L'HISTOIRE : Avec tant de richesse dans le monde, pourquoi y-a-t-il encore tant de pauvreté ? S'aventurant au-delà des réponses "populaires" sur les origines de la pauvreté, "La fin de la pauvreté ?" se demande si les véritables causes ne viennent pas d'une orchestration des pays riches pour exploiter les plus pauvres, de l'époque coloniale à aujourd'hui. Engagé et sans compromissions, La Fin de la pauvreté ? est de ces films dont on ne se remet pas !
Expliquer la faim dans le monde et sortir des discours simplificateurs, voilà quel était le credo de Philippe Diaz lorsqu'il s'est astreint à l'aborder via l'histoire de la colonisation et les pratiques actuelles des grandes multinationales. Ainsi, entre entretiens de spécialistes et regards sur un monde que l'on ne peut ainsi imaginer, La Fin de la pauvreté ? documente notre époque et les racines d'un mal dont souffre près de la moitié de l'humanité.
Une pauvreté politique et entretenue, une sombre affaire d'intérêts
Expliquer la faim dans le monde implique de lever le voile sur une réalité complexe et inévitablement de s'engager. Or, force est de reconnaître que Philippe Diaz n'est pas de la classe des naïfs, des idiots ou de ceux qui brillent sur les plateaux à défaut d'impressionner par leurs idées. Car l'objectif de La Fin de la pauvreté ? n'est ni plus ni moins que de mettre face à leurs responsabilités les citoyens que nous sommes et plus encore, de leur faire prendre conscience que nombre des discours qu'ils entendent, masquent les pans obscurs d'une réalité bien moins enviable. Un programme considérable en soi et plus que délicat à aborder.
Et pourtant, le métrage qui résulte d'une telle ambition s'avère à la hauteur du projet qu'il s'est fixé. Assurément, l'un de ses plus grands mérites, avec celui d'assumer pleinement la radicalité de son propos et les raisons de sa fermeté. En effet, en multipliant les interviews d'acteurs du développement durable, d'historiens, d'universitaires mais aussi de repentis du système, notre documentariste nous confronte d'emblée avec les raisons fondatrices et intéressées de la colonisation, sans renouveler les codes classiques du genre. Ainsi, mettant au jour les structures coloniales et la litanie de ses intérêts, il dévoile l'organisation qui la sous-tend et les conditions premières sur lesquelles la pauvreté et la faim ont pu et peuvent encore s'appuyer.
Mais là où La Fin de la pauvreté ? impressionne et impacte le plus fortement, c'est quand le métrage parvient à relier ce qui n'est après tout que la stricte vérité historique, avec un point de vue nettement moins accepté et considérablement plus engagé. Celui d'expliquer la situation actuelle et celle des quatre dernières décennies, dans le monde, au regard d'une somme considérable d'intérêts qui dépassent ceux des Etats et rejoignent avant tout ceux des opérateurs privés et des chantres d'un néolibéralisme complètement dérégulé.
