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Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou

La critique d'Excessif

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wetgmysterelapgarz2 L'HISTOIRE : Une "fièvre végétarienne" intense règne dans la petite ville de Wallace et Gromit, et l'ingénieux duo a mis à profit cet engouement en inventant un produit anti-nuisibles humain et écolo, qui épargne la vie des lapins. L'astuce consiste simplement à capturer, à la main, un maximum de ces rongeurs et à les mettre en cage.
A quelques jours du Grand Concours Annuel de Légumes, les affaires de Wallace et Gromit n'ont jamais été aussi florissantes, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un lapin-garou géant ne venait soudain s'attaquer aux sacro-saints potagers de la ville. Pour faire face à ce péril inédit, l'organisatrice du concours, Lady Tottington, se tourne vers nos deux "spécialistes" et leur demande d'appréhender le monstre.
Voilà seize longues années que le britannique Nick Park envoya sur la lune les deux plus fidèles représentants des studios Aardman. Seize ans que l'inventeur déjanté Wallace se goinfre de fromage sous l'œil protecteur du chien Gromit. Seize ans que des milliers de fans de part le monde se repassent en boucle, et sans se lasser, leurs aventures trépidantes, bijoux d'humour à la fois burlesques et odes aux premières amours cinématographiques muets. Et surtout seize interminables années d'attente pour voir enfin débarquer sur grand écran l'épisode ultime qui conciliera les fans de la première heure aux novices les plus honteux.

Entrée en matière non seulement convaincante de A à Z, mais surtout un premier levé de rideau, qui à 24 heures d'intervalle avec la projection des Noces funèbres, rendrait presque déjà obsolète le dernier bébé de Burton. Wallace et Gromit, ou comment le petit cinéma de divertissement peu donner des leçons aux plus grands.

WALLACE ET GROMIT : LE MYSTERE DU LAPIN-GAROU
Un film de Nick Park et Steve Box
Avec les voix de : Peter Sallis, Helena Bonham-Carter, Ralph Fiennes
Durée : 1h25
Sortie : 12 octobre 2005

Travaillant à leur compte dans la SARL Anti-Pesto, Wallace et Gromit chassent nuits et jours des colonies de lapins ayant envahis leur petite ville et qui sèment la terreur dans les jardins. Non pas qu'ils soient cruels, mais ces derniers menacent fortement les nombreux potagers entretenus pour le grand concours de la carotte d'or organisé chaque année. Une chasse au rongeurs qui aurait très bien pu se passer si Wallace n'avait pas cherché à en lobotomiser un et par erreur en faire un monstre démoniaque menaçant les courgettes les mieux protégées…


Seize années de patience donc, dont onze de longue réflexion quant à l'intérêt d'une adaptation et surtout une vraie inquiétude quand au rythme. A savoir si 90 minutes d'un programme aurait la même fraîcheur que des modules de 25 fonctionnant au poil. Réflexion, budget, association avec Dreamworks et première déconvenue avec Chicken Run. Non pas que cette rigolote relecture de La grande évasion soit un mauvais film, mais la sauce prend difficilement. La faute à un scénario diablement linéaire, aux détails trop lisses et à l'entrain un peu tardif refroidissant les fans de l'inventeur fou dont la seule sortie sur grand écran en France remonte désormais à une bonne dizaine d'année lors d'un programme réunissant les trois petits films. Pourtant nous y sommes enfin et un bref regard en arrière, bien au-delà des cocottes, nous montre que rien n'a changé.
Nick Park est à nouveau en grande forme !


Comme reflétant son propre processus technique, et toujours à l'instar des courts-métrages précédents, Wallace et Gromit et le mystère du Lapin-Garou reste une mécanique bien huilé d'une précision académique à l'humour typiquement cartoonesque, mais qui n'oublie pas de rester flegmatique pour autant. Et donc, forcément britannique. On n'est pas chez Tex Avery, les personnages ne s'étalent pas de toute leur longueur après une chute – pourtant la pâte permettrait de nombreux essais du genre – et Park préfère suggérer la violence physique de ses protagonistes plutôt qu'essayer de nous faire rire gratuitement à grands coups de tarte à la crème dans la figure. L'ingéniosité et l'humour ici résident surtout dans la manière d'éviter la dite tarte, et à l'instar d'un Buster Keaton, de faire sans cesse retomber sur leurs deux pieds (ou quatre pattes) des personnages sur le fil du rasoir dans un ballet typiquement musical. Un jubilatoire esprit de film muet qui pour une fois n'en n'est plus vraiment un. Ou presque.


En effet, et c'est le prix à payer pour un format long affublé d'une histoire constamment touffue, le film se montre plus bavard qu'à l'accoutumé. Sans réellement en effacer toute la magie, nous y perdons néanmoins quelque peu ces petits déjeuners où tout n'était que jeu de regards et Wallace déblatère ici un peu plus sur la manière de capturer les gentils lapinous ainsi que sur Lady Torrington, jeune châtelaine fringuée comme une carotte dont il tombe éperdument amoureux. Nous y gagnons en revanche une interprétation sympathique, puisque c'est Helena Bonham Carter (décidément sur tous les coups) qui prête sa voix à la prétendante escortée pour l'occasion par Ralph Fiennes dans la peau d'un Allan Quatermain de pacotille. Un belle teigne accompagné lui aussi d'un toutou hargneux, pour un face à face forcement détonnant.


Une foule de nouveaux personnages qui n'en règle que mieux l'horlogerie suisse de l'histoire à tiroirs, où comment un gag en entraîne un autre à l'instant T pour faire mouche au bon moment avec une précision millimétrique. Et ce durant le film dans son intégralité sans retomber un seul instant.

Signature immuable à Nick Park, le crescendo évolue comme toujours à la manière d'une chute de sucres qui passe petit à petit du rythme pépère au final totalement déjanté atteignant ici des sommets. Plus fort encore, le réalisateur nous offre son remake de King Kong avant l'heure. Quoi de plus naturel finalement pour un film tourné en stop motion ? Technique irréprochable au service de poursuites en voitures, en avions, et en ballon sauteur dans un costume de Lapin-Garou femelle pour un résultat dépaysant où le cinéma d'animation reprend des rennes qui lui glissent entre les doigts.

Trois fois plus long mais cent fois plus bon, Wallace et Gromit le mystère du Lapin-Garou redonne un sérieux coup de peps aux films d'aventures en y injectant la folie douce et l'émerveillement nécessaire pour nous figer un sourire toute la journée qu'on jurerai taillé dans de la pâte à modeler. Grandiose !

Retrouvez sur les pages suivantes une petite galerie d'images du film.

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