
L’humour est une roue de secours qui aide à faire passer les petites horreurs existentielles.
Dans TimeCrimes, on est dans le prolongement de cet enfer zombie: tous les personnages semblent réglés comme des horloges et font mine d'obéir à des événements qui les dépassent sans réfléchir. Parmi eux, un individu qui essaye de s'affranchir de cet anéantissement général.
Lire la critique de Time CrimesToute l’histoire de TimeCrimes est perçue à travers le regard anxieux de Hector (Karra Elejalde, acteur vu dans Vacas de Julio Medem, Action Mutante, de Alex de la Iglesia, et La secte sans nom, de Jaume Balaguero) qui décide d’enquêter et donc de vérifier par lui-même s’il y a bien eu un meurtre. Sans s’en rendre compte, il va plonger dans un cauchemar éveillé sans fin que l’on va reluquer dans le même état somnambulique que lui. Sans en dire trop, l’intrigue repose sur les bonnes et mauvaises surprises générées par les paradoxes temporels. Voulant un film à la fois cérébral et ludique, Vigalondo maintient le doute pendant une bonne heure en créant une atmosphère ouatée et silencieuse où le pauvre Hector va de Charybde et Scylla. Avant qu’un premier retournement de situation surgisse et vienne considérablement court-circuiter les fondements scénaristiques. Ensuite, changement de point de vue oblige, le cinéaste opte pour un ton moins mystérieux et plus désinvolte, privilégiant une atmosphère ouvertement grotesque. La morale qui en résulte? Si Hector ne s’était pas mêlé de cette affaire, il n’aurait certainement pas eu à subir tout ça. Avec sa gradation tacite du réel au fantastique et ses personnages enfermés dans un cercle infini de désespoir, Timecrimes peut être perçu comme une réflexion sur la cause et l’effet, le pourquoi et le comment, la science et l’homme.

En mélangeant le fantastique, la science-fiction, la parodie, le giallo, la comédie et le slasher, Nacho Vilagondo a démontré avec Time crimes, son premier film, présenté dans divers festivals ...