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War Child

La critique d'Excessif

0/5
war_child L'HISTOIRE : War Child est un documentaire qui raconte la vie tumultueuse, bouleversante, édifiante et finalement porteuse d'espoir d'Emmanuel Jan, ancien enfant soldat de la cruelle guerre civile du Soudan et future star internationale du hip-hop qui apporte un message de paix pour ce pays déchiré par la guerre et pour son Afrique bien-aimée. L'histoire de Jal, à bien des égards, est à l'image de sa patrie, où la tragédie et la terreur côtoient l'espoir et la reconstruction.
C’est vrai qu’il a quelque chose de plus que les autres. Une belle voix, l’air rêveur, il est surtout le premier à vouloir raconter au monde entier ce qui lui est arrivé. War child retrace l’histoire d’Emmanuel Jal. Aujourd’hui chanteur de hip-hop au talent reconnu, E.Jal raconte son passé d’enfant soldat et retourne au Soudan. Dans ce voyage qui le mène à son pays de naissance, il explique et se livre à l’équipe de tournage. Porteur d’un message de paix et en quête de compréhension de son passé, Emmanuel narre une forme d’errance avec beaucoup de sincérité.

WAR CHILD
Un documentaire de C. Karim Chrobog
Avec Emmanuel Jal
Musique de Emmanuel Jal
Durée : 1h34
Date de sortie : Hiver 2008

Sa voix résonne dans le documentaire comme une sainte parole. Il chante du rap sur des rythmes africains, avec un style où les strings et les chaînes en or n’ont pas leur place, bien loin des clips américains. Le flow en lui-même n’est pas transcendant mais c’est vrai que ce qu’il raconte et le ton très particulier avec lequel il s’exprime ne peuvent que toucher. Son ton est un mélange de nostalgie, d’espoir, de solitude et de philosophie. Autant vous dire qu’il fait vibrer la corde sensible. Sa musique et son visage traduisent quelqu’un qui a su rester simple et honnête. On le suit, à la recherche de cette enfance qui lui a été volé. Ce documentaire trace le portrait d’un homme bon, qui réfléchit sur ce qui lui est arrivé à l’âge où les autres enfants sont à l’école primaire. Chaque mot qui sort de sa bouche le soulage un peu plus, mais comme le dit Oxmo Puccino, « personne ne guérit de son enfance ». Le traumatisme de la guerre, la mort, l’absence des parents, autant de sujets déjà complexes individuellement mais qui associés les uns aux autres sont définitivement incompréhensibles pour un seul homme. Le sujet du documentaire est donc en or. Un personnage sensible et incroyablement intéressant. Une histoire rarissime à laquelle on s’attache et qui donne envie de savoir plus de choses sur les enfants soldats. L’histoire d’un enfant soldat exilé qui trouve le rap comme moyen de transport sur le chemin de la rédemption.

L’histoire d’Emmanuel est sans aucun doute bouleversante, mais le documentaire en lui-même manque cruellement de savoir-faire. Ce n’est pas parce qu’on a la recette d’un grand chef que le plat sera réussi. Suivre le retour aux sources d’Emmanuel et l’écouter nous le raconter au même moment est un procédé un peu lourd. De cette façon la réalisation n’échappe pas aux longueurs et au pathos, malheureusement. La narration est linéaire malgré quelques flashbacks qui sont les meilleurs moments du film, puisqu’on y découvre le jeune Emmanuel à environ 10 ans. Le montage semble chercher son sujet. Autrement dit un grand nombre de séquences semblent pouvoir clôturer le film et se terminent avec un lent fondu au noir… On a l’impression que ça à été tourné dans la précipitation, comme si le sujet allait s’envoler, et que peu de choses ont été écrites. Du coup c’est long et la position de spectateur que prend la réalisation se transforme vite en manque de point de vue. C’est vrai que la caméra joue le rôle de thérapeute pour ce jeune dont on a volé l’enfance, mais nous ne sommes ni la caméra ni le thérapeute, alors en termes d’émotions passées sur son siège devant un grand écran, c’est fatiguant. Le montage est très découpé, les plans sont parfois jolis, certaines séquences sont véritablement touchantes, mais le rythme et la narration sont instables, et pas aussi intéressants que le personnage principal.

Un seul sujet pour ce documentaire aurait été largement suffisant. Entre l’exil, la rédemption, ou la réussite improbable d’un enfant soldat dans le hip-hop, le spectateur se perd dans les sujets aussi intéressants que complexes qui gravitent autour d’Emmanuel Jal. Le film a malheureusement un côté marketing qui prend le pas sur ses bonnes intentions.

Raphael Neira





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