La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film Yona, la légende de l'oiseau-sans-aile L'HISTOIRE :

Yona vit seule avec sa mère depuis le décès de son père. La nuit, elle aime se promener dans son costume de pingouin et essayer de prendre son envol, même si d'autres enfants se moquent d'elle. Un soir, elle découvre un jouet en forme de chat. Le chat s'anime et l'emmène bientôt dans un monde souterrain, celui de gentils monstres, les gobelins. Leur village est menacé par le diabolique Bouca-Booh. Heureusement, ils pensent avoir trouvé « l'oiseau sans ailes » qui leur permettra de vaincre leur ennemi ancestral.

Rintaro mêle étonnamment les cultures occidentale et orientale dans un cocktail très naïf

Rintaro est un grand nom de l'animation japonaise. Du haut de ses bientôt 69 ans, il a parcouru  le dessin animé à tous les postes et pour des projets variés. En France, on a surtout entendu parler de lui en 2002 avec Metropolis, superbe conte futuriste, adaptation d'un manga d'Osamu Tezuka lui-même inspiré du film de Fritz Lang. Avec Yona, on le retrouve bien loin de son précédent film, dans l'univers du conte pour enfant, mêlant étonnamment les cultures occidentale et orientale dans un cocktail très naïf résolument destiné aux plus petits.
 
Pour les tout petits
On conseille au spectateur-lecteur d'aller voir Yona en version originale dans la mesure du possible. Cela lui évitera d'entendre le doublage français de l'héroïne, caricature de mièvrerie qui pousse la candeur du film vers la niaiserie. L'intrigue de Yona, la légende de l'oiseau sans-aile est celle d'un conte avec sa situation initiale dans une famille meurtrie, l'élément perturbateur et toutes les péripéties qui vont mener au dénouement final. Mais, plus que le mode de récit du conte, le film suit un schéma un peu agaçant parce que prévisible, choisi pour sa familiarité enfantine. Le principe de pénétrer un monde dans lequel seul l'enfant et éventuellement un compagnon muet peuvent rentrer est courant, mais le parcours est ici semé d'éléments comiques assez lourds. Pour exemple, les figures de méchants : il y a d'abord les enfants qui se moquent du déguisement de Yona ; ce sont trois garçons habillés en racaille américaine, une casquette portée à l'envers, qui l'insultent en rapant, puis, après l'avoir vu s'écrouler dans une tentative d'envol, restent un instant bouche bée, l'air stupide avant de déguerpir en criant « C'est pas ma faute ! ». Dans le monde souterrain des gobelins, le bras droit de Bouca-Bouh, Zami, est un gros  bébé joufflu en mal de respect accompagné de petits démons crétins à tête de singe. Si l'on a compris que Rintaro souhaitait s'adresser aux petits, la prévisibilité de l'ensemble alliée à ces personnages plus caricaturaux que nécessaire, n'aide pas à susciter un véritable intérêt tout au long du film et ne tire pas non plus le spectateur vers le haut, quel que soit son âge.

 

Yona, la légende de l'oiseau-sans-aile de Rintaro

 
Melting-pot nippon
Le film de Rintaro n'est évidemment pas dépourvu d'intérêt. Le réalisateur revient à des bases traditionnelles de combat manichéen tout en opérant un étrange mélange, notamment de religions. Dans un amalgame culturel, Yona fait se côtoyer des divinités japonaises avec les anges du Paradis et orchestre un grand combat des forces du Bien contre les forces du Mal, « l'infâme Bouca-Bouh » qui apparaît alors dans toute sa splendeur, gigantesque diable nourri par la force vitale d'un ange. Certes, les sbires du satanique ennemi ne sont pas plus fins que les sortes de sangliers en armure qui étaient à la botte de Maléfique dans La Belle au bois dormant de Disney ; certes, le Paradis ressemble surtout à une école des bonnes manières peuplée de garnements faisant les malins avec leurs ailes dorées... Mais dans ce melting-pot culturel, c'est peut-être cette grande bataille qui ramène au traditionnel et à l'universel et fait le véritable charme dans la candeur de Yona, cet enfant-pingouin qui tire sa force de sa croyance faite optimisme.
 
Rintaro a cherché à faire le film le plus mignon possible pour les enfants avec pour outils la 3D et un bagage culturel multiple. Yona est un drôle de conte qui prend le charme en même temps que les lourdeurs de chacune de ses cultures. Malgré une mièvrerie proprement agaçante, le film possède tout de même une richesse d'univers, notamment dans la rencontre de traditions.
 

 


Lucie PEDROLA

Mag : plus d'actu sur Yona, la légende de l'oiseau-sans-aile

Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

logAudience