
Sixième film de Giuliano Montaldo, ce «polizisco» (policier à l’italienne) réunit pour la première fois le duo John Cassavetes et Peter Falk avant Husbands (1968) de Cassavetes et Mikey and Nicky (1976) d’Elaine May. La collaboration des deux acteurs, sous la direction de Montaldo, offre un film d’action, réalisé aux Etats-Unis, qui jalouse les policier américain jusqu’à en reprendre la trame et les structures de l’intrigue. Réalisé en anglais tandis que la production est italienne, Gli Intoccabili s’apparente à l’archétype du film policier. S’ouvrant sur une sanction (des hommes assemblés autour d’une table émettent tous un même jugement : «Coupable !»), le film s’empresse de lancer sa machine et expulse son rythme dès cette première scène. De ce départ sur les chapeaux de roue, trop en avance peut-être, Montaldo, à l’instar de Damiano Damiani, use et parfois abuse des zooms pour dynamiser les scènes et rendre mieux fluide le découpage. Pour palier à cette inspiration vacante, Ennio Morricone est à la musique et ajoute aux scènes, avec le strict minimum, l’ingrédient sonore nécessaire pour relever la sauce.
