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Policier, adjectif

La critique d'Excessif

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Affiche Policier, adjectif L'HISTOIRE :

Un policier remet la loi en cause. Grâce à un « tuyau », il surprend un jeune dealer en flagrant délit. Mais au lieu de l'arrêter, l'homme se lance dans une longue filature, et ce, afin de comprendre les raisons de sa dénonciation.

L'un des majeurs soucis de ce film repose sur son intrigue. Il n'y en a pas...

On a connu le cinéaste Corneliu Porumboiu plus inspiré. Il y a quatre ans, l'homme signait un premier long métrage, 12h08 à l'Est de Bucarest, d'une force et d'une drôlerie étonnantes, récompensé par la Caméra d'Or lors de la Quinzaine des Réalisateurs en 2006. C'est donc avec une certaine impatience que l'on attendait son tout nouveau long métrage, Policier, Adjectif. D'ailleurs, le film peut d'ores et déjà se vanter d'avoir obtenu le Prix du Jury dans la section Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes. Malheureusement, et contre toute attente, le résultat est loin, très loin d'être à la hauteur.


Policier, adjectif de Corneliu Porumboiu

Depuis quelques années maintenant, le cinéma roumain n'en finit plus de nous étonner. Pour preuves, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Contes de l'Âge d'or, et plus récemment encore Au Diable Staline, vive les mariés ! ou bien La fille la plus heureuse du monde sont autant de films réussis que l'on vous invite à (re)découvrir. En revanche, et malgré toutes ses promesses, Policier, adjectif ne se classe absolument pas dans la même catégorie, bien au contraire. Explications.

L'un des majeurs soucis de ce film repose sur son intrigue... La raison en est simple : il n'y en a pas. Un policier enquête sur un modeste trafic de drogue entre jeunes, dont le protagoniste vient d'être dénoncé par son propre frère. Or, ce qui intéresse le flic, ce n'est pas tant la résolution de l'enquête (une simple arrestation en bonne et due forme ferait l'affaire), mais plutôt une recherche de sens. Pourquoi une telle trahison, qui plus est fraternelle ? Entre observation et psychologie, Corneliu Porumboiu offre donc une nouvelle image du corps policier, beaucoup plus réaliste qu'à l'accoutumée. C'est d'ailleurs là l'unique raison d'être de ce long métrage où le titre nous annonce finalement la couleur avec une certaine modestie. Bien plus qu'une vulgaire et basique définition de cette profession, le film apporte un regard assez moderne et, à de très rares instants, hautement personnel. Pour preuve, l'auteur nous réserve une incroyable confrontation teintée d'ironie entre l'agent et son supérieur, chacun évoquant la notion de « conscience », selon sa moral ou dictionnaire en main. Sans nul doute, la séquence la plus réussie du métrage, en possession d'un véritable fond, professionnel, philosophique voire existentiel.


D'un point de vue formel, les choses ne s'arrangent guère, puisque l'on se rapproche davantage de l'inspecteur Derrick que du cinéma d'Olivier Marchal. En effet, ici, on ne trouve aucune dynamique. Le rythme est plat. Les acteurs piétinent et manquent de directives. Quant au cinéaste...

 

Policier, adjectif de Corneliu Porumboiu

L'« art » de la description interminable

La mise en scène de Corneliu Porumboiu joue particulièrement sur les silences, les regards et autres descriptions. On reconnaît aisément les nombreuses sources d'inspiration du cinéaste, notamment Blow Up, signé Michelangelo Antonioni. Malheureusement, la comparaison s'arrête là. Policier, adjectif ne renouvelle strictement rien dans le genre. Pire encore, il s'enlisse dans le déjà-vu et la redondance. Le personnage central, Cristi, ne comprend plus le monde dans lequel il vit. Ni son patron, ni son travail, ni sa femme. On aurait pu nous l'expliquer de manière plus légère. Mais non. L'auteur/réalisateur n'a apparemment que cela à nous raconter et s'y attarde lourdement. On découvre par exemple une épouse à moitié « geek », fan d'un chanson et l'écoutant inlassablement, scotchée devant son écran. Le titre musical se répète alors plusieurs fois de suite, ce qui a pour conséquence d'agacer non seulement Cristi (lequel mange dans la cuisine avec, en guise d'accompagnement, cet unique son aussi exaspérant que ridicule), mais aussi le spectateur. En somme, l'intrigue, déjà mince, n'avance jamais. Chaque séquence est prétexte à un « arrêt sur image », sans consistance, ni dialogue (ou alors le strict minimum). Tout ça pour nous présenter un quotidien triste et déprimant, où le terme « espoir » n'a définitivement pas sa place. Très vite, donc, c'est la fin du film que l'on espère. Et elle tarde véritablement.

 

Gilles BOTINEAU

Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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