La critique d'Excessif

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xmen1p5z2 L'HISTOIRE : Dans l'univers X-men, l'existence des mutants engendre la peur, l'intolérance voir la haine au sein de la population humaine. Certains mutants choisissent alors de mettre leur pouvoir au service d'autrui et d'oeuvrer pour une meilleure entente entre les parties, d'autres passent du « côté obscure » et mènent une lutte sans merci contre le reste de l'humanité.
C'est dans ce contexte qu'un mutant télépathe, Charles Francis Xavier (Professeur X) décide de fonder un institut pour jeunes surdoués (en réalité pour jeunes mutants) afin de les aider à mieux contrôler leurs dons et surmonter la xénophobie dont ils sont victimes.
Il met alors sur pied une équipe de jeunes mutants chargés de prévenir les conflits entre humains et mutants et de combattre la criminalité mutante.
Objectif final, assurer l'avènement du jour béni où humains et mutants vivront en harmonie. Plus facile à dire qu'à faire ; non seulement ils doivent se battre contre des super-vilains de tous poils, mais ils doivent aussi affronter l'incrédulité et l'ignorance de la population humaine...
L’adaptation cinématographique de l’un des comics les plus célèbres voit enfin le jour. Dire qu’on n’y croyait plus vraiment est un doux euphémisme tant le projet a été maintes et maintes fois reporté voire avorté.

X-MEN
De Bryan Singer
Avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Ian McKellan, Famke Janssen, Halle Berry
USA-2000-1H50
Sortie : le 16 août 2000

C’est donc à Bryan Singer (Usual Suspects, Un élève doué) qu’incombe l’honneur mais surtout la lourde tâche de tenter de retranscrire à l’écran ce qui fit et fait toujours depuis plus de trente ans le succès phénoménal des X-Men.
Au regard des adaptations de comics au cinéma, la tâche semblait impossible. Car si on fait exception du génie de Tim Burton et de son Batman, le défi et dans une moindre mesure, du premier Superman, force est de constater l’étendu des dégâts. Que ce soit les autres suites de Batman, Spawn ou encore le récent Blade, aucun n’arrive, ne serait-ce qu’à la cheville des BD dont ils s’inspirent.
Et X-Men risquait de rejoindre cette longue liste de ratages.
Mais c’était sous-estimer le talent et la conviction de Singer. Non seulement, X-Men s’avère être une très grande réussite tout en restant très fidèle à la BD originale mais surtout il s’inscrit complètement dans la courte filmographie de son réalisateur. X-Men/Usual Suspects : même combat !

Les fans du comics seront donc aux anges de voir leurs super-héros préférés dans un film de cette qualité. Quant aux profanes, aucune crainte à avoir puisque Bryan Singer et ses scénaristes ont tout fait pour les faire entrer en douceur dans ce qui risque fort d’être la nouvelle saga d’envergure des années à venir.
Premier bon point du film, X-Men raconte une histoire avant d’être un déluge d’effets spéciaux. Ainsi, l’ouverture (vitale pour comprendre les motivations du méchant de service, Magneto) s'inscrit dans cette lignée en nous montrant comment dans un camp de la mort le futur Magneto prend conscience de ses incroyables pouvoirs. Pendant le premier tiers du film, c’est cette optique que choisit Singer. L’exposition des personnages primant sur l’action. Un à un, les mutants qui vont former le groupe des X-Men nous sont présentés avec une introduction plus longue du personnage de Wolverine (Serval en français dans la BD mais pas pour ceux qui ont fait les sous-titres puisqu’il y garde son nom original). Au sujet des différents personnages, le fan s’apercevra vite que certains des noms les plus célèbres de la BD ne figurent pas dans le film. Ainsi, aucune trace de Diablo, Colossus ou Angel pour ne citer que les plus connus des oubliés. Ce qui pouvait être un gros inconvénient se transforme vite en un atout indéniable. L’histoire y gagne en clarté et en concision. D’un côté six gentils et de l’autre quatre méchants. Pas un de plus et cela suffit largement pour combler l’heure quarante cinq du film.
Ce qui frappe, c’est que même lorsque Singer prend des libertés avec la BD et Dieu sait qu’il en prend, ses choix sont toujours dans l’esprit du Marvel comic's.
Ainsi, Rogue (Malicia en VF) est censée être une jeune femme sexy. Or, elle est ici interprétée par la jeune Anna Paquin (la môme dans La leçon de piano) ce qui en fait une jeune adolescente complètement dépassée par les pouvoirs qu’elle possède (il faut dire qu’elle n’est pas très vernie la pauvre puisque quiconque la touche se transforme en légume vivant une fois qu’elle a absorbé leur énergie vitale). Dans le même genre, la ’’lutte’’ amoureuse entre Serval et Cyclope pour obtenir le cœur de Jean Grey remplace ici avantageusement le conflit originel qui mettait aux prises Cyclope et Angel.
Quant aux costumes spécifiques de chaque mutant, ils ont été aussi transformés en de classiques mais très visuelles combinaisons de cuir noir. Heureuse initiative appuyée par Cyclope qui via une des meilleurs private jokes du film, fait directement référence au ridicule qu’aurait engendré les tenues originales.
Alors, oui Bryan Singer a pris de nombreuses libertés artistiques. Pourtant, aucune ne dérange vraiment mise à part l’horrible costume de Magneto et son casque qui lui donne l’impression d’avoir une coquille d’œuf sur la tête façon Caliméro.
La raison est simple : le réalisateur a su garder l’essence même de la BD, celle qui en faisait l’un des comics les plus politiques qui ait vu le jour. Que ce soit les gentils ou les méchants, tous sont rejetés par la population car ce sont des mutants. Pourtant, le professeur Xavier voue sa vie à protéger l’espèce humaine alors que cette même espèce ne l’accepte ni lui, ni ses élèves. Quelques-unes des meilleurs scènes du film ont ainsi comme sujet la mise à l’écart des mutants comme cette magnifique séquence où le professeur Xavier interpelle Magneto pour tenter d’excuser l’attitude des humains à leur égard. Toute la genèse de la confrontation est ici résumée avec en ligne de mire l’ouverture du film décidément incontournable.

