
Par essence imparfait, ce remake de Dark Water partait avec les lourds handicaps de la comparaison avec l'original et des risques de la relecture opportuniste (le Nakata est seulement sorti il y a trois ans au cinéma). En contre-partie, il possédait deux arguments intrigants qui donnaient envie de creuser en profondeur. Tout d'abord, Jennifer Connelly, actrice glaciale et adéquate pour le rôle, synchrone avec l'univers. Puis, choix plus étrange : Walter Salles, réalisateur jusqu'ici abonné au cinéma plus traditionnel (Central do Brasil ; Carnets de voyage), et a priori aux antipodes du cinéma horrifique. Il en résulte un objet curieux, fatalement frustrant, qui opère la même démarche que Nakata dans sa suite Hollywoodienne de The Ring : Salles gratte le vernis fantastique de l'oeuvre originelle pour se focaliser sur le désarroi psy d'une demoiselle soumise à des maux intérieurs et surtout à la difficulté d'assumer son rôle de mère. Les traumas sont ainsi très détaillés pour appuyer les failles du personnage.

Walter Salles aborde le rêve sous de multiples formes. C'est un thème constant dans son oeuvre. Qu'il soit cauchemar comme dans Dark Water, idéal dans Carnets de voyage, sous la forme de l'évasion ...