
Le premier long métrage de Alan Ball repose sur l'ambiguïté des gestes, des regards, des désirs et des bonnes intentions. Confirmation après la série Six Feet Under du talent inouï d'un artiste très précieux.
Lire la critique de Purete VoleeComme dans Six Feet Under, Alan Ball ausculte les états d’une famille brisée en mille morceaux, en manque total d’amour. Elle réunit Jasira, une adolescente d’origine libanaise qui découvre le désir sexuel en tombant sur les magazines masturbatoires du père de son jeune voisin ; un papa musulman qui essaye de s’intégrer à l’American way of Life en clamant son amour pour la politique de Bush ; et une mère absente qui privilégie son épanouissement personnel à celui de son enfant. A partir de ces personnages, il en développe d’autres, secondaires, qui interviennent de manière plus ou moins directe avec les membres de cette famille : un voisin patriote (Aaron Eckhart, toujours aussi sous-estimé) qui tente de masquer des pulsions indécentes derrière des valeurs et des drapeaux de pacotille ; une voisine secrètement taraudée par la maternité (Toni Collette, revenue de Little Miss Sunshine) qui découvre l’ambiguïté de ses bonnes intentions... A travers la peinture d’un microcosme, cœur névralgique des évolutions politiques d’un pays (la guerre du Golfe est évoquée en filigrane), l’artiste présente la fausse image que des hommes et des femmes essayent de véhiculer en société et révèle ce qui les titille secrètement. Entre les deux, le fossé se révèle vertigineux.