C’est à travers ces thèmes que Bryan Singer s’attribue entièrement la paternité du film (et dire qu’il avoue ne pas avoir connu la BD avant d’être officiellement engagé sur le projet !). La notion du mal présent dans des personnes d’une intelligence supérieure et qui manipule ainsi leur entourage est le thème de prédilection du réalisateur. Dans Public access, son premier film, un jeune homme arrive dans une petite ville et par le biais d’une émission de TV, manipule son auditoire pour arriver à ses fins. Usual suspects ne raconte pas autre chose que la manipulation d’un groupe d’individus par un mystérieux commanditaire, qui ira même jusqu’à bluffer la police lors de l’interrogatoire final. Quant à son troisième film, Un élève doué, le thème de la manipulation diabolique est encore plus évident puisque la mano à mano met aux prises un jeune étudiant et un ancien nazi. Pour Singer, le mal sommeille en chaque individu et il peut être dévastateur s’il est utilisé par des personnes peu recommandables. Magnéto reprend donc dans X-Men le flambeau laissé par les précédents Kayser Söze imaginés par le réalisateur.

Pour ceux qui n’ont que faire de retrouver les thèmes du réalisateur de Usual Suspects, il reste que X-Men est aussi et avant tout un formidable film d’effets spéciaux. Attention toutefois, les séquences d’action où les mutants se fracassent la tête ne sont pas légions. Il faut donc les savourer pleinement. Situation d’autant plus facile que chacune de ses scènes possèdent des effets en tout point parfaits. Pas aussi impressionnants que, allez au hasard, Matrix mais diablement efficaces. Chacun des super-héros aura donc le loisir de montrer toutes ses capacités. Le point culminant de ces divers affrontements a bien évidemment lieu dans la dernière bobine du film où le combat est alors titanesque et où chaque coup est permis. Même si on sent que ce ne sont pas ces scènes qui ont le plus motivé Bryan Singer (elles sont formellement très classiques et manquent d’inventivité, -inventivité que Sam Raimi sera susceptible d’apporter à son prochain Spiderman), le pied pris par le spectateur devant cet affrontement de super-héros est quasiment identique à celui qu’il avait lorsqu’il parcourait les pages de sa BD préférée. Ce qui, vous en conviendrez, est le plus beau des compliments que l’on puisse faire aux instigateurs du film.

Quand on sait le mal qu’ils ont eu à parvenir au terme du projet, les choix difficiles et draconiens qu’ils ont eu à prendre (la valse des comédiens pressentis aboutissant au final à un casting idéal où émerge un Hugh Jackman plus vrai que nature dans la peau de Wolverine, un tournage pour le moins chaotique (un budget sans cesse fluctuant/les menaces via le net des fans purs et durs désireux de voir leur BD culte respectée,...), la réussite graphique, visuelle et surtout scénaristique d’X-Men constitue un réel tour de force.

Rarement un film autant attendu aura su tenir ses promesses.

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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