
Pour résumer sommairement ce qui se passe dans Lunes de fiel (le titre pourrait d’ailleurs suffire), ça ressemble à l’une de ses histoires qui sert à nourrir un songe de nuit. Polanski y confronte dans un espace clos deux couples qui n’appartiennent pas aux mêmes mondes: l’un a des tendances déviantes et passent son temps à se balancer des insanités et des perversités pour s’aimer et se détester (relation amour/haine qui dégouline de partout) ; l’autre succombe passivement au spectacle en bouleversant son quotidien bourgeois. Choc érotique immédiat, de haute tenue. Dans les deux cas, il s’exprime le même besoin de détruire des sentiments pour les réanimer, de se perdre pour mieux se retrouver. En découle une ambiance obscure à base de fantastique romantique et anxiogène où les méandres du récit importent moins que les divagations des personnages dans un univers de claustrophobie moite.
