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Wonderful Town

La critique d'Excessif

3/5
wonderful_town_vign2 L'HISTOIRE : Dans la petite ville de Takua Pa, au sud de la Thaïlande, Ton, un jeune architecte, a été chargé de surveiller les travaux de reconstruction d'une chaîne hôtelière, au bord de la plage récemment ravagée par le tsunami. Dès son arrivée de Bangkok, il choisit, dans l'arrière-pays, un hôtel modeste, tenu par Na, une jeune femme discrète, au charme délicat. Peu à peu, elle et lui vont tisser des liens de tendresse et vivre un amour empreint de pudeur et de retenue. Mais cela ne va pas être du goût de tout le monde, et du frère de Na en particulier, un voyou paresseux, père d'un jeune enfant dont la jeune femme s'occupe avec dévouement.
Au sud de la Thaïlande, Ton, un jeune architecte, se rend dans le village de Takaua Pa dans la campagne profonde, afin de surveiller l'avancement des travaux d'une chaîne hôtelière au bord de la plage. Quatre ans auparavant, le tsunami a tout emporté sur son passage. Les traces du cataclysme sont encore visibles, de nombreuses maisons saccagées, meurtries, en ruines, ponctuent le paysage. Dès son arrivée, il s'installe dans un hôtel tenu par Na, une jeune femme discrète au charme délicat. Peu à peu, jour après jour, Ton tente de la séduire et une relation ambiguë s'installe entre eux. Mais cette relation n'est pas du goût de tout le monde, le jeune frère de Na lui reproche son indiscrétion.

WONDERFUL TOWN
Un film de Aditya Assarat
Avec Dul Yaambunying, Sorawit Poolsawat, Prateep Hanudomlap
Durée : 1h32
Date de sortie : 07 Mai 2008


Avec une sobriété assumée et sincère, le réalisateur Aditya Assarat, dont c'est le premier long-métrage, choisit de traiter du tsunami qui a ravagé les côtes thaïlandaises à travers le destin de deux êtres qui, se côtoyant, vont entrer en phase, en symbiose, en résonance. Au-delà de la banalité de deux personnes qui se rencontrent et tombent amoureuses l'une de l'autre, c'est surtout leur statut d'âmes blessées qui émeut. Lui a eu une adolescence passée à affronter son père mais sa quête de reconnaissance paternelle ne s'est jamais éteinte. Elle, s'est retrouvée responsable de son jeune frère au moment du drame, responsabilité à laquelle elle a failli lorsque son cadet choisit la voie du gangstérisme. Deux êtres blessés dans leurs corps donc mais qui trouvent l'un avec l'autre le réconfort nécessaire pour entamer une nouvelle vie, une vie qu'ils doivent tout d'abord dissimuler à leurs voisins villageois.

Si Ton surveille en effet les travaux de l'édification d'un hôtel, prévu pour attirer et accueillir les touristes qui ont déserté ces paysages désolés, il s'attarde surtout dans les ruines des maisons laminées, emportées, abandonnées. Ne sachant pas trop ce qu'il recherche, on le surprend à rêvasser au milieu des objets du quotidien laissés là, témoignage d'une vie passée et certainement détruite. Si sa propre histoire familiale est semblable à une épave, celle-ci est d'ordre affective. Au milieu des ruines, ce sont des épaves bien réelles qu'il contemple. L'image du foyer prend dans le film une signification toute particulière. Ton et Na vivent en effet à l'hôtel, lieu de passage par essence, lieu de renouvellement, d'instabilité, de provisoire. Ton et Na sont tous deux à la recherche d'un foyer chaleureux, d'une place où vivre leur vie, d'une place où construire, au sens propre comme au figuré un lieu qui serait leur.


Certains plans du film sont exemplaires. Un plan ralenti sur la mer, le sable, l'écume. Un plan de leurs mains qui se caressent. Un plan où le couple s'enlace dans les hautes herbes. Aditya Assarat scrute avec tendresse les émois de deux jeunes adultes qui se désirent. Leur relation se construit et se fortifie peu à peu, leur jeunesse étant leur principale protection contre les expériences douloureuses de la vie.

Tan, le citadin de Bangkok, trouve l'apaisement nécessaire dans cette région reculée de Thaïlande aux côtés de la campagnarde Na qui a toujours désiré fuir la solitude de cette vie loin de tout. Les fantômes du tsunami sont toujours présents mais n'empêchent dorénavant plus le jeune couple de regarder vers l'avenir. Bien que la jeune femme rêve de vagues de plus en plus menaçantes, elle se réveille désormais dans les bras protecteurs de son amant. Wonderful Town imprègne longuement au sens photographique du terme le spectateur. La sensibilité du sujet se conjugue à la gravité du cataclysme vécu.

David A.



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