
Les "autres" du titre signifient les immigrés turcs et nord-africains. Ensuite, à travers cette histoire de mariage entre une femme de soixante ans et d’un travailleur marocain qui pourrait être son fils, le cinéaste ausculte entre baroque et réalisme, surréalisme anxieux et raideur théorique, l’Allemagne des années 70 entre démons du passé et préjugés d’aujourd’hui. Enfin, il propose un portrait d’un corps étranger dans un milieu social tellement hypocrite qu’il en devient étouffant puis mortel. Un portrait de marginal, effrayé par la domestication de son identité, qui découvre que l’intégration empêche d’être soi-même et, ainsi, n’éprouve plus l’envie de ressembler à ceux qui le "tolèrent" et l’exploitent. Le résultat qui relève à la fois de l’histoire d’amour tragique que du pamphlet social est plus complexe que prévu.

Tous les autres s'appellent Ali est souvent considéré ? à juste titre ? comme un plaidoyer contre toutes les formes de discrimination. Mais rien n'est aussi simple. Déjà, les "autres" du titre ...