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Zion et son frère

La critique d'Excessif

4/5
zionfrereok135 L'HISTOIRE :

Un été à Haïfa, Israël. Des gosses jouent au foot sous un pont, la mer en fond. Zion (14 ans) et son grand frère Meir sont comme chien et chat. Les deux adolescents se battent sans cesse, au grand dam de leur mère Ilana, chez qui ils logent. Leur relation va s'aggraver le jour de la mort accidentelle de l'un de leurs camarades. Eux seuls savent ce qui s'est réellement passé.

Le trait simple et juste, Merav excelle à tenir en haleine un récit à l’âpreté saisissante
Repéré avec le court-métrage Underdog, sélectionné dans plusieurs festivals, Eran Merav confirme son talent avec Zion et son frère. Dans ce premier long-métrage, le cinéaste israélien évite toute tentative de discours politique ou métaphorique sur le conflit israélo palestinien, pour livrer une tragédie familiale universelle, simple et réaliste.


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Ne pas chercher de discours politique sur Israël dans Zion et son frère. Il n’existe qu’en arrière-plan, concentré sur le social comme pouvaient le faire les néoréalistes. Le premier long-métrage de Eran Merav s’attache en premier lieu à raconter une histoire, simple, universelle. Celle de deux frères déchirés par le poids d’un secret. Celle de deux fils qui n’acceptent pas de la même manière la nouvelle vie sentimentale de leur mère divorcée.

Le film de Merav est une tragédie familiale, dont l’épicentre réside dans le duel fratricide opposant le sage Zion, 14 ans, à la tête brûlée Meir, 17 ans. Ils ne s’entendent guère au départ, mais le jour où leur destin les confronte à la mort accidentelle d’un de leurs camarades, le poids du secret et la culpabilité vont les diviser. Oscillant entre complicité et haine, la relation qui lie Zion à son frère ressemble beaucoup à celle qui divisait déjà Rocco et son frère Simone, dans le chef d’œuvre de Visconti (Rocco et ses frères, 1966), ou à leurs héritiers torturés chez James Gray (Little Odessa, The Yards ou La nuit nous appartient). Pour résumer à gros traits : l’un est bon, l’autre mauvais. Mais le bon est entraîné vers le mal par le mauvais, et en paie aussi le prix. Tel est le nœud de la tragédie, agrémenté ici (comme dans Rocco ou The Yards) d’une rivalité amoureuse.

Zion est plus sage et sensible que Meir. Meir est plus fort et beau que Zion. A eux deux, ils formeraient une équipe de choc, un être complet - c’est toute l’histoire du film, résolue à la fin par un plan génial. Mais le sort en a voulu autrement : au lieu de s’entraider, ils s’entredéchirent, et font exploser le fragile équilibre que tente d’imposer leur mère (toujours sublime Ronit Elkabetz) sur leur famille décomposée. Merav joue en finesse sur ce registre du télescopage du complexe du ying et du yang, l’un contaminant l’autre et inversement, sans manichéisme. La violence est constante, rentrée, prête à exploser. Graphiquement, cela se traduit par des plans oppressants, sur-cadrés, traversés de zébrures électriques et de courtes accalmies. Le trait simple et juste, Merav excelle à tenir en haleine un récit à l’âpreté saisissante. Un premier film très prometteur.

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