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La Fin de la pauvreté ?

La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film La fin de la pauvreté ? L'HISTOIRE : Avec tant de richesse dans le monde, pourquoi y-a-t-il encore tant de pauvreté ? S'aventurant au-delà des réponses "populaires" sur les origines de la pauvreté, "La fin de la pauvreté ?" se demande si les véritables causes ne viennent pas d'une orchestration des pays riches pour exploiter les plus pauvres, de l'époque coloniale à aujourd'hui.
Engagé et sans compromissions, La Fin de la pauvreté ? est de ces films dont on ne se remet pas !

Expliquer la faim dans le monde et sortir des discours simplificateurs, voilà quel était le credo de Philippe Diaz lorsqu'il s'est astreint à l'aborder via l'histoire de la colonisation et les pratiques actuelles des grandes multinationales. Ainsi, entre entretiens de spécialistes et regards sur un monde que l'on ne peut ainsi imaginer, La Fin de la pauvreté ? documente notre époque et les racines d'un mal dont souffre près de la moitié de l'humanité.
 
Une pauvreté politique et entretenue, une sombre affaire d'intérêts
 
Expliquer la faim dans le monde implique de lever le voile sur une réalité complexe et inévitablement de s'engager. Or, force est de reconnaître que Philippe Diaz n'est pas de la classe des naïfs, des idiots ou de ceux qui brillent sur les plateaux à défaut d'impressionner par leurs idées. Car l'objectif de La Fin de la pauvreté ? n'est ni plus ni moins que de mettre face à leurs responsabilités les citoyens que nous sommes et plus encore, de leur faire prendre conscience que nombre des discours qu'ils entendent, masquent les pans obscurs d'une réalité bien moins enviable. Un programme considérable en soi et plus que délicat à aborder.
 
Et pourtant, le métrage qui résulte d'une telle ambition s'avère à la hauteur du projet qu'il s'est fixé. Assurément, l'un de ses plus grands mérites, avec celui d'assumer pleinement la radicalité de son propos et les raisons de sa fermeté. En effet, en multipliant les interviews d'acteurs du développement durable, d'historiens, d'universitaires mais aussi de repentis du système, notre documentariste nous confronte d'emblée avec les raisons fondatrices et intéressées de la colonisation, sans renouveler les codes classiques du genre.  Ainsi, mettant au jour les structures coloniales et la litanie de ses intérêts, il dévoile l'organisation qui la sous-tend et les conditions premières sur lesquelles la pauvreté et la faim ont pu et peuvent encore s'appuyer.
 
Mais là où La Fin de la pauvreté ? impressionne et impacte le plus fortement, c'est quand le métrage parvient à relier ce qui n'est après tout que la stricte vérité historique, avec un point de vue nettement moins accepté et considérablement plus engagé. Celui d'expliquer la situation actuelle et celle des quatre dernières décennies, dans le monde, au regard d'une somme considérable d'intérêts qui dépassent ceux des Etats et rejoignent avant tout ceux des opérateurs privés et des chantres d'un néolibéralisme complètement dérégulé.

 

La fin de la pauvreté ?
 
Politiquement engagé et intellectuellement fondé
 
Délibérément frondeur et plus qu'insistant, La Fin de la pauvreté ? déploie alors toute sa verve et argumente pour mieux choquer tout d'abord, puis justifier une telle radicalité. Car le film se fait alors récit et laisse la parole aux acteurs premiers de cette pauvreté et à ceux qui l'ont mise en place, comme ce « tueur économique » devenu essayiste depuis et qui nous livre par le menu les recettes que les firmes et les grandes institutions financières appliquèrent pour mieux servir leurs intérêts (pressions, corruptions, assassinats, coups d'Etat...). Dès lors, le classicisme de la mise en scène et quelques approximations se font vite oublier, de même que les premières longueurs, pour mieux laisser s'étoffer une approche à la fois sensée et plus que passionnante. Celle d'un documentaire - coup de poing dans la veine des films engagés que sont Le Monde selon Monsanto, Une Affaire de nègres ou Puisque nous sommes nés, pour n'évoquer que les plus récents. Car, à des années-lumière des pamphlets de Michael Moore ou des bons sentiments de Yann Arthus Bertrand, La Fin de la pauvreté ? s'inscrit dans cette lignée rare, celle des grands films documentaires qui permettent à leur spectateur de ressortir de la salle plus intelligent et critique qu'il n'y est entré.
 
Politique et citoyen, La Fin de la pauvreté ? ne dissimule pas ses origines et ses présupposés. Et il sera assurément attaqué du fait de sa charge contre les firmes transnationales et des liens qu'il établit. Mais il a pour lui la sincérité de sa démarche, le sérieux passionné de son investigation et l'argumentaire qu'il faut pour l'étayer. Grand film et œuvre nécessaire, La Fin de la pauvreté ? s'impose assurément comme l'un des films-thèse de l'année et comme l'écho contemporain mais encore étouffé d'une conscience qui ne demande qu'à davantage se manifester. Simplement indispensable et salvateur !

Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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