La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Complices L'HISTOIRE :

Quand Rebecca rencontre Vincent, elle ne sait pas encore que ce joli garçon gagne sa vie en vendant son corps à des hommes, dans des chambres d'hôtels. Très vite, elle en tombe amoureuse. A quelques mois de là, l'inspecteur Cagan et sa collaboratrice enquêtent sur la mort de Vincent dont le corps a été retrouvé dans le Rhône, le cou couvert de marques de strangulation.

Une arme terriblement efficace

Frédéric Mermoud signe avec Complices son premier long-métrage de cinéma en retrouvant des connaissances de ses précédents courts, comme la jeune Nina Meurisse ou Emmanuelle Devos. Au vu de ce premier film, on comprend la confiance qu'ont pu avoir ses anciens camarades, on comprend pourquoi l'actrice de La Moustache et d'Un conte de Noël se retrouve à jouer une femme flic sans qu'il s'agisse tout bonnement d'un contre-emploi. Derrière une affiche fleurant bon le commissariat et la juridiction, on découvre des liens affectifs et presqu'une carte du tendre, tout en finesse.
 
Donner à voir les coulisses de la police française dans un film revient à prendre un grand risque. Celui de rappeler les dizaines de séries et téléfilms qui mettent en scène ce corps de l'Etat, au point d'avoir établi un cliché proche de la camisole. En l'occurrence, l'emploi d'Emmanuelle Devos, qu'on imagine peu, a priori, en collègue de Julie Lescaut, est significatif. Frédéric Mermoud considère les « flics » comme des individus qui peuvent tordre la bouche de dégoût face à un corps putréfié, avoir des soucis dans leur vie affective ou être particulièrement touchés par une affaire les rappelant à leur histoire personnelle. Cette approche est symbolique de l'état d'esprit d'un réalisateur qui refuse une vision monochrome pour mieux considérer les paradoxes, secrets et incongruités de vies faites d'instincts et d'envies. Concrètement, la mise en scène de Complices est pleine d'acuité et souvent dans la suggestion. C'est la prostitution donnée à voir par une chambre impersonnelle, un homme mâture en compagnie du jeune héros et le souvenir de billets de banque retrouvés par la police. C'est une relation légèrement ambiguë entre les personnages d'Emmanuelle Devos et Gilbert Melki devinée en une image : dans un vestiaire, au premier plan le commissaire est nu sous sa douche tandis qu'au second plan, sa collaboratrice se recoiffe face au miroir. Jamais d'ostentation, même dans la violence ou la nudité régulièrement nécessaires à l'intrigue.

 

Complices

 
Assez vite, le spectateur se rend compte que la complicité du titre est un terme aux accents plus sentimentaux que juridiques. Le film élabore deux histoires, rentre dans deux univers dont les liens semblent d'abord assez ténus, pour dessiner ces deux couples de personnages, deux adolescents et deux adultes, un parallèle. Les deux intrigues sont filmées avec un traitement presque semblable. La proximité des jeunes amoureux trouve cependant un écho dans les plans rapprochés, tandis que leurs visages et leurs corps semblent rayonner. Les blocages et les interrogations des adultes, qui tiennent leurs clopes comme les joints des plus jeunes, repoussent le spectateur en plan large. Au-delà des flashbacks ou du montage parallèle, les protagonistes sont happés et réunis par l'histoire de Vincent, héros androgyne qui permet d'aborder ces relations d'amour passionné ou d'amitié ambiguë par le biais du vice et de la criminalité. Un biais qui fait de Complices une arme terriblement efficace.
 
Complices n'est pas le film de l'année. Mais c'est un magnétique premier long-métrage, dans lequel Frédéric Mermoud, avec l'aide de ses acteurs, tous excellents, transforme une enquête criminelle en parcours sentimental. Un mélange bouleversant.

 

 

Lucie PEDROLA

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    Gilbert Melki, Yalaaaaaaaaah18 janvier 2010 - 0 commentaires

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Le verdict des internautes

Total des votes : 21

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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creff 15/02/2010 à 20h21
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