement, un film ne peut se contenter de cela et nous ne pourrons éviter de noter que Voyage au centre de la Terre présente ses limites dès lors que l'on se penche sur son scénario. S'il met ainsi en place quelques idées qui auraient pu être sympathiques une fois développées (la dualité entre l'oncle et le neveu pour le coeur de la jolie guide islandaise, la relation entre le livre de Jules Verne et la réalité), il les abandonne sans plus de concertation ou bien les sous-emploie. Le plus révélateur étant très certainement la façon dont la raison même de l'aventure, la quête qui est mise en branle, va être balayée en quatre, cinq minutes situées au beau milieu du récit. Dès ce moment, l'intrigue est en roue libre et se fond sur de nouveaux enjeux qui, s'ils ne manquent pas d'intérêt ou de logique, participent néanmoins de cette impression générale que nous n'avons là qu'un scénario prétexte à un enchaînement de morceaux de bravoure. Le rythme de la péloche est donc excellent, on ne s'y ennuie pas une seconde, mais l'ensemble manque d'âme à force d'être pensé en termes d'efficacité. Nous revenons ici au réalisateur qui doit faire ses preuves et est donc plus maléable, un yes-man appliqué mais prêt à sacrifier son scénario sur l'autel d'une logique mercantile qui en manque parfois justement, de logique. Le spectateur ne s'y implique donc jamais vraiment, il reste émotionnellement extérieur alors que, ironiquement, il devrait être projeté au coeur de l'histoire grâce au procédé 3D.


Malgré cette lacune assez importante, nous ne retirerons pas toute la sympathie que nous avons pour un film qui souffre en fait des défauts de ses qualités, à savoir la primauté sur le terrain du film live en 3D ou bien encore sa nature de montagne-russe (une expression parfois galvaudée mais qui trouve ici une illustration littérale) sur pellicule. Véritable attraction de parc de loisirs, il contient nombre d'éléments plaisants - la multiplication des péripéties et le rythme qui en découle, la présence d'un Brendan Fraser à la croisée de La Momie et George de la jungle et, bien sûr, l'aspect fun de la 3D - qui finissent par emporter notre adhésion et faire de ce Voyage au centre de la Terre un excellent divertissement estival. Un parfait petit apéritif en attendant le long-métrage qui saura trouver l'équilibre entre le fond et la forme, entre l'avancée du média et la tradition du récit. En attendant Avatar ?

PitouWH



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    Réalisation
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    Musique

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