L'HISTOIRE : Qu'avons-nous fait des acquis du Conseil National de Résistance ? La sécu, les retraites par répartition, la nationalisation des besoins vitaux de l'économie, la séparation de la presse des pouvoirs d'argent... Voilà ce que le programme du CNR prônait dès 1943 et mettait en place dès 1945. Aujourd'hui mis à mal par notre gouvernement, Walter Bassan et ses camarades John Berger, Stéphane Hessel, Constant Paisant sont là pour faire front et dire NON à la casse systématique des services publics et des valeurs du CNR. N'en déplaise à Bernard Accoyer, pris en flag de langue de bois, qui tentera par tous les moyens de sauver sa crédibilité. Walter est aussi un sacré bonhomme qui nous rappelle que la résistance se pratique au quotidien, et ne manque pas de générosité pour nous transmettre son engagement... Documentaire militant pour combattant impétrant
Certains combats, certaines résistances dépassent l’horizon des possibles et les mots bien souvent ne suffisent pas à les raconter. Aussi le cinéma permet souvent d’en inscrire le récit à l’écran, en dépassant les frontières de l’ineffable. Il en fut ainsi des récits portant sur la Shoah et il en va plus encore des luttes d’aujourd’hui. Et c’est là justement que réside la force de Walter, retour en résistance, à savoir revenir sur les terrains mêmes où le sang a coulé, où les armes furent levées pour mieux dénoncer l’injustice et l’œuvre de destruction sociale que connaît actuellement cette France dans laquelle on vit.

Métrage documentaire parmi les plus engagés, Walter, retour en résistance prend pour sujet principal, Walter Bassan et s’emploie dans un premier temps à mettre en avant le récit d’un idéal et d’une envie qui surgit de l’horreur : celle de croire en la possibilité d’une solidarité et du bien-être pour tous, cela au sortir des millions de morts qu’emporta la Seconde guerre mondiale en France et ailleurs. Ainsi, au gré des souvenirs et du retour sur les lieux qui les marquèrent, le cinéaste engagé qu’est Gilles Perret suit-il celui qui fut certes son voisin, mais plus sûrement encore, l’un des plus notoires résistants d’Annecy, cet ancien jeune homme qui connut aussi bien le tragique plateau des Glières que les geôles impitoyables de Dachau.
De fait, entre surgissement de la mémoire, récit de résistance et engagement politique aussi bien passé que présent, ce dernier se dévoile et exhorte chacun à continuer à s’élever. Contre l’injustice et l’incurie d’un gouvernement inique et plus sûrement encore pour que perdurent les sempiternelles valeurs du Conseil National de la Résistance. Car en fin de compte, c’est face à la liquidation de ce moment unique de notre histoire que Walter veut que nous réagissions. Et force est de constater que Gilles Perret ne rechigne en rien à appuyer sur des paroles, des attitudes et des comportements qui font frémir autant qu’ils révèlent la vacuité des pratiques politiques d’aujourd’hui. En effet, au travers des réactions inspirées et outragées de notre annecien et de ses proches, c’est un élan venu d’hier qui vient nous bousculer. Pour mieux nous réveiller, pour mieux nous inciter à ne pas croire à une douce et sordide fatalité.
Car le propos de Walter, retour en résistance, n’affirme que le dégoût face aux basses manigances du présent et insiste sur l’envie de combattre avec acharnement les mensonges d’une communication politique et étatique qui ne vise qu’à affaiblir et démanteler un héritage précieux pour lesquels nombreux sont ceux qui ont péri.
