
Contrairement à la guerre du Vietnam, qui a déjà coûté la vie à des milliers de bobines, la guerre du Golfe n'a jamais vraiment trouvé audience auprès des scénaristes, réalisateurs et producteurs américains. Le parallélisme évident avec l'opération en cours ne rend que les choses encore plus politiques, et donc sensiblement interprétatives pour cette guerre qui tend à disparaître des mémoires. C'est peut-être son manque de souffrance, sa victoire éclair trop facile après que l'Occident ait surévalué la menace et le manque concret d'informations dont nous disposons aujourd'hui qui fait de ce conflit un mauvais terreau scénaristique, et un enjeu filmique encore négligeable. Néanmoins des voix s'élèvent pour témoigner de la réalité des combats, à l'époque surmédiatisés mais finalement oubliés, et c'est notamment le cas d'Anthony Swofford, ancien marine qui publia ses mémoires au sortir du conflit.

Comment filmer la guerre ? Bon nombre de cinéastes ont réfléchi à cette turlupinante question. Souvent, les illustrations diffèrent. Pour prendre un exemple, Voyage au bout de l'enfer de Michael ...