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Another Happy Day

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Another Happy Day L'HISTOIRE : Lynn débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d'une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille. Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands‐parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf'. Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique. Chaque matin annonce décidément un nouveau jour de bonheur.
Une chronique familiale caustique et émouvante

Bienveillante ou source de conflit, qu'on le veuille ou non, on ne peut choisir sa famille et encore moins celle qui se crée au hasard des unions. Ainsi, elle semble le terreau idéal pour l'avènement de drame cinématographique réussi et le premier long-métrage de Sam Levinson ne déroge à la règle. Ressentiments, jalousies, faux semblants. Dans Another Happy Day, le fils de Barry Levinson (Rain man) dépeint sans complaisance les fêlures d'une famille américaine plutôt aisée lors d'une réunion qui ne sera pas de tout repos. Ici, Lynn, interprétée par la touchante Ellen Barkin (Twelve), fait figure de vilain petit canard en ne répondant pas aux attentes de son entourage. Elle qui souhaite comprendre et dépasser les problèmes alors que les autres désirent préserver les apparences.

 

 

Dès lors, face à ces déchirements familiaux et ces querelles générationnelles, la fameuse tirade d'André Gide : «Familles, je vous hais !» parait plus qu'appropriée. Auréolé du Prix du meilleur scénario au dernier Festival de Sundance, Another Happy Day nous enclin à penser également que dans la famille Levinson, le talent est héréditaire. Mais cette réussite doit aussi beaucoup à ses interprètes. Et autour d'Ellen Barkin, d'autres acteurs tout aussi brillants donnent corps à ce véritable mélodrame. Ainsi, nous avons Demi Moore (Ghost), en belle-mère envahissante et capricieuse, Thomas Hayden Church (Spider-Man 3) en père machiste et violent, Kate Bosworth (Las Vegas 21) en adolescente fragile et surtout la révélation de We Need to Talk About Kevin, Ezra Miller dont l'humour sarcastique contrebalance de manière salvatrice la violence d'un métrage plutôt sombre.

 

Valérie LEVILAIN

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